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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 22:01

LE PREMIER MAI

Comme ils sont loin mes 20 ans.

Le 1et Mai
Aujourd’hui 1er mai,
J’ai encore vieilli d’une année.
On n’a pas idée de naitre un premier mai,
Fête du travail, journée chômée et payée.
Les naissances de ce jour n’ont pas été payées de retour puisque leur avènement a été chaotique.
Alors que le monde entier était au repos et profitait de cette journée de farniente, c’est ce moment-là, aux aurores, que choisit ma Génitrice pour déroger à la règle et entamer son travail... procréatif.
En ces temps de disette, les seuls hôpitaux (régionaux) qui se comptaient sur les doigts d’une seule main et auxquels nous n’avions que rarement accès, n’assuraient qu’un service minimum…du minimum pour une communauté du ‘’deuxième collège’’.
Moi-même je ne voulais pas de ce jour de fainéantise (ragda wetmangey) pour débuter mon existence à l’entame d’un mois de mai.
Sa phonétique qui s’apparente à un moment suspendu dans son cours, à une phrase tronquée ou à une interrogation, MAIS…???.
On peut l’assimiler aussi à un possessif de frustrations : MES allusions, Mes espoir, MES confusions.
Une réforme s’impose, réformons ces M… et assaisonnons les dans un bon Met.
Que vaudra ma copie face à l'expectative orthographique de tous ces synonymes?
MAIS que seront, MES METS pour le 1er MAI…
Combien, mon Dieu, c’est compliqué!
J’avais déjà dans le cartilage qui allait devenir mon petit cerveau, des velléités pour le 21 juin.
Juin étant l’ouverture de la (belle) saison estivale, il ne prête pas à complication dans sa rédaction hormis pour les accro de joints.
Et comme on ne choisit pas son destin, par ‘’taghenente’’, je me suis mis de la partie pour accélérer l’événement à ma manière.
Comme l’art du vindicatif, du désordre ‘’khalouta ‘’ est précoce et inné chez nous, exciter les prémices de l’accouchement aux aurores, c’était mon œuvre.
La famille surprise par cette subite accélération du travail de ma mère, était prise de court.
Aussi, on pallia à l’urgence en sollicitant, tradition et esprit grégaire obligent, les dons obstétriques approximatifs de la doyenne de la famille (il faut dire aussi qu’il n’y avait pas d’autres alternatives).
Dans un coin de la pièce, grossièrement crépie de torchis local, qui pour la circonstance faisait usage de bloc opératoire, à partir d’un crochet faisant corps avec la grande poutre latérale du plafond, on y a déjà fait descendre une grosse corde en chanvre -pas la corde du pendu mais celle de la délivrance-.
Le 1et Mai
C’est cet artifice, auquel s’agrippaient fermement des deux mains les parturientes, qui catalyse les efforts pour extruder le petit corps lové en leur sein pendant les neuf mois de gestation.
Une fois hors de ce logis douillet qu’était le ventre maternel, je me retrouvais né(z) à nez avec l’accoucheuse du jour, dont la myopie n’allait pas plus loin que l’horizon de mon nombril.
Cet appendice a été le premier organe de mon corps à avoir à subir un acte chirurgical exécuté magistralement par ces mains ridées, qu’en âge de raison, j’ai reconnues comme expertes.
La perfection de ce petit ‘’bouton’’ ventral en est la certification.
Suspendu par les pieds par une de ses mains tandis que l’autre donnait une tape bien placée, il s’en est suivi l’inévitable vagissement donnant naissance à la vie.
Ce fut le signal auquel était suspendue toute l’attention pour donner libre court aux Zgharit et au baroud d’honneur.
Ce fut ce signal auquel était suspendue toute l’attention, que se libérèrent les Aslilou des femmes.
Ces premières manifestations de joie ont redoublé d’intensité à chacune des salves de baroud auxquelles ouvre droit le statut de garçon.
La liesse pendant plusieurs nuitées, dans le rythme, d’avendhir, d’Achouik, d’Idhabalene, d’aslilou et de la poudre était de coutume.
C’était comme ça qu’on naissait et qu’on festoyait dans le temps.
Pas dans les choux, mais dans un coin de la maison que l’on partageait avec le ‘’kanoune’’ et le ‘’douh’’ fait main à base de lanières et de rameaux d’olivier, suspendu à ce même crochet une fois débarrassé de sa corde.
Même un 1er mai est finalement bon à prendre puisque, le monde actif célèbre avec vous cet anniversaire.
Mais, comme les ans sont durs à porter.
Lorsqu'il fut un temps!
Le 1et Mai
Le temps de la sagesse.
Le 1et Mai
Comme j’ai épuisé tout mon vocabulaire dans la rédaction de ce -préambule-, il ne me reste qu’à demander à ceux qui n’ont pas eu le weekend prolongé de ne pas trop en vouloir au mois de mai de cette année.
A tous ceux qui ont ouvert les yeux pour la première fois en ce jour de mai, bienvenue au club du 1er mai.
NB/ certaines situations remontant à une époque ancienne sont décrites suivant des faits rapportés.

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Published by Athsaidha
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