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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 14:04

  Monsieur Zemiti Ahcéne, que nous remercions beaucoup et saluons au passage, a eu l’amabilité deEcole d'Ouled Saida 1949 rappeler aux souvenirs de toutes les personnes ayant fréquenté l’école du village, la photo ci-contre ayant immortalisé les élèves des classes 1949.

Pour faire parler cette relique (conservée jalousement pendant 64 ans) et la raviver dans le subconscient, mais aussi et pourquoi pas, suivre et retracer la biographie et l’itinéraire de ces potaches -il en est issu sans aucun doute des universitaires et des cadres de valeur ayant servi le pays - ;  nous invitons toute personne se reconnaissant sur cette photo ou toute autre pouvant identifier un ou plusieurs écoliers, de se manifester pour y apporter les compléments idoines.

Les bribes d’informations que j’avais glanées brièvement sur l’organisation des classes et de la dispense du savoir, malgré l’indigence de l’époque du point de vue matériel, relève d’un esprit ingénieux et mérite d’être conté autour de nous.

        ( - Exemple de deux classes d’élèves de deux niveaux différents dans la même salle et sous l’autorité d’un seul maitre.

       - L’autre exemple frappant, c’est celui des études du soir à la lumière de la lampe au pétrole ‘’quinquet’’.

On m’a rapporté aussi qu’à la vue du maitre d’école, lorsque d’aventure, il venait à arpenter les venelles du village (l’école et les logements des enseignant étant excentrés), les enfants qui y jouaient, se mettaient au garde à vous jusqu’à ce que sa silhouette ait disparue.   

Et il y en a très certainement d’autres exemples difficilement imaginables de nos jours,

  Le chapitre reste ouvert à toutes personnes de bonne volonté pouvant apporter leurs contributions.

De mon coté je mettrai un nom sur la photo à chaque identification validée. 

A suivre…

Une pensée à notre Mentor feu Henri SCONIAMIGLIO et a sa famille qui ont vécu bien des fêtes avec nous et surtout nos parents avec qui ils ont partagé le pain noir... vraiment noir eu égard aux particularités de l'époque.

Sconiamiglio 

Feu Henri Sconiamiglio
 

Une reconnaissance particulière avec une mention toute spéciale à son fils André qui a gardé, malgré les aléas du temps et de l’histoire, une attache indélébile et indéfectible avec le village où ont vécu assez longtemps ses parents aujourd’hui disparus et qu’il a lui-même connu très jeune pendant un court séjour en 1954.

Cordialement votre.

 

Omar BOUAZZA 

omarbouazza2@yahoo.fr 

 

 

Ecole d'Ouled Saida 1949

 

  Indentification:

Selon Monsieur Khaled Abdoune,

              - Au 1 er rang : 4 éme à partir de la gauche, il s'agit de son frére Abdoune Slimane décédé en 1963 à l'age de 21 ans

              - Au 1 er rang : 3 éme à partir de la gauche, il s'agit de Zemiti Ahcéne tenant l'ardoise immortalisant le lieu et l'époque.*

{C}

* Oui, parfaitement, c'est bien lui qui, malgré son très très jeune âge, a eu l'intelligence de conserver jalousement aussi longtemps ce (son) ''trophée'' symbolisant toute une époque immortalisée désormais et à jamais pour la postérité. 

Selon Monsieur Tayeb Benacer,

Les deux plus grands de taille encadrant les benjamains sont:

             - Au 3 éme rang : 1 er à partir de la gauche, il s'agit de Salah Benadrouche          

             - Au 3 er rang : 8 éme à partir de la gauche, il s'agit de Hocine Zemiti

Omar BOUAZZA 

omarbouazza2@yahoo.fr 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 09:08

Addenda

(voir les articles précédents sur l'histoire de Béjaia et du royaume des Béni Abbas) 

Voici ci dessous une contribution de Hadj Khaled Abdoune qui a bien voulu enrichir le blog par un complément d'informations tirées du livre de MOULOUD GAID :

 Histoire de Bedjaia et de sa région depuis l'antiquité jusqu'a 1954                                                                  

'' Pour avoir refusé le passage à un détachement militaire venant de Constantine, par les Beni Abbas qui étaient chargés d’encaisser le droit de passage au poste des portes de fer, Ben Kanoun fut chargé par Yahia Agha de régler le litige.

Ce dernier s’entoura de goums choisis parmi les Ouled Bellil.

Passant par Bouira, il se rendit à M’Zita, puis, à la faveur de la nuit, traversa les portes de fer et se présenta au camp des janissaires établi au hammam el Biban.

Ils levèrent le camp immédiatement et suivirent le lit de la rivière jusqu’au dégagement de M’Zita.

Les Béni Abbas ne s’étant aperçu de la manœuvre qu’au petit matin et ne pouvant les atteindre regagnèrent leur repaire.

Considérant cet acte comme un empiétement sur leur prestige, les Mokrani attaquèrent la ville de Béjaia et empêchèrent toutes communications avec elle.

Au mois d’aout 1824, Yhia Agha décidant d’intervenir lui-même, quitta la capitale à la tête de 1 000 janissaires et 8 000 spahis.

Il campa face aux Beni Abbas à Tamata, et de là, il écrivit à chaque chef de faction l’incitant à se présenter immédiatement pour faire sa soumission et payer une amende de guerre.

 Seuls les Boudjellil répondirent à ses sommations.

Il marcha donc contre les autres villages d’Ighil Ali, Tazaiart, Ouled M’hand Oumoussa, Ouled Hlassa, Ouled Talabghour, Taourirt, Tansaout, Talefsa, Ouled Saida et Ouled Guendouze qui furent successivement incendiés et livrés au pillage le 16/ 08/ 1824.''

 

Merci beaucoup.

 

Omar Bouazza 

omarbouazza2@yaho.fr

 

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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 09:19

4éme partie et fin

TAZLA ET SA REGION DANS L'HISTOIRE

Par : Djamel Alilat

 

 Lorsque nous arrivons, enfin, à la Kalaâ des Ath Abbas en ce vendredi 5 mars de l’an de grâce 2004, elle est encore partiellement sous la neige. La route qui y mène, construite il y a longtemps par le génie militaire français, vient tout juste d’être dégagée. D’ailleurs, à chaque intempérie, il faut la déblayer à cause des éboulements fréquents. C’est une route toute en lacets avec au-dessus de nos têtes la montagne et au-dessous de nos pieds un précipice vertigineux vers lequel on évite de regarder.

L’Histoire nous fait un clin d’œil dès l’entrée du village, car cette entrée est un ancien poste de garde avec une vieille guérite ou alors un mqam aux tuiles rouges et qui se trouve à l’ombre d’un gigantesque pin millénaire au tronc plus qu’imposant. Ce pin a probablement vu arriver les fondateurs de la citadelle tant il est vieux. à côté, un bout de la muraille médiévale qui ceinturait toute la forteresse est encore debout comme pour narguer le temps.

