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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 15:16

Maison Hamoudi & Hadj Akli-copie-1     

 

 

 

  Les crètes de la montagne tenues par les Moudjahidine et takharoubth n'Sidhi Ali en carré blanc en haut et à droite

DSCN2126

  Une partie du village vue de la créte de la montagne (Azrou)

 

 

 

Les Chouhada (Martyres) du Village 

Jusque à la fin des années 50, le village abritait la quasi-totalité de ses enfants hormis quelques personnes qui travaillaient en extra à l'extérieur notamment à Alger et une poignée d'émigrés qui vivaient en France.

A cette époque, seuls les hommes quittaient le village pour chercher pitance ailleurs que dans l'aridité de leurs champs exclusivement oléicoles et qui ne donnaient annuellement  qu'une seule récolte d'huile d'olives.

La communauté vivait en parfaite convivialité et constituait, compte tenu des contingences de l'époque,  un bloc totalement soudé,solidaire et homogène.

A l'avènement de la révolution de 1954; les villageois -femmes et hommes- se sont mobilisés autour des Moudjahiddine, qui par la logiste et la restauration , qui par la collecte de numéraires et de matériel, qui par la surveillance et la sécurité des Moudjahine  en repos dans le village etc…

L’organisation paramilitaire du village était tellement parfaite et étanche que le site demeura longtemps un havre de détente et de repos pour les Moudjahiddine usés par des mois de privation et de crapahutage dans les maquis.

Cependant, les pressions exercées par l’administration militaire française sur toute la région ayant abrité le congrès de la Soummam (20 aout 1956) et pourvoyeuse en moyens humains et matériels de la willaya III commandée par le colonel Amirouche jusqu’à sa mort le 29 mars 1959 à Tameur prés de Boussâada, n’a pas été sans conséquences sur le village.

Le bilan des exactions et de la répression des militaires et de leurs services psychologiques s’est soldé par la perte de valeureux enfants du village.

  - Ali Zemiti dit Jeddi Ali Fidai  mort sous les balles d’un FM à la fleur de l’age (voir sa photo à paris en bas de page)

-  Naimi Mihoubi mort sous d’horribles tortures

-  Malek Abdoun responsable politique  mort sous de longues et horribles tortures

-  Ahmed Benadrouche dit H’mimi mort sous les balles des militaires

- Mohand Said Bouazza dit Bouhou mort sous les balles des militaires

- Boubekeur Mihoubi  âgé de 31 ans et son cousin Abdelkader Kechidi ont été assassinés par une horde de militaires assoiffés de vengeance.

-  Hamid Saadi mort en février 1957 à l’âge (par recoupement) d'une quinzaine d'années en se jetant à la rivière en crue pour fuir les combats ayant opposé 4 katibas totalisant 440  Moudjahiddine refugiés dans le village pendant une dizaines de jours et l’armée française venant d’Ighil Ali, Boudjellil, Guendouze, Tazmalt et Akbou convergeant pour encercler les combattants de l’ALN.

De durs combats se sont déroulés ce jour là.

Depuis la fin de matinée et durant toute l’après midi, le village a été pris en sandwich entre deux feux nourris.

Aux Chouhadda du village sont venus s’ajouter les deux  moudjahiddine anonymes tombés ce jour là au champ d’honneur prés du mausolée dénommé Takharouth n’Sidi Ali et enterrés ici même.

Il y eut très certainement de lourdes pertes du côté français puisque la répression des soldats à été féroce (maisons et champs brulés, hommes et femmes malmenés, bastonnés à la crosse de fusils puis emprisonnés, réserves alimentaires détruites…).

    Il s'en est suivi un exode drastique de la population plus particulièrement après l'opération ''jumelles'' (juillet à décembre 1959).

Les stigmates de ces dures années de guerre encore perceptibles aujourd’hui ont eu un effet induit sur le village dans sa globalité puisque 50 années après la libération du pays, la population du village ne s’est reconstituée qu’à hauteur 15%  et, son séculaire patrimoine immobilier, constitué de bâtis exclusivement en pierre de taille et de matériaux locaux, se trouve malheureusement en grande partie délabré et abandonné.

Le village ancestral joyau architectural témoignant du génie de nos aïeux, se désagrégeant de plus en plus, tend inexorablement à disparaitre totalement.

ADDENDUM

Hamid Saadi est le fils de Hammou et de D. Dimane (d’Ighil Ali) Rabi Yarhamhoum wi ywesa3 3aleihoum.
Son âge et les circonstances de sa mort ne sont qu’approximatives tant il y a des contradictions dans ce que me rapportent les personnes qui ont vécu pleinement ces événements.
Même la date de cet accrochage n’est pas établie avec exactitude, on parle de 1957 sans précisions du mois et quelque fois même imprécis sur l’année.
Par contre ce qui est sûr c’est qu’il était très jeune aux environs de 14 ans avec plus ou moins 1 ans suivant une déduction personnelle (il faut avoir plus de 11 ans pour aller aussi loin dans sa course).
Les circonstances de sa mort (rapportées):
Sous le feu nourri des combats et le repli des Moudjahidines s’en est suivi un affolement général.
Les hommes valides et les fidayines quittaient précipitamment le village pour fuir les représailles.
Le jeune Hamid Allah Yarahmou, désorienté par toute cette cohue, s’est accroché aux pas d’un cousin en l’occurrence Bouazza Mouloud (+20ans), pour fuir à travers les vallons.
Leur course les mena jusqu’à la rive droite de l’oued Soummam en crue.
Tentant de traverser vers Tazmalt à la hâte, et pressés par les événements pour chercher un gué, il se jeta a l’eau et là vaincu par la force des eaux, il disparut dans le tourbillon de la crue .
Son corps n’a été repêché que 2 ou 3 jours plus tard.
A propos des dates, elles pourraient être fixées avec exactitude, à partir de l’inscription de son décès à l’état civil.
Voilà à peu près ce que j’ai égrené comme informations sur cet événement qui aurait dû faire date dans les esprits et par conséquent comptabilisé aux actifs du village.
Malheureusement !!!

Omar Bouazza

omarbouazza2@yahoo.fr

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Published by Omar Bouazza Athsaidha
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commentaires

Mourad dahmani 29/12/2015 11:37

I'm very impressed how my village is one the honor village who contributed for the war of Algeria .

dahmane dahmani 29/12/2015 05:55

Hamid (allh yahamou) est mon oncle. Il est le frere de ma mere Saadi Louiza (all yahma ha) fille de Saadi Hamou et de Drifa Dimane. Ma feu mere m'a raconte l histoire horrible de la disparition de son frere Hamid emporte par les crues de ''oued Soummam. Apparament, la mere a Hamid ( Ma grande mere Driffa) a tant pleure la disparition de son fils Hamid cha jour pendand des mois et des mois jusqu'a la perte de sa vue. Je me r'appelle de ma grande mere Driffa , aveugle lorsequ'elle me preniat tout jeune dans ses bras. Ath N yarham rabbi.
J'espere tres bientot avoir plsu d'information sur ce sujet en discutant avec Khali Omar (le frere de Hamid ) pour en apprendre plus .
Dahmane Dahmani de Californie

hacen 26/06/2014 16:34

ath saida etait le cratere de la culture au sens large et noble du terme.

khald 16/07/2012 22:33

BRAVO HADJ C4EST UN DEBUT MAIS CA VIENDRA

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