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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 11:14

 

 

La désillusion:

Photo1447La kalâa des Beni Abbes, j’ai commencé à la connaitre a travers les récits et les écrits qui lui ont été consacrés notamment les articles de presse dédiés annuellement (le 05 mai) à l’occasion des commémorations de l’insurrection de 1871.

Mais très jeune déjà, je remodelais en moi-même la légende épique de l’épopée de Hadj Mohamed el Mokrani que nous narraient nos ainés.

Ces narrations berçant mon enfance, Je me transposais carrément dans l’époque et forgeais virtuellement une image animée des acteurs du moment.

 Je donnais vie dans mon imaginaire à la citadelle avec ses murailles et ses meurtrières, ses chevaux harnachés, les soldats avec leurs épées et leurs longs fusils (mousquets), la fonderie ou se moulaient les pièces d’artillerie et se façonnaient les affuts des canons.

Au fil de l’âge, je réactualisais en fonction des informations que je puisais des différentes lectures sur la vie de cette citadelle.

Je gardais toujours en moi ce désir de me rendre sur les lieux pour constater de visu et juxtaposer l’imaginaire avec la réalité.

Ce moment est venu le 22/05/2014 sur insistance d’un groupe d’amis qui partageaient le même souhait que moi.

D’Alger nous nous rendîmes la veille et passâmes la nuit au village d’Ath Saidha.

Le lendemain matin nous partîmes dans deux voitures.

Nous marquâmes une halte à Ighil Ali et sous la statue imposante de Jean el Mouhoub Amrouche, chacun d’entre nous partit dans l’évocation des souvenirs du passé.

Après les cafés de la matinée, nous reprîmes la route sinueuse qui grimpait à mesure que nous avancions.

Vu de la route, le village d’Azrou ressemblait à une miniature juchée je ne sais par quelle magie en équilibre sur un ‘’pain de sucre’’.

Quant à Moka et les deux villages d’Ath Said et d’Ath Ahmed qui la composaient, il nous semblait que la route l’effleurait tout en la caressant de son aile invisible.

C’est à partir d’ici que la vue panoramique sur la vallée de la Soummam s’est estompée et s’offre à nous un autre relief montagneux qui se magnifiait à nos yeux de citadins habitués aux imposantes géométries sans âme des cités urbaines.

 Plus loin nous quittâmes l’axe Médjana/BBA pour  emprunter une petite route de montagne qui nous mena jusqu’à la rentrée de la Kalâa qui culmine à plus de 1000 m d’altitude.

De ce promontoire nous avions une vue d’ensemble sur le site.

D’emblée, s’effritèrent mes illusions.

Hormis l’imposante mosquée en cours de rénovation (opération de lifting serait le terme le plus appropriée) qui occupe une partie de la place, et un pan de mur encore debout, seuls témoin d’une époque glorieuse, Il y avait photo avec les villages de montagne Kabyles.

            N'étaient les écrits que j’ai eu à compulser et dont la fiabilité ne saurait être remise en cause, à priori, j’aurais été tenté de déduire -eu égard à l’état des lieux- que cette cité au passé pourtant prestigieux, reposerait sur une légende.

Si la kalâa que nous visitons aujourd’hui est là en tant qu’espace, alors l’essentielle qui a fait sa renommé s’est malheureusement estompé par l’usure du temps et surtout par cette indifférence et ce détachement pour tout ce qui relève de notre passé.

L’engouement est frappant lorsque l’on veut habiller le présent de faits historiques qui encensent des lieux et/ou des acteurs d’une époque toute récente.

Et pourtant, jugez-en par les écrits que nous résumons ci-dessous et qui édifieront le lecteur sur un pan de notre histoire aujourd’hui enfouie dans les tréfonds des cachots de l’ignorance et de la bêtise humaine.

Il me revient un adage qui dit :

‘’Un fossoyeur est fait pour creuser des  tombes parce que c’est ce qu’il sait faire le mieux’’.

Les écrits de certains auteurs que nous avions cités précédemment dans ce même blog, et que nous reproduisons dans une synthèse en bas de page, résument la situation passée et présente de la citadelle :

 Epilogue :

Point de vestiges de ces lieux prestigieux qui ont nourri mon imagination.

Encore moins de musée, de restauration et de mausolées.

La réalité, en l’espace d’une visite, reprend sa place et me plonge aujourd’hui dans la frustration.

A titre comparatif, il me vient à l’esprit, la petite ville de Belgique du nom d’Ypres (Ieper), -que j’ai eu la chance de visiter- prise en sandwich entre deux fronts, a été le siège de batailles sanglantes ayant fait plus de 300 000 morts parmi les alliés de la guerre 1914/1918

.Elle eu à subir pendant 4 ans des bombardements qui l’ont totalement rasée.

Elle compte aujourd’hui plus de 170 cimetières militaires.

Après l’armistice, ce village par la volonté des hommes renait de ces cendres.

Ce qui est frappant, c’est cette mobilisation et cette abnégation pour maintenir vivante la mémoire de cette ville.