De tous les villages kabyles, on peut dire sans risque de se tromper que la Kalaâ des Ath Abbas est la plus chargée d’histoire. Cette citadelle inexpugnable, qui est déjà une forteresse naturelle en ce sens qu’elle est édifiée sur un plateau rocheux cerné de falaises abruptes, a été fondée vers 1510 par l’émir Abderrahmane et son fils El-Abbès après la prise de Bougie par les Espagnols. Au fil des années et des siècles, elle est devenue un bastion de la résistance à l’envahisseur espagnol, turc et français. Entre une guerre et un siège, une attaque et une invasion, la Kalaâ et, par-delà, toute la confédération des Ath Abbas qui regroupe actuellement les communes d’Ighil Ali, Aït Rzine et Boujellil, a rayonné sur tout le nord du pays. Elle a exporté et ses produits et ses artisans aux quatre coins de l’Algérie actuelle.

Depuis la guerre de Libération, Kalaâ est un village fantôme et notre visite ne pouvait commencer que par la grande mosquée du village qui semble en ce jour de prières abriter quelques âmes. Cheïkh El-Mokrani, leader de l’insurrection de 1871 y est enterré. Ce lieu de culte a été entièrement rénové. Seul le mihrab avec ses roues en bois a connu le cheïkh. Avec son frère Boumezrag et le non moins prestigieux cheïkh Aheddadh de Seddouk, il a combattu les Français avant de mourir le 6 mai 1871 dans les environs de Bouira d’une balle qui lui a traversé le cou alors que du haut d’une colline il supervisait une bataille.

Non loin de la mosquée, des maisons en ruine. Certains disent qu’elles appartenaient aux Mokranis, d’autres qu’elles servaient de mess aux officiers du bachagha. à quelques pas de là, Mourad, notre guide pour la circonstance, soulève un bout de tôle rouillée qui donne à voir l’entrée d’un tunnel bien construit, mais noyé sous l’eau. C’est la poudrière d’El-Mokrani. Quand il n’est pas sous les eaux de la fonte des neiges ou de la pluie comme maintenant, le tunnel donne sur une maison souterraine où l’on fabriquait de la poudre et des munitions. Comme tous les autres vestiges, cet endroit va tomber en ruine dans quelques années sans que quiconque s’en soucie. Abderahmane, un ami qui nous accompagne, fulmine : “C’est vraiment à se cogner la tête contre les murs ou à s’arracher les cheveux. Depuis l’indépendance à ce jour, personne ne s’est soucié de préserver ce village historique, ce trésor de la mémoire collective !”

C’est la dernière révolution, celle de 1954, qui a porté un coup fatal à Kalaâ. Haut lieu de la résistance, le village a été bombardé lors de l’opération dite “Pierres précieuses” — appréciez l’ironie— et décrété zone interdite par les autorités coloniales. D’Ighil Ali, une quinzaine de kilomètres à vol d’oiseau, on envoyait des obus de mortier à la moindre lueur de bougie et au moindre mouvement suspect repérés à Kalaâ.

Du temps de sa splendeur jusqu’à l’occupation française, la citadelle a compté, à certaines époques, jusqu’à 8 000 habitants. En fait, une véritable puissance militaire et économique. Aujourd’hui, la plupart des maisons sont éventrées, mais elles laissent voir de splendides formes architecturales et de vieilles portes massives dont certaines sont sculptées.

Les fameuses portes des Ath Avla ou de Tabouaânant. “Encore des pièces de musée qui pourrissent sur pied !”, laisse échapper Abderrahmane avec dépit. à l’époque des sultans et des Amokrane des Ath Abbas, une grande muraille ceinturait toute la forteresse. Elle comportait six portes principales toutes gardées et des rampes de lancement pour les canons. “Ce sont les Aït Lahcen qui ont fabriqué ces canons, nous dit Abdelmalek, un prof de lycée membre de l’association El-Mokrani qui s’est joint à nous, ce sont des Autrichiens d’origine, probablement des prisonniers de guerre, mais ils se sont intégrés à la culture locale et ont apporté leur savoir-faire. Ceci dit, les juifs aussi ont contribué à l’essor de la Kalaâ, car il existait une communauté juive qui vivait sous l’anaïa —la protection— des Ath Abbas”. Lorsque nous demandons à voir ces fameux canons, on nous répond qu’ils se trouvent, aujourd’hui, à Constantine, dans le jardin épigraphique et leur signe distinctif est qu’ils portent des inscriptions en arabe avec une fleur de lys ornée d’une couronne royale. Nous déambulons dans les ruelles étroites et couvertes de neige par endroits sans rencontrer âme qui vive. Cette maison appartient à la famille de Ali Haroun, nous apprend notre guide. Celle-ci à tel général bien connu, celle-là à tel autre non moins fameux. Beaucoup des enfants de Kalaâ ont exercé de hautes responsabilités ou l’exercent encore. “Ici, nous dit Djamel, un professeur d’histoire à l’université qui nous a rejoint, il y avait les mares de Ouled Aïssa. Sept bassins naturels creusés à même la roche et qui servaient à recueillir les eaux pluviales.” Quand il parle de l’histoire de son village, Djamel est intarissable. Avec bienveillance, il nous emmène chez lui pour nous faire admirer une porte sculptée. L’une des plus belles qu’il nous a été donné de voir. “Ces dessins que vous voyez sont des motifs juifs mauresques”, nous explique-t-il à propos des sculptures qui ornent les deux battants de l’immense porte. Ce passionné d’histoire est le seul à posséder encore un bout de la côte de maille que portaient les rois de Kalaâ quand ils partaient en guerre. Comme celle que revêtait le sultan Abdelaziz quand il fut tué en juin 1510. Ces armures ont malheureusement toutes disparu à cause d’une superstition qui leur conférait le pouvoir de donner des enfants aux femmes stériles qui en arrachaient un petit lambeau.

Nous passons à côté de l’une des plus anciennes mosquées de Kalaâ, celle de Sidi Ahmed Oussanoun, sans pouvoir y pénétrer. “Elles est complètement en ruine, mais nous pouvons apercevoir une sorte de catafalque en bois sculpté et orné d’étranges motifs. Ce sont les mêmes motifs que l’on retrouve sur certaines portes. à l’origine, c’était une peinture noire et rouge faite avec des éléments naturels”, nous explique Abdelmalek. “Et vous laissez pourrir une telle pièce de musée ?”, s’étonne Abderrahmane.

Djamel, sur sa lancée, nous apprend que les Ath Abbas font partie des berbères sedouikches (?). D’après lui, les Normands leur ont appris la technique des moulins à vent et les Vikings l’art de construire des bateaux. La galère, ce petit bateau qui écumait la Méditerranée, aurait été copié du drakkar. Le roi des Ath Abbas avait des vigies partout. Les postes de vigie (chouaffa) allaient de l’Atlas blidéen jusqu’à Takerbouzt, de Gouraya jusqu’à Tazmalt et de l’Atlas saharien jusqu’à Medjana. Des feux servaient de colline en colline à communiquer et à donner l’alerte en cas de mouvements de troupes hostiles.

 Il avait ses cavaliers dans les Hauts-Plateaux et deux corps stationnaires de l’armée régulière étaient basés à Tazla et à Tala-Mzida. Belaguel, Vounda, Tazla et bien d’autres lieux-dits étaient des postes avancés du royaume. à propos de Vounda que nous pouvons apercevoir au loin, nos hôtes nous apprennent que c’est le village d’origine des Boukharouba dont le plus connu s’appelle Houari Boumediene. Leur ancêtre a émigré de Vounda à Guelma. “Vous voyez ? Là bas, c’est Tala-Mzida. Vers 1520 Pedro de Navarro est arrivé avec ses fantassins jusque ici”, nous dit Abdelmalek.

