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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 08:48

2éme partie 

Dans les confédérations arabes une partie des Dreïd avaient suivit le mouvemente imprimé par Abou Beker et, dans une des courses de ce prince elles attaquèrent le camp d'Abou Fares, fils du sultan Abd ei-Aziz, qui était· établi à Guedjan (2) du côté de Sétif. Ce prince les combattit vigoureusement, les repoussa et mis en déroute avec de grandes pertes les beni Aïad, les Mcaïd et ceux qui. étaient de leur côté côté,
Mohamed ben Ali ben Yakoub fut tué clans ce combat. Après sa victoire Abou Farès se dirigea vers Constantine afin d'y rejoindre son père .Abd- el:-Aziz lui donna le gouvernement de celle ville mon père m'a raconté ce qui suit:
Il Pendant que nous étions à. Constantine arriva la nouvelle du débarquement des infidèles à Bougie.
Abd-el-Aziz, se dressant subitement sur son siège appela son fils Abou Farès et lui donna ordre de se porter avec ses troupes au secours de sa. Capitale et d'empêcher les ennemis d'y pénétrer. Mais ceux-ci l'avaient devancé déjà. Leur armée avait effectué sa descente dans l'ancien port au dessus duquel se trouve le tombeau du cheikh Aïça el Sebouki.
Ce quartier était entièrement habité par des maures andalous qui 's'étaient réfugiés à Bougie après la conquête de leur pays par les chrétiens, Le sultan· Abd~el~Aziz leur avait désigné cet endroit pour s'y établir parce qu'il n'y avait pas eu possibilité de· leur faire place dans l'intérieur de la ville. Quelques-uns de ces réfugiés avaient également fixé· leur demeure dans· les jardins situés du côté de l'Oued-el-Kebir (Soumam)

" Dès que les chrétiens: eurent pris possession de la· terre, ils envoyèrent proposer aux habitants de Bougie, au Ministre chargé des affaires du sultan et enfin au fils du sultan qui était resté dans la place, de faire leur; soumission sans résistance et d'ouvrir leurs portes. Cette proposition fut repoussée et on prit des dispositions pour se défendre. Les chrétiens voyant qu'ils échouaient dans celle voie pacifique dressèrent immédiatement depuis le quartier de Sidi Aiça, en suivant la crête du terrain, une palissade en bois semblable à une muraille (1). Ils s'établirent aussi sur la montagne et de là ils lançaient des boulels.sur tous ceux. qui tentaient de franchir les portes de la ville cette situation dura pendant dix jours.
Abou Mohamed ben Abd-el-Hak dit à ce sujet dans son livre

: L'ennemi se fortifia dans ses retranchement de diar' Sidi Aïça, pendant vingt-un jours recevant l'eau et les vivres qui lui étaient nécessaires des vaisseaux venant d'Oran. C'est de là qu'ils tiraient journellement leurs renforts en hommes et leurs· approvisionnements en vivres et· en munitions. Pendant toute celle période, la lutte était acharnée entre les combattants. Une nuit entr'autres, une troupe de gens de la ville éprouva un grand désastre. Les guerriers les plus courageux, au nombre de cinq cent vingt, organisèrent une attaque.
Les uns s'embarquèrent sur les barques de la ville pour attaquer par mer, tandis que leurs compagnons devaient tourner les positions en passant: par le sommet de la montagne. Ces derniers sortirent· par les, portes Amsiouèn et Sàdat (2). J'étais au nombre de ceux, qui attaquèrent par la mer; mais pendant , cette nuit un nombre considérable de musulmans succomba:
Ceux venus par la mer éprouvèrent peu de pertes, parce que après avoir effectué quelques, captures ils parvinrent à s'éloigner rapidement à force de rames et se mettre à l'abri.

Le lendemain, une grande panique éclata dans la ville par suite des lamentations et des cris de désespoir que poussaient les familles de ceux qui avaient succombé dans l'attaque dirigée du côté de la montagne.
Ce jour là, arriva à Bougie l'émir Abou Farès, fils du sultan Abd-el-Aziz, amenant avec lui, des guerriers accourus de toute la contrée, tels que les Arabes, les Sedouïkiche, les habitants de la montagne des Ketama, des kabiles des environs, ceux des Zouaoua; il arriva en même temps des Beni Abd-el-Oued et les Toudjin.
Les deux fils du sultan, Abou Farès et Abou Abd-Allah, allèrent au milieu de tous ces combattants pour la guerre sainte. Ils se firent accompagner par quatre des principaux eulema de la ville qui étaient ;
Abou Ahmed ben ,Smaïl ben Ali Kenani, l'ancien chambellan de l'enemi Brahim mort sous l'émir el Abbas; Abou Aïça ben Brahim el Hentati, chargé des affaires du sultan; Abou Yousef ben el-Haoussin ben Ali de la postérité de Sid-en-Nas; et Abou Ali ben Mohammed, le prédicateur.Ils se rendirent ensemble au milieu des guerriers musulmans, dont le nombre était tellement considérable, qu'il est impossible de le fixer. Ils étaient tous campés dans les jardins (1). Les marabouts, les gens de loi et les ascètes de la ville allaient prêchant la guerre sainte pour enflammer les courages.
L'attaque contre les infidèles ne se fit pas attendre. Les musulmans, se séparèrent en deux corps; les uns gravirent la montagne et les autres montèrent dans les barques. Les fils du sultan sortant par bab Sadat et bab Amsiouèn se mirent à la tête du gros de leur troupe. L'attaque eut lieu en même temps par terre et par la mer les guerriers 'musulmans s'appelaient 'les uns les autres de tous, côtés- et: ils avancèrent ainsi jusqu'à ]a crête qui sépare le quartier Sidi-Aiça de la ville. ,Mais à ce mouvements les :chrétiens sortant brusquement de leur palissades tous à la fois refoulèrent les assaillants jusqu'aux murailles de la ville et en massacrèrent un grand nombre.