A ce titre, tous les soirs à 20h précises et cela depuis 1918, oui je dis bien 1918 (96 ans), qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente, sous la porte de Menin se déroule au son du clairon, le "Last Post", la cérémonie d'hommage aux victimes de guerres et à cette ville qui témoigne encore et toujours des conséquences des conflits armés.   

 Quant à nous… sans commentaires.

Le vestige esseulé dans sa noblesse, majestueux dans son maintien et authentique dans son architecture;

c’est ce pan de mur (voir photos) qui demeure comme l’auréole d’une cité ayant marqué son époque.

 

Photo1446Photo1449
Comme bien même, d’autorité, l’on fasse peser une chape de plomb sur la vérité historique, la postérité s’attribue toujours le pouvoir du jugement…dernier.

Nul n’est éternel, nous sommes tous des mortels.

PS/ Du point de vue de la préservation du patrimoine historique et culturel, la satisfaction est quand même venue de l’association qui a immortalisé pour la postérité la mémoire de Jean El Mouhoub Amrouche dans son village d’Ighil Ali.

 

 

 

Omar BOUAZZA

omarbouazza2@yahoo.fr 

 

 

 

Résumés:

<<‘’Le site de Kalâa était un fort hammadide lié à la Kalâa des Béni Hammad qui abrite un contingent militaire pour assurer le contrôle du passage stratégique des « portes de fer » (Bibans) ainsi que la vallée de la Soummam et une étape du triq sultan, le site comportait :

  • le fort militaire hammadide : il n’en reste actuellement que des vestiges sur les lieux appelés Akhriv Ouziri (ruines de Ziri) ;
  • la place d’armes hammadide : lieu de présentation des troupes situé devant la Grande Mosquée, appelé actuellement Loudha Laâli ;
  • la fonderie de Kalâa (1566-1871) : des français explorateurs et des officiers de l’armée française ont signalé l’existence de pièces d’artillerie de gros calibre trouvées à Kalâa entre 1848 et 1865. Charles Féraud (officier traducteur) a signalé dans la Revue Africaine, l’essor qu’ont connu ces canons appelés par les spécialistes « Tours de force » vu leur volume et leur poids.’’

‘’Les fils du sultan Abdelaziz ont choisi le site de la Kalâa au XVIe siècle pour sa difficulté d’accès et sa position défensive afin d'édifier leur capitale;

la Kalâa comportait pendant cette période :

  • le palais royal (aucune trace n’en reste) ;
  • le quartier entourant le palais royal dont il reste des vestiges à ce jour. Un explorateur français[a réalisé une esquisse d’une maison de Kalâa composée d’une cour intérieure et un rez-de-chaussée et d’un étage, avant que Kalâa ne soit saccagée par le général d’Armand en août 1871. Certaines parties du quartier ont été totalement reconstruites ; toutefois, le cachet architectural originel demeure en plusieurs endroits, des portails portent encore des gravures réalisées par les sculpteurs juifs et mauresques de l’Andalousie ;
  • les remparts : jusqu’à ce jour on peut observer les vestiges de fortes murailles dans certaine zones notamment à Thagurth Ou Aji (porte de Aji, à l’entrée de Kalâa) et à Thagurth El Bordj (la porte de la citadelle, entrée nord-est) appelé S’Sour Ouroumi ;
  • les sites historiques : mosquées, mausolées et garnisons militaires, Kalâa compte au total 14 mosquées et mausolées.’’

‘’En 1553, la kalaa connait la première expédition ottomane, le mur d’enceinte de la kalaa est édifié suite à cette expédition.

 

‘’Pour sa part, le professeur Djamil Aïssani, commissaire de l’exposition, président de «Gehimad» et enseignant à l’Université de Bejaïa déplore le fait que la mémoire de ce royaume ne se soit pas perpétuée même au niveau local. « On n’a pas donné l’importance qu’il fallait à cette dynastie. Ce qu’on avait mis en avant, c’est cheikh El Mokrani, c’est-à-dire qu’on a limité 500 ans d’histoire à quelques dizaines d’années, il fallait faire ce travail qui est le fruit de 15 ans de recherches » relève-t-il’’.

‘’Pour le sociologue et anthropologue Youssef Nacib, Ath Abbas a été « un royaume comme