Sid Ahmed Ghozali est également arrivé jusqu’à Kalaâ accompagnés de plusieurs officiels dont Ali Haroun, mais lui, contrairement au général espagnol, n’avait pas d’intentions belliqueuses, en ce sens qu’il n’est pas venu pour assiéger la citadelle. Il est venu pour admirer le village et le paysage, faire quelques promesses d’aide et il est parti pour ne plus revenir comme tous les officiels qui débarquent ici pour faire rejaillir le prestige historique de la Kalaâ sur leurs augustes personnes. Passées ces visites de commémoration, Kalaâ replonge dans l’oubli et l’anonymat, dormant sous une épaisse couche de neige, de poussière ou d’indifférence.

Abderrahmane s’insurge : “Si Cheïkh El-Mokrani avait été arabe comme Bouaâmama ou Abdelkader, il aurait sûrement bénéficié de budgets conséquents pour l’entretien de sa mémoire à travers films, livres et musées. Et encore, il n’y a pas que lui à Kalaâ. El-Mokrani n’est, finalement, que le dernier maillon d’une prestigieuse lignée de sultans, d’émirs et de chefs qui ont aidé à forger la conscience nationale à travers leur résistance aux envahisseurs”.

Pendant quatre siècles et demi, la citadelle a compté par moments plusieurs milliers d’habitants sans prendre en compte tous les villages qui l’entourent et qui constituent la confédération des Ath Abbas. Ils avaient une armée régulière et des paysans guerriers qui prenaient les armes en cas de guerre ou d’attaque. Il y avait aussi une armée d’artisans forts habiles. On y fabriquait des vêtements, surtout des tapis et des burnous faits avec de la laine, des bijoux, des armes, de la poudre, des tuiles pour les maisons, des boiseries, des selles pour les chevaux, du cuir tanné, du savon et beaucoup d’autres produits. “à titre d’exemple, c’est d’ici que les Ath Yenni ont pris l’art de la bijouterie faite à base d’argent”, précise Djamel.

Nous poursuivons notre pèlerinage pour aboutir à Tajmaâth Nettzayart où quelques enfants jouent avec de la neige. Ils sont venus avec leurs parents pour le week-end et parlent en arabe. Ici, l’histoire vous interpelle à chaque coin de rue. “Là, nous dit Abdelmalek, C’est la maison du caïd Izem. Il y avait le téléphone du temps où cela n’existait peut-être même pas à Alger”. “Nous pénétrons dans une autre maison abandonnée, mais qui a dû être prestigieuse au vu de ce qui en reste. Akham El-Valar était la demeure d’un caïd qui a pris la fuite. Le colonel Amirouche en a fait son PC. Le PC proprement dit est dans une pièce qui donne sur un ravin vertigineux. En cas d’alerte, on pouvait s’y échapper facilement. De là, nous nous rendons à Chaffa. Un promontoire rocheux situé à l’extrémité du village et qui domine toute la vallée au-dessous de Kalaâ. à nos pieds, des falaises abruptes de près 500 mètres où la vue vous coupe littéralement le souffle. Elle embrasse tout le versant sud du Djurdjura, une grande partie de la vallée de la Soummam, le massif des Bibans jusqu’à Kherrata et vers l’ouest jusqu’à l’entrée de Bouira. Assurément, l’altitude de Kalaâ, qui est de1100 mètres, permet une vue auquelle seuls les aigles sont familiers”. “Vous voyez cette petite maison en bas, nous dit Abdelmalek, c’était la synagogue juive. On l’appelle encore, aujourd’hui, El-djamaâ Touzzaguine”.

Bouguermouh, le cinéaste, est venu ici pour tourner son fameux film La Colline Oubliée d’après l’œuvre de Mouloud Mammeri. Le village de Kalaâ est encore l’un des rares villages kabyles à sauvegarder une architecture typiquement berbère, mais il a dû renoncer, gêné qu’il était, par les hideux poteaux électriques qui hérissent le village et déforment le paysage. Il s’est contenté d’emprunter quelques portes anciennes pour les besoins de son film.

Une seule journée ne suffit assurément pas pour faire connaissance avec la Kalaâ, l’ancien royaume des Ath Abbas, que nous quittons avec regrets, mais avec la ferme promesse d’y revenir. C’est un village qui a beaucoup donné sans rien recevoir en retour. Aujourd’hui, ses enfants se trouvent éparpillés dans les 48 wilayas du pays et ailleurs dans le vaste monde. Une forte colonie se trouve toujours en Nouvelle-Calédonie lorsque la France a déporté Boumezrag et tous ses lieutenants après l’insurrection de 1871.

Avec ses siècles de résistance et son mode d’organisation, la Kalaâ, qu’on ne s’y trompe pas, a constitué les premiers germes qui ont enfanté l’Algérie en tant que nation. Elle comporte encore une grande partie de l’âme kabyle qui tend à disparaître chaque jour un peu plus. à ce titre, elle doit être restaurée, préservée et classée patrimoine historique national. Elle le mérite bien, car elle a tant donné à l’Algérie alors que l’Algérie ne lui a encore rien donné en retour.

ACTES DE LA CONFERENCE DU 28 JUILLET 2011 SUR LE ROYAUME FORT ET INDEPENDANT DES ATH ABBAS

(El-Hachemi Oukil)

 

-Montagne des Ath Abbas (M de Labez ou El Abbas d’où vient l’appellation des Ath Abbas) et le royaume de Koukou au 16eme Siècle.

Le chef de la Kalâa dont la puissance augmentait de jour en jour s’allia avec le roi

de Koukou dont il épousa la fille. Il constitua une armée forte et menaça ouvertement

Bougie.

Durant les nombreuses batailles qu’il dut livrer, Abdelaziz a eu largement le temps de

se rendre compte que ce sont les mousquets qui confèrent leur avantage aux turcs sur le

terrain et il fera tout pour en avoir.

C’est durant son règne que la Kalâa se dotera de fabriques d’armes avec l’aide des renégats, des chrétiens et des Andalous chassés d’Espagne qu’elle accueille en grand nombre et qui

apportent leur savoir-faire.

La Kalâa devient une grande ville fortifiée, puissante et riche. Abdelaziz mourra en

1559 au cours d’une bataille livrée contre les turcs.

Les turcs emportent sa tête et l’exposent une journée entière à la porte de Bab Azzoun avant de l’enterrer dans une caisse en argent.

Son frère Ahmed lui succède et continue son œuvre.

Pour administrer ce vaste territoire s’étendant du Sud jusqu’aux montagnes de Kabylie, il établit de nombreux postes renforcés dans lesquels il laissa des garnisons qui étaient fréquemment changées pour empêcher des relations trop suivies entre ses soldats kabyles et les populations nouvellement soumises.

Il perpétua également une très vieille tradition qui consistait à établir une série de vigies sur les points culminants des montagnes.

Ces postes d’observation communiquaient à l’aide de fumée ou de jeux de miroir le jour et de feux pendant la nuit et transmettaient les nouvelles et les alertes rapidement du sud jusqu’à Kalâa, la capitale du royaume

. C’est ce que nous apprend Berbrugger dans son Epoques Militaires de la Grande Kabylie

 

Conclusion :

La ville de Béjaia s’est constituée à compter du XIéme siècle et a subi les contre coups de l’histoire comme toutes les villes convoitées du bassin méditerranéen.