 

Dans plusieurs attaques successives, ils essayèrent même de s'emparer des portes, C'est là que, poussé par la foule des fuyards les musulmans tombèrent étouffés. Parmi les martyrs de la foi, on complait des hommes religieux des eulema-,des marabouts et des maures andalous réfugiés à Bougie:
Abou Mohamed ben Otman el Tlili, prédicateur de la grande mosquée raconte que dans la journée du 25 de Moharrem le nombre des victimes s'éleva à quatre mille cinq cent cinquante gisant dans l'espace compris entre les deux portes de la ville

Mon père, ajoute t-il, dans son livre, était parmi les morts, près des portes; je retrouvai son cadavre percé de trois blessures. Les deux princes succombèrent également.
Là nouvelle de ce désastre parvint au sultan Abd'el-Aziz avec le récit de tout ce qui s'était passé depuis le jour du débarquement des chrétiens. On lui rendit compte que l'ennemi avait proposé l'Aman aux habitants de la ville s'ils voulaient consentir à se soumettre, mais que les Andalous réfugiés avaient dit :
Nous connaissons par expérience le peu de confiance qu'il faut avoir dans les promesses des infidèles; ils sont traites et perfides à leurs serments
C'est ce qui avait déterminé les habitants de Boùgieà- repousser les offres de paix et résister.

La mort de ses deux fils affligea profondément le sultan Abd-el-Àziz mais il trouva la consolation de sa douleur, en songeant que Dieu leur accorderait. sa miséricorde en récompense de leur zèle pour la foi
Le sultan se hâta d'envoyer à Bougie les troupes qui restaient auprès de lui, ainsi que les arabes et les kabyles de la contrée

Cependant depuis qu'Abd-el-Aziz était maître de Constantine,l'émir Abou Beker s'était retiré dans le Belezma (prés de Batna). Dès 'que ,celui-ci ,apprit le débarquement des chrétiens à Bougie il se rendit dans cette ville avec les guerriers dont disposait. Pendant huit jours; il combattit comme un lion en furie, empêchant les habitants de s'enfuir afin de les forcer à la résistance.
Enfin cela dura jusqu'au· cinquième jour du mois de Safar de l'an 915 (25 mai 1509).

La mésintelligence régnait entre les troupes du sultan et celles amenées par Abou Beker; les chrétiens en profitèrent, pour pénétrer dans les rues de la ville.
Le lendemain, ils firent une attaque générale par terre et par mer. ·L'émir Abou Beker, ·qui, s'était retiré auprès du château de l'étoile (2), fut sur le point de tomber entre les mains de l'ennemi et beaucoup de ses soldats succombèrent en martyrs autour de lui. L'émir parvint cependant à sortir de la ville, mais une troupe de musulmans enveloppée dans les rues fut massacrée.
Les habitants de Bougie avaient abandonné leurs maisons au point du jour, dès qu'ils s'étaient aperçus que les chrétiens s'étaient rendus maîtres du haut de la montagne. Voyant qu'il n'y avait plus pour eux aucun espoir de salut, ils avaient compris qu'il ne leur restait qu'à se sauver avec leurs femmes et leurs enfants,

Parmi ceux qui se sauvèrent ainsi était le cheikh Nacer el Merinl, chef des ministres du Sultan, qui emmena avec lui la famille d'Abd-el-Aziz et la conduisit en sûreté dans la montagne des beni Abd-el-Djebbar .
Puis se sauvèrent également, Si el Moufok, Si Salah et Si el Hamlaoui, enfants de l'émir Brahim mis à mort par son cousin le sultan Abd el-Aziz. Ces trois personnages, enfermés dans les prisons de la ville, avaient profité de la présence de l'émir Ahou Beker pour réclamer leur mise en liberté. Ils sortirent en effet et combattirent à côté de leur protecteur jusqu'au dernier moment de résistance.
Une partie de la population de Bougie se réfugia dans les montagnes du côté de Didjeli.

Celle montagne prit depuis le nom de Djebel beni Mïad {1). On dit que lorsque les bougiotes s'éloignèrent de leur' ville, ils marchaient tous groupés en masse; les Arabes les appelèrent alors el M'iad (réunion d'hommes) et ce nom est resté à la montagne dans laquelle ils se réfugièrent.
D'autre allèrent chez les Zouaoua, entre autres tous ceux.qui avaient exercé un emploi dans la maison de la monnaie. Ils avaient à redouter la haine d'Abou Bekerl parceque ils avaient jadis déclaré contre lui en refusant de frapper la monnaie en son nom.D autres enfin se retirèrent chez les Oulad Yala el Aujissi, à l'est du djebel Fergan.
Les OuladYala s'étaient autrefois établis sur ce point après avoir quitté leur patrie qui était la Kala des beni Hammad.

(asuivre)
L.CharlesFERAUD,
Interprète de l'armée

Mis en ligne par:

Omar Bouazza

omarbouazza2@yahoo.fr

 

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