pouvait l’être un royaume au XVIe siècle, c’est-à-dire que c’était un ensemble de villages qui ne représenteraient pas aujourd’hui un Etat bien entendu ». Et d’ajouter : « Mais ce qui est important, c’est de savoir se réapproprier objectivement son passé, qu’on le veuille ou pas un royaume comme celui des Beni-Abbas fait éminemment partie de notre histoire et de notre passé. Aujourd’hui évidemment, les données ne sont plus les mêmes, on peut sourire à l’idée que c’était un royaume alors qu’aujourd’hui il ne représenterait même pas une wilaya dans ce grand ensemble qu’est la nation algérienne, mais connaître son histoire, a-t-il ajouté c’est s’approprier un élément identitaire oublié, c’est s’approprier un élément sous-tendant une psychologie sociale d’importance.» « C’est intéressant a-t-il ajouté aussi de savoir que les siècles précédents ont connu une vie que nous avons eu à l’époque des gens qui étaient organisés, étudiaient, produisaient. Cela montre simplement une évidence, c’est que l’histoire relève du continu, c’est-à-dire que l’Algérie n’existe pas depuis1962, elle existait bien avant avec des données historiques, économiques différentes.» Et de conclure : « Mais cela appartient quand même à notre histoire. » Le professeur Slimane Hachi, directeur du CNRPAH abonde dans le même sens : « Nous essayons, avec le ministère de la Culture, de faire connaître, de faire des recherches, de publier, d’éditer et d’intervenir dans la scène culturelle de la nation ». Il impute l’effacement de cet événement historique à « la question de la diffusion de la science, des connaissances et de l’histoire » au sein de la société. Selon lui il ne s’agit pas d’une « exhumation » mais d’une « mise au présent ». « Nous sommes un centre de recherches préhistoriques anthropologiques et historiques dont la mission est de diffuser l’histoire, diffuser tout ce qui a été grand dans ce pays » a-t-il dit. Et de relever : « La Kalaâ n’ath Abbas est un de ces moments, un de ces lieux forts qui représentent notre histoire. On fête le 500e anniversaire de la fondation de ce royaume indépendant au cœur des Bibans, qui s’est étendu jusqu’à Bougie, donc nous avons une histoire longue de plusieurs décennies ». Et de conclure qu’ « Il est important que les Algériens connaissent les hauts faits de leur passé ».

Par : LARBI GRAÏNE

Selon Mourad Nacer http://www.elwatan.com/dist/puce.gif, directeur de la culture de la wilaya de Béjaïa, la Qalaâ n’Ath Abbès aura bientôt son musée. Il regroupera un ensemble d’objets et de documents historiques liés à la culture et l’histoire du royaume, qui a défié les Espagnols et les Ottomans et assuré une permanence maghrébine aux XVe et XVIe siècles. L’idée de l’érection d’un mausolée en l’honneur de Mohamed El Mokrani et de son frère Boumezrag a également été retenue par les autorités de la wilaya. Comme pour Cheikh Aheddad et ses deux fils Aziz et M’hand, il est question, en effet, de transférer les ossements des deux chefs des Ath Moqrane, El hadj Mohamed, enterré dans le cimetière familial de Djamaâ El Kebir et Boumezrag, enterré au cimetière de Sidi M’hamed, à Alger, vers un mausolée digne de leur statut de figures historiques nationales. Par ailleurs, nous avons également appris qu’une opération de restauration de la Qalaâ n’Ath Abbès a été inscrite pour l’année 2010, sur proposition du wali de Béjaïa avec l’appui du ministère de la Culture. Cette opération concerne le mausolée du sultan Ahmed Ben Abderrahmane, dit mosquée Ousahnoun, la grande mosquée dite Djamaâ El Kebir, le mausolée de Cheikh El Mokrani, sa maison, la medersa des oulémas musulmans construite en 1934 ainsi que la poudrière souterraine de Mokrani.

Par Djamel Alilat

C’est la dernière révolution, celle de 1954, qui a porté un coup fatal à Kalaâ. Haut lieu de la résistance, le village a été bombardé lors de l’opération dite “Pierres précieuses” — appréciez l’ironie— et décrété zone interdite par les autorités coloniales. D’Ighil Ali, une quinzaine de kilomètres à vol d’oiseau, on envoyait des obus de mortier à la moindre lueur de bougie et au moindre mouvement suspect repérés à Kalaâ.

  Nous poursuivons notre pèlerinage pour aboutir à Tajmaâth Nettzayart où quelques enfants jouent avec de la neige. Ils sont venus avec leurs parents pour le week-end et parlent en arabe. Ici, l’histoire vous interpelle à chaque coin de rue. “Là, nous dit Abdelmalek, C’est la maison du caïd Izem. Il y avait le téléphone du temps où cela n’existait peut-être même pas à Alger”. “Nous pénétrons dans une autre maison abandonnée, mais qui a dû être prestigieuse au vu de ce qui en reste. Akham El-Valar était la demeure d’un caïd qui a pris la fuite. Le colonel Amirouche en a fait son PC. Le PC proprement dit est dans une pièce qui donne sur un ravin vertigineux. En cas d’alerte, on pouvait s’y échapper facilement. De là, nous nous rendons à Chaffa. Un promontoire rocheux situé à l’extrémité du village et qui domine toute la vallée au-dessous de Kalaâ. à nos pieds, des falaises abruptes de près 500 mètres où la vue vous coupe littéralement le souffle. Elle embrasse tout le versant sud du Djurdjura, une grande partie de la vallée de la Soummam, le massif des Bibans jusqu’à Kherrata et vers l’ouest jusqu’à l’entrée de Bouira. Assurément, l’altitude de Kalaâ, qui est de1100 mètres, permet une vue à laquelle seuls les aigles sont familiers”.

“Vous voyez cette petite maison en bas, nous dit Abdelmalek, c’était la synagogue juive. On l’appelle encore, aujourd’hui, El-djamaâ Touzzaguine”. >>

 

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Published by Omar Bouazza Athsaidha
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