Si la Kalâa a traversé le temps en tant que forteresse militaire hammadite, elle deviendra la capitale du royaume des Ath Abbas après le déclin de cette dynastie et la prise de Bougie par de nouveaux conquérants espagnoles.

Nous déduisons par recoupement que -le besoin créant l’organe- tous les villages environnants ont pris forme à partir de 1510 et ont gravité autour de cette citadelle jusqu’à l’avènement en 1830 du colonialisme français qui édicta une nouvelle forme d’organisation administrative spécifique ayant comme objectif la déstructuration de sa cohésion sociale et la désagrégation de son ciment identitaire dont les effets se ressentent cinquante ans après la libération du pays.

Omar BOUAZZA 

Omar BOUAZZA

ombo47@gmail.com

bouazzaomar1@yahoo.fr

omarbouazza2@yahoo.fr 


Références documentaires:

http://www.panoramio.com/photo/90988833

http://fr.wikipedia.org/wiki/Kal%C3%A2a_des_Beni_Abb%C3%A8s

http://rabahnaceri.unblog.fr/histoire-de-bgayet/

http://www.takorabt.com/Histoire/AthAbbas.pdf

http://www.piednoir.net/guelma/histoire/conquetebougiespagnejuillet2012.html

http://athabbas.blogspot.com/2012/05/le-royaume-independant-de-la-qalaa-nath.html

http://www.piednoir.net/guelma/histoire/conquetebougiespagnejuillet2012.html

http://rabahnaceri.unblog.fr/histoire-de-bgayet/decouverte-dun-canon-du-xvie-siecle/

http://xxx.lanl.gov/ftp/math/papers/0304/0304219.pdf

http://fr.wikipedia.org/wiki/Royaume_des_A%C3%AFt_Abbas

http://tazla-en-kabylie.over-blog.com/categorie-12328697.html 

http://rabahnaceri.unblog.fr/histoire-de-bgayet/triq-es-soltane-litineraire-du-roi-par-dj-alilat/

Références Vidéos:

 

Béjaia :

http://www.youtube.com/watch?v=S8VCY-l2k5s

http://www.youtube.com/watch?v=-etb8j4h4Tk

http://www.youtube.com/watch?v=SUl-1dAXv88

Ath Abbas :

http://www.youtube.com/watch?v=u2oj3_6mUaU

http://www.youtube.com/watch?v=NuPSm8tb1D8

http://www.youtube.com/watch?v=1_IiwIp0v0E

Omar BOUAZZA 

omarbouazza2@yahoo.fr 

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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 09:04

3éme partie

Royaume des Aït Abbas

 

La Kalâa des Ath Abbas :

Wikipedia :

Toponymie

L’appellation de Kalâa des Beni Abbès est attribuée à El Abbès, fils du dernier sultan hafside de Béjaïa, les exploits de son fils Abdelaziz Ben Abbès, lui vaille que son nom soit rattaché à la Kalâa et ses alliées4.
La Kalâa des Beni Abbès n’est pas mentionnée par aucun auteur avant cette date, El Mérini, un auteur maghrébin du XVIe siècle cite que les fils du roi de Béjaia se sont réfugiés dans la Kalâa d'El Ouennougha, selon certains auteurs cette Kalâa est l’actuelle Kalâa des Beni Abbès, en outre la chaine des Bibans se nommait El Ouennougha avant la colonisation française5.
Époque hammadide
Le site de Kalâa était un fort hammadide lié à la Kalâa des Béni Hammad qui abrite un contingent militaire pour assurer le contrôle du passage stratégique des « portes de fer » (Bibans) ainsi que la vallée de la Soummam et une étape du triq sultan7, le site comportait :
  • le fort militaire hammadide : il n’en reste actuellement que des vestiges sur les lieux appelés Akhriv Ouziri (ruines de Ziri) ;
  • la place d’armes hammadide : lieu de présentation des troupes situé devant la Grande Mosquée, appelé actuellement Loudha Laâli ;
  • la fonderie de Kalâa (1366-1871) : les français explorateurs et des officiers de l’armée française ont signalé l’existence de pièces d’artillerie de gros calibre trouvées à Kalâa entre 1848 et 1865. Charles Féraud (officier traducteur) a signalé dans la Revue Africaine, l’essor qu’ont connu ces canons appelés par les spécialistes « Tours de force » vu leur volume et leur poids.
Époque hafside
La Kalâa s’est développée avec la fin du règne du dernier sultan hafside de Béjaïa, Abou El Abbés Abdelaziz8, lorsque les deux fils de ce dernier, l’Émir Abdrrahman et l’Émir El Abbés9 et une partie des habitants de Béjaïa, fuyant l'occupation espagnole de la ville, conduite par Pedro Navarro en 1510, s'y sont réfugiés à la casbah fortifiée pour échapper aux mêmes atrocités, commises par les espagnols à Oran lors de la conquête de cette ville10 et ils ont constitué les premiers habitants de la Kalâa11. Elle sera dirigée par les descendants du dernier roi hafside de Béjaia pendant plus d'un siècle, c'est parmi cette même lignée que seront recrutés les grands chefs des Béni Abbas jusqu'au début de la colonisation française dont le dernier est le Cheikh El Mokrani8.
Époque de la Régence d’Alger
Les fils du sultan Abdelaziz ont choisi le site de la Kalâa au XVIe siècle pour sa difficulté d’accès et sa position défensive afin d'édifier leur capitale12; la Kalâa comportait pendant cette période :
  • le palais royal (aucune trace n’en reste) ;
  • le quartier entourant le palais royal dont il reste des vestiges à ce jour. Un explorateur français[Qui ?] a réalisé une esquisse d’une maison de Kalâa composée d’une cour intérieure et un rez-de-chaussée et d’un étage, avant que Kalâa ne soit saccagée par le général d’Armand en août 1871. Certaines parties du quartier ont été totalement reconstruites ; toutefois, le cachet architectural originel demeure en plusieurs endroits, des portails portent encore des gravures réalisées par les sculpteurs juifs et mauresques de l’Andalousie ;
  • les remparts : jusqu’à ce jour on peut observer les vestiges de fortes murailles dans certaine zones notamment à Thagurth Ou Aji (porte de Aji, à l’entrée de Kalâa) et à Thagurth El Bordj (la porte de la citadelle, entrée nord-est) appelé S’Sour Ouroumi ;
  • les sites historiques : mosquées, mausolées et garnisons militaires, Kalâa compte au total 14 mosquées et mausolées.
En 1553, la kalaa connait la première expédition ottomane, le mur d’enceinte de la kalaa est édifié suite à cette expédition13.
L'an 1510 , voit un grand tournant dans l'histoire de Bougie et de ses habitants. Pierre de Navarre, écrase les troupes du Sultan de Bougie et de ses alliés et s'empare de la ville10. Les Espagnols persécutent fortement la population , dont bon nombre s'enfuirent. Ils organisent à partir de cette position des razzias dans l'arrière-pays. Les conquérants soumirent les habitants aux lois de l'inquisition espagnole en vigeure11. Les Juifs mais aussi leurs congènaires musulmans et certains renégats chrétiens se réfugiènt auprès du sultan Abderahman de Bougie 12 sur les monts des Bibans où les Abbassides fondèrent un petit royaume autour de la Kalaâ des Béni Abbas13,14. Il a été attesté par plusieurs écrivains et historiens de l’époque que les juifs de petite Kabylie étaient, au xvie siècle, en majorité des artisans bijoutiers et cordonniers13. A son apogée au xvie siècle, la cité des Beni Abbès est une véritable ville forteresse de 80 000 âmes , dont 300 juifs et une synagogue15,16. Les Juifs andalous y introduisent un nouvel art importé de leur ancien pays , l'orfèvrerie émaillée , une technique permettant la création de bijoux et ciselures d'armes sophistiqués17. Lorsqu'il mentionne les communautés juives de l'interrieure au même siècle , Hischberg cite la Kalaa aux côté de Médéa et Miliana18. La prise de la ville de Bougie en 1553 par les Turcs , n'attire que très peude juifs. Il faudra attendre l'investigation de certains marchands d'Alger pour que la ville retrouve un semblant de commerce notoire mais qui s'éteint au lendemain de la conquête française.
Les localités du royaume des Abbasides acceuillent nombre de refugiés de Bougie. Il y avait, parmi ces réfugiés, des constructeurs, des orfèvres, des ébénistes qui allaient mettre leur savoir-faire au service des populations locales19,20. Au xixe siècle, la pluspart des bijoutiers et orfèvres de petite Kabylie sont encore presque tous juifs21. En 1850 , les Juifs bougiotes quittent la compagne pour les colonies françaises de Sétif , Alger et Bejaïa dépourvue de ses juifs depuis22. On mentionne une petite colonie juive installée à Dellys23.
Royaume des Ait Abbas
Tagelda n Ait Abbas
15201871
Carte des tribus de Grande Kabylie et le drapeau de Béjaïa (sous les Hafsides). Le fondateur du Royaume d'Ait Abbas prince de Béjaïa est un allié des Hafsides avant de s'émanciper en 1510 date de leur défaite face aux Espagnols. Il reprendra les symboles et l'administration locale à son compte. Le second drapeau a été capturé par l'armée française dans le Djurdjura lors de la conquête de l'Algérie et il est semblable à la description du drapeau de Boumezrag Mokrani1.
 
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Royaume des Hafsides
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Algérie Française
Le Royaume des Aît Abbas est un État dont l'autorité s'étendait sur la petite Kabylie du XVIe siècle au XIXe siècle. Sa capitale était la Kalâa des Beni Abbès une citadelle dans les Bibans. Ce sera un bastion de résistance aux Espagnols puis aux Ottomans et enfin aux Français face auxquels il maintiendra l'indépendance de la région.
Sommaire
1 Fondation
2 Relation au Royaume de Koukou
3 Résistance aux Ottomans
4 Chute du Royaume
5 Notes et références
Fondation
Article détaillé : Histoire de Béjaïa.
Arbre généalogique des Amokrane du Royaume des Ait Abbas.
En 1510, sur la lancée de la Reconquista, les Espagnols s'emparent de Béjaïa aux mains des Berbères hafsides. Ils organisent à partir de cette position des razzias dans l'arrière-pays. Les Berbères de la région cherchent protection à l'intérieur des terres et prennent pour nouvelle capitale la Kalâa des Beni Abbès, au cœur de la chaîne des Bibans. Cette ville était une ancienne place fortifiée de l'époque hammadide et une étape du triq sultan la route commerciale allant des Hauts Plateaux à Béjaïa, c'est le sultan Abderahmane qui choisira le site pour des raisons sécuritaires. Le règne de son petit-fils Abelaziz fera sortir le nom de la Kalâa de l'anonymat, à son apogée la cité comptait 70 000 habitants et rivalisait alors avec Tunis, il prendra alors le titre d'Amokrane. C’est durant son règne que la Kalâa se dotera de fabriques d’armes avec l’aide des renégats chrétiens ainsi qu'une partie des habitants de Bougie chassés par l'occupation espagnole ,dont des andalous , musulmans , ainsi qu'une communauté juive qu’elle accueille en grand nombre et qui apportent leur savoir-faire2.
Relation au Royaume de Koukou
Le royaume de Koukou implanté en Kabylie de l'autre côté de la vallée de la Soummam, sera un rival dans la région. Les Ait Abbas durant le XVe siècle entreront plusieurs fois en guerre avec lui, s'alliant parfois avec les Ottomans qui jouaient sur la rivalité entre les deux royaumes pour espérer s'implanter en Kabylie. Cependant les relations se détériorant avec la Régence d'Alger et à l'occasion de mariages entre les grandes familles des deux royaumes, il deviendront progressivement alliés3.
Résistance aux Ottomans
Entre le XVIIe siècle et le XIXe siècle il y aura plusieurs conflits entre les royaumes kabyles d'Aït Abbas et de Koukou et la Régence d'Alger dont les principaux ont eu lieu en 1609 où les Kabyles ont dévasté la Mitidja et menacé Alger, entre 1758 et 1770 dans toute la Kabylie et entre 1805 et 1813 dans la vallée de la Soummam2. Enfin en 1823 ils entrent en révolte contre l'autorité de la Régence et coupent les voies de communications entre Alger et Constantine. Ce n'est qu'après plusieurs mois de combats que l'agha Yahia parvient à négocier la soumission des tribus et en 1824 est signé le dernier traité de paix4. Globalement le royaume, qui bénéficie d'une certaine reconnaissance internationale (représentations diplomatiques en Espagne, notamment), contribue à préserver une relative autonomie de la région par rapport au reste de la régence d'Alger5.
Après une période de rivalité où alternent phases de paix et de guerre entre Ottomans et Kabyles pour le contrôle d'Alger, leurs relations se stabilisent à l'époque des deys. Son autonomie fait l'objet d'une reconnaissance tacite qui marque une étape importante dans la constitution de l'identité régionale.
Le royaume contrôle le passage stratégique des Portes de Fer appelés Tiggoura par les Kabyles et Demir kapou par les Turcs qui est un point de passage obligatoire sur la route reliant Alger à Constantine. La Régence d'Alger devait payer un tribut pour le passage de ses troupes, dignitaires et commerçants. C'est d'ailleurs dans l'Algérie de l'époque le seul endroit où le pouvoir Makhzen de la régence payait un tribut à des populations locales insoumises6.
Le voyageur français Peyssonnel écrivit en 1725:
« Ces troupes (la milice, turque) si redoutables dans tout le royaume, sont obligées de baisser leurs étendards et leurs armes, en passant par un détroit fâcheux appelé la Porte de fer, entre des montagnes escarpées. La nation dite Benia-Beïd (Beni-Abbas), qui habite ces montagnes, les force à la soumission. [...] et ils s'estiment encore heureux d'être en paix avec eux, sans quoi il faudrait aller passer dans le Sahara pour aller d'Alger à Conslantine6. »
Chute du Royaume
Avec l'arrivée progressive des Français dans la région le royaume des Ait-Abbas aura une position changeante, soutenant la Régence d'Alger face à l'invasion française puis les révoltes de Lalla Fatma N'Soumer, mais signant plus tard la paix avec la France qui nommera Bachagha son chef Mohamed Amokrane. Mais face aux tentatives d'expropriation, Mohamed Amokrane, dernier Amokrane (chef) du royaume, entrera en guerre en 1871 avec la « révolte des Mokrani », où la confrérie de la Rahmaniya joue un grand rôle. La répression se solde par de nombreuses arrestations, des spoliations et des déportations en Nouvelle-Calédonie (c'est l'origine des « Kabyles du Pacifique »)7.
Notes et références
Louis Rinn, Histoire de l'insurrection de 1871 en Algérie, Alger, Librairie Adolphe Jourdan, un poème populaire ancien rapporté sur la révolte de 1871, p. 285
a et b Youcef Allioui, Les Archs, tribus berbères de Kabylie : histoire, résistance, culture et démocratie, L'Harmattan, 2006, (ISBN 2-296-01363-5), p. 205
Tahar Oussedik, Le royaume de Koukou
Ernest Mercier, Histoire de la Berbérie, tome III, p. 515-516.
Henri Aucapitaine, Les confins militaires de la Grande Kabylie sous la domination turque (Province d'Alger), Moquet, 1857.
a et b Société Archéologique Coloniale,Notices et Mémoires de la Société Archéologique de la Province de Constantine , Volume 5 de la deuxième série, 1871-1872, BnF ,p249
Alain Mahé, Histoire de la Grande Kabylie XIXe XXe siècles : Anthropologie historique du lien social dans les communautés villageoises, Bouchêne, Paris, 2001 (ISBN 2-912946-12-3).
http://athabbas.blogspot.com/2012/05/le-royaume-independant-de-la-qalaa-nath.html
 Les espagnols et les ottomans y ont été tenus en échec : Le royaume indépendant de la Qalaâ n’Ath Abbès fête son 500e anniversaire
Cette année, la commémoration du 139e anniversaire de la mort, sur le champ de bataille, de El Hadj Mohamed El Mokrani, leader de l’insurrection de 1871, menée avec l’appui de Cheikh Aheddad, coïncide avec la célébration du 500e anniversaire de la naissance du royaume indépendant de la Qalaâ n’Ath Abbès dans les Bibans.
La relation entre ces deux événements vient du fait que El Mokrani a été le descendant direct des Ath Mokrane, fondateurs du royaume des Ath Abbès au XVe siècle. Mokrane, signifiant le chef ou le sultan en berbère, la fonction a donc créé le nom patronymique. Pour rappel, en 1510, après la chute de la ville de Béjaïa entre les mains des Espagnols, les fils du sultan de la cité hafside, une partie de sa cour ainsi que de nombreux artisans, intellectuels, réfugiés andalous ou simples citoyens trouveront asile à la casbah fortifiée de la Qalaâ n’Ath Abbès fondée par Sidi Abderrahmane, ancêtre des Mokrani, vers 1450.
Pedro de Navarro s’étant emparé de Béjaïa, c’est un véritable transfert du pouvoir qui s’opère alors vers l’arrière-pays. Vers ce pic quasiment inaccessible des Bibans et dont la mission militaire a toujours été degarder le passage des portes de fer et l’entrée de la vallée de la Soummam, sous la houlette du brillant stratège Abdelaziz Amokrane, le royaume naissant va prospérer et tenir tête aux Espagnols puis aux Ottomans. La Qalaâ deviendra alors un important centre politique, militaire et économique régnant sur un territoire s’étendant du Djurdjura jusqu’aux portes du désert. Les Turcs organiseront plusieurs expéditions militaires contre la forteresse des Ath Abbès, mais ne parviendront jamais à la faire plier. Pis encore, ils doivent se soumettre à l’impôt et baisser leur étendard au passage des portes de fer gardé par les Ath Abbès. Jusqu’à sa chute en 1624, date à laquelle meurt assassiné son dernier sultan, la Qalaâ jouera un rôle politique majeur dans un Maghreb en proie à de multiples divisions nées du déclin des dynasties hafside, mérinide et abdelwadide.
A titre d’exemple, en 1545, Abdelaziz Amokrane s’allie aux Ottomans pour repousser une invasion des Marocains saâdides alliés aux Espagnols. Cette victoire, obtenue grâce aux troupes de Abdelaziz, jouera un rôle dans la formation de la future Algérie par la mise en place des premiers éléments du traçage des frontières. Même si le prestige de la dynastie des Ath Mokrane ira déclinant, il se maintiendra jusqu’au jour où El Hadj Mohamed El Mokrani décide de déclarer la guerre aux Français en mars 1871. Ce mercredi 5 mai, donc, de très nombreux invités et citoyens se sont retrouvés avec la délégation des autorités officielles de la wilaya de Béjaïa, à la Qalaâ n’Ath Abbès pour commémorer ce double anniversaire en se recueillant sur la tombe du martyr El hadj Mohamed El Mokrani.
Une conférence retraçant l’histoire de cette cité forteresse a également été donnée par le professeur Seddik Djamel.
Béjaïa, le chef-lieu de wilaya, a également fêté ce double anniversaire par une grande exposition qui s’est tenue au siège du TRB.
Initiée par l’association Gehimab, en partenariat avec le Cnrpah, le ministère de la Culture et l’association Nadi El Mokrani de la Qalaâ, l’exposition avait pour objectif de faire connaître au grand public le rôle joué par le royaume indépendant des Ath Abbès à une époque charnière de l’histoire de l’Algérie. L’exposition avait aussi pour objectif de faire le point sur les divers travaux engagés à la Qalaâ.
Un musée pour la Qalaâ et un mausolée pour les Mokrani
http://www.elwatan.com/dist/puce.gif Selon Mourad Nacer, directeur de la culture de la wilaya de Béjaïa, la Qalaâ n’Ath Abbès aura bientôt son musée. Il regroupera un ensemble d’objets et de documents historiques liés à la culture et l’histoire du royaume, qui a défié les Espagnols et les Ottomans et assuré une permanence maghrébine aux XVe et XVIe siècles. L’idée de l’érection d’un mausolée en l’honneur de Mohamed El Mokrani et de son frère Boumezrag a également été retenue par les autorités de la wilaya. Comme pour Cheikh Aheddad et ses deux fils Aziz et M’hand, il est question, en effet, de transférer les ossements des deux chefs des Ath Moqrane, El hadj Mohamed, enterré dans le cimetière familial de Djamaâ El Kebir et Boumezrag, enterré au cimetière de Sidi M’hamed, à Alger, vers un mausolée digne de leur statut de figures historiques nationales. Par ailleurs, nous avons également appris qu’une opération de restauration de la Qalaâ n’Ath Abbès a été inscrite pour l’année 2010, sur proposition du wali de Béjaïa avec l’appui du ministère de la Culture. Cette opération concerne le mausolée du sultan Ahmed Ben Abderrahmane, dit mosquée Ousahnoun, la grande mosquée dite Djamaâ El Kebir, le mausolée de Cheikh El Mokrani, sa maison, la medersa des oulémas musulmans construite en 1934 ainsi que la poudrière souterraine de Mokrani.
Par Djamel Alilat

Triq Es Soltane (l’itinéraire du roi) par Dj Alilat

Il y a tout juste mille ans, en 1007, naissait dans le Hodna, au pied du Djebel Taqarbouzt, la Dynastie Berbère des Hammadites. Dans un milieu quasiment désertique, le royaume de la Qalaâ des Beni Hammad allait faire naître une brillante mais éphémère civilisation, qui allait rayonner sur tout le Maghreb.
Soixante années après sa naissance, les souverains de ce royaume prospère durent transférer leur capitale des Hauts-Plateaux du Hodna vers les montagnes kabyles de Béjaïa, fuyant devant les essaims dévastateurs des Beni Hilal et des Beni Solaïm. Du Djebel Mâadhid jusqu’au Mont Gouraya, c’est une longue route parsemée de caravansérails et de forteresses que durent emprunter les émirs et leurs populations pour une formidable migration, qui a duré des dizaines d’années, créant au passage une autoroute médiévale baptisée Triq Essoltane.
Dans leur migration, les Hammadites utilisaient l’ancienne voie romaine qui reliait les Hauts-Plateaux sétifiens à Saldae (Béjaïa) par Bordj Bou Arréridj, Medjanna, Bordj Boni, Ighil Ali, Tablast, actuellement Allaghane, avant de longer la vallée de la Soummam jusqu’à la mer. C’est ce trajet que nous avons tenté de refaire avec un rétroviseur braqué sur le passé. A mesure que la voiture quitte les mornes plaines des environs de Msila pour grimper vers le Maâdhid, on a l’étrange impression de se retrouver dans le sud des Aurès. C’est le même paysage de montagnes rocailleuses et de ravins tapissés de verdure qui rappellent les célèbres gorges du Ghouffi. En nous arrêtant pour contempler ce paysage, où cohabitent le vert tendre du laurier rose et le jaune des montagnes schisteuses, notre chauffeur, voyant surgir sur le flanc des collines semé de cactus, des maisons de pierres sèches coiffées de tuiles romaines, s’exclame : « Tiens, on se croirait en Kabylie ! » Pour des Bougiotes partis en pèlerinage sur les terres de la première capitale des ancêtres, le lien est vite fait. Nous traversons la ville de Bechara, qui paraît très animée en cette fin de semaine, avant de voir surgir au loin le fameux minaret de la mosquée de la Qalaâ.
Un vestige séculaire
Au pied de cet immense vestige de 25 m qui vous contemple du haut de ses dix siècles d’histoire, nous sommes tout de même saisis par une certaine émotion. La tour est tellement haute, qu’on a de la peine à la faire rentrer dans l’objectif de l’appareil photo. On ne se lasse pas d’en faire le tour et de la contempler sous tous les angles. Plus on la contemple, plus elle nous paraît familière : ces pierres sèches et cette architecture austère ressemblent à toutes ces maisons kabyles qui parsèment les flancs familiers des Bibans. En plus grand, bien sûr. Les vestiges de la Qalaâ étant situés plus hauts que les villages du Maâdhid, aux alentours, il n’y a que quelques bergers gardant stoïquement leurs troupeaux de moutons sous un soleil de plomb. Au bout d’une heure de visite, l’un des bergers, un vieux monsieur coiffé de son chapeau de paille, s’approche discrètement. Nous profitons de l’occasion pour engager la conversation. Disponible et avenant, notre homme s’avère être un ancien gardien qui a travaillé 35 ans sur le site de la Qalaâ. Amar Ferahtiya, 68 ans, est intarissable sur le sujet. Une vraie mine d’or. A l’ombre de l’immense minaret, cet homme, qui n’a jamais été à l’école, nous raconte ce qu’il a appris à force de côtoyer les chercheurs et les archéologues. « Le site de la Qalaâ des Beni Hammad s’étend sur 7 km. Cette tour est dotée de 131 marches. Sa hauteur initiale est de 30 m, mais elle n’en a plus que 25 après sa restauration », dit-il. « Cette montagne que vous voyez là-bas, c’est le Djebel Taqarbouzt. Elle culmine à 1418 m d’altitude. La Qalaâ avait trois portes d’entrée : Bab Ledjnane, Bab Laqwas et Bab Djeraoua. Elle était entourée de remparts et elle comprenait quatre palais dont il reste aujourd’hui quelques vestiges », nous explique-t-il.
L’ombre d’Abu Yazid
Assis à l’ombre de la tour, nous écoutons Ammi Amar nous parler longuement de la naissance du royaume, de la guerre entre Zirides et Hammadites, du révolté Kharidjite Abou Yazid, l’homme à l’âne, qui est mort en 935, cerné au sommet du Taqarbouzt, du sultan Ennacer qui a construit le palais du Manar pour la princesse Bellara dont il était tombé amoureux fou, et puis des huit émirs qui se sont succédé à la Qalaâ depuis sa fondation par Hammad Ben Ziri. Il s’agit, dans l’ordre, d’ El Qaïd, de Mohcene Ben El Qaïd de Bologhine, de Nacer Ben Alennas, le fondateur de Béjaïa, de Mansour le fondateur de Mansoura à Tlemcen, de Badis Ben Mansour, d’El Aziz Ben Mansour, puis de Yahia, le dernier prince hammadide qui a quitté la Qalaâ en 1152 après la défaite contre les Almohades. A écouter ce vieil homme assis dans la poussière, l’histoire, tout à coup, prend un sens. Elle devient palpable. Il vous parle de guerre entre Berbères Zenata et montagnards Sanhadja, comme s’il s’agissait de la rivalité qui oppose les Chnawa du MCA aux supporters de l’USMA. On n’a même pas besoin de fermer les yeux pour voir ces décombres froids de la Qalaâ s’animer, reprendre corps.
Cette ville grouillante, peuplée d’artisans remarquables, de poètes, d’architectes, de paysans et de savants, revient à la vie l’espace d’un instant fugitif. A notre grand regret, notre guide est obligé de nous quitter pour rassembler ses brebis, qui ont profité de la leçon d’histoire pour s’éparpiller à travers champs.
Notre visite se poursuit plus à l’Est où subsistent d’importants vestiges du Palais du Manar construit au dessus des gorges de Oued Fredj, à même la falaise. Devant l’état de total abandon dans lequel se trouvent ses murs antiques, qui ont traversé les siècles, on est pris d’un profond malaise. Les pans de mur qui s’effondrent et les brèches qui se créent n’ont jamais été restaurés. L’état de ruine des vestiges rend la visite très dangereuse. Il n’y a, apparemment, dans tout le Maghreb, que l’Algérie pour s’offrir le luxe de cracher sur un site classé patrimoine mondial par l’Unesco dès 1980, pour le laisser à la merci des prédateurs et des vandales. Cet abandon de la Qalaâ des Beni Hammad est révoltant. Partout, des traces de construction et des vestiges là où l’œil se pose. Les fouilles ont été apparemment délaissées depuis De Beilié, l’archéologue français à qui on doit l’essentiel des connaissances sur la Qalaâ.
Nous n’avons pas le temps de faire le tour du site. Il nous faut quitter la fournaise du Hodna, avant l’heure fatidique où le soleil assomme même les chameaux, en faisant la promesse de revenir un jour faire plus ample connaissance avec ce haut lieu de l’histoire. Ne pouvant faire comme les Hammadites qui, probablement, empruntaient des sentiers de muletiers en allant droit vers le nord, on se résout sagement à reprendre l’asphalte vers M’sila. Thamsilt, comme disent encore les Kabyles de l’ancienne génération.
De la montagne vers la plaine
Sur la route de Hammam Dhalaâ, beaucoup de semi-remorques immatriculés 06. Rien d’étonnant quand on sait que cette route est celle du ciment. Des allers et venues qui rappellent les caravanes qui faisaient ce même chemin, il y a dix siècles. Les matériaux de construction ont toujours été un problème épineux. Dans sa fuite vers les rivages sécurisants de la Kabylie, l’émir Ennacer avait obligé chaque famille émigrée à transporter au moins une pierre à chaque voyage, sous peine d’amende. Après la ville d’El Mhir, il y a le fameux passage des Portes de Fer. Un détroit stratégique qui assure, depuis la nuit des temps, le passage de l’Est vers l’Ouest, de la montagne vers la plaine. Les Romains l’ont toujours contourné, préférant passer par Auzia (Sour El Ghozlane) et éviter ainsi les guet-apens et embuscades des tribus de la région. Les Portes de Fer ou Détroit des Bibans s’appelle en réalité Taggurt, (la porte), pluriel : Tiggura. Il y a deux portes : Tammezyant, la petite et Tameqrant, la grande. L’appellation actuelle, que les Français ont reprise, vient de l’arabe Bab et Bibans. Pour le fer, certains disent que c’est à cause des mines de fer qu’il y avait dans ces montagnes. D’autres avancent l’idée que ce sont les Turcs qui ont donné ce nom à ce passage où ils ont toujours été obligés de baisser leurs armes et de payer un péage aux Ath Abbès qui en assuraient la garde. Nous franchissons ce fameux passage juste pour la forme puis nous revenons sur nos pas pour prendre par Bouqtone ; nous franchissons l’oued du même nom. Cette route mène jusqu’au plateau de Boni en passant par Ath Rached et Ferracha. Selon les anciens de la région, c’est cette route qui a toujours été empruntée pour aboutir à la Qalaâ des Beni Abbès.
La Qalaâ des Beni Abbès a été bâtie sur le modèle de celle des Beni Hammad. Position stratégique, accès difficile, portes gardées et muraille tout autour. Même le nom du plus haut sommet, Taqarbouzt, a été copié sur l’original et importé. Au départ, c’est un Fort hammadite lié à la Qalaâ des Beni Hammad qui avait pour mission de garder le fameux passage des Bibans, ainsi que la vallée de la Soummam. Pendant des siècles, des troupes stationnées à la Qalaâ se sont relayées pour assurer le passage des Bibans, jusqu’à ce que le khalifa Mokrani, dont le fils M’hamed allait soulever le nord de l’Algérie avec Cheikh Aheddad en 1871, ouvre définitivement ce passage aux Français en 1833. A propos de la Qalaâ, certains historiens, comme Paul Wintzer, affirment que les Hammadites ont d’abord occupé la Qalaâ des Beni Abbès qui s’appelait alors la Qalaâ de Ouanougha, avant de s’installer à Béjaïa. Ceci est très probable, d’autant plus que lorsque Béjaïa est tombée aux mains des Espagnols en 1510, les émirs hafsides de Béjaïa se sont repliés à la Qalaâ des Beni Abbès.
La halte de Si Moh U M’hand
A la Qalaâ des Beni Abbès, nous avons rendez-vous avec Mourad Mebarek, un architecte qui a fait sa thèse sur l’urbanisme particulier de cette vieille forteresse. Nous arrivons de nuit à la Qalaâ. A Tajjmaâth n’Tazaïart, Mourad est en train de discuter avec quelques amis sous la pleine lune qui donne un aspect fantasmagorique au paysage de murs effondrés de l’ancienne capitale des Ath Abbès. Au bout de deux heures de discussion à revisiter l’histoire, nous sommes invités à la maison dite « Akham Gu’Ahchaïchi ». C’est une vieille maison berbère où, mis à part l’électricité, rien n’a changé depuis plus d’un siècle.
Un véritable musée avec sa cour pavée, asqif, adaynine, taârichth, ichvouyla et même un authentique coffre berbère superbement sculpté. Cette maison, où nous reçoit très gentiment Menzou Djamel affairé à griller des sardines, a appartenu à Abderrahim Mokhtar, présumé né en 1882. Ce monsieur, dont un portrait jauni est accroché à la poutre maîtresse de la maison, avait pour ami un certain Si Moh U M’hand. Chaque fois que le célèbre barde partait vers Tunis, il s’arrêtait à Qalaâ chez son ami Ahchaïchi. On nous apprend, par ailleurs, qu’une fois, Si Mohand a séjourné plus d’une année sous ce toit. Comme quoi, l’histoire a quelques fois de ces clins d’œil. Mourad nous apprend que ce qui est particulier avec les maisons de La Qalaâ, est le fait de posséder trois portes et trois cours qui donnent les unes sur les autres. Passé le premier portail, la cour intérieure est réservée aux khammass et aux gens de passage, la deuxième porte donne sur une cour réservée aux invités et aux amis, alors qu’au-delà de la troisième et dernière porte, seuls les membres de la famille y sont admis.
Mourad vit depuis longtemps à Brême, en Allemagne. Il se définit d’abord comme Brêmois, puis comme Kabyle, ensuite comme Algérien, puis comme Allemand. Autant dire que culturellement, il a autant d’entrées que les maisons de ses aïeux. Les gens de La Qalaâ sont très hospitaliers et, en général, très instruits. Aujourd’hui, cette cité qui fut un jour prospère au point d’être comparée à Tunis, ne revit plus que pendant les vacances ou les week-ends, lorsque les familles installées dans les grandes villes du pays reviennent au bercail.
La route qui relie Bordj à la Kabylie par Ighil Ali va bientôt être reclassée route nationale.
La circulation automobile est infernale sur une RN26 encombrée par les poids-lourds. A force de s’étendre le long de la route, les agglomérations ont fini par se coller les unes aux autres. Les portions de route vierges d’habitations commencent à se faire de plus en plus rares. Pourtant la Vallée de la Soummam n’a été habitée que depuis la colonisation française et, plus précisément, après la défaite de 1871, ce qui a permis à la France de construire les premiers villages européens comme Tazmalt, Akbou, Sidi Aïch et El Kseur.
Un voyage de mille ans
Moulay Ennacer, le fondateur de Béjaïa a installé des populations sur, toutes les montagnes qui entourent son royaume, ainsi que des postes de vigie sur les points culminants. Ces vigiles communiquaient entre eux à l’aide d’un système de miroirs le jour et de feux la nuit, pour se transmettre des messages. Un système repris plus tard, par les sultans de la Qalaâ des Beni Abbès et même par El Mokrani. Beaucoup de ces villages, que l’on voit aujourd’hui sur la rive sud du Djurdjura, les flancs des Bibans et des Babors, ont été créés à l’initiative d’Ennacer et d’El Mansour. C’est l’une des raisons pour lesquelles on retrouve aujourd’hui, la majorité des villages kabyles occupant des crêtes et des sommets inexpugnables.
A l’entrée d’El Kseur, nous marquons une petite halte symbolique à Tiklat. Chaque jour, des milliers d’automobilistes passent à quelques mètres des prodigieux vestiges de cette ville occupée successivement par les Berbères puis par les Romains, ensuite par toutes les dynasties qui ont eu à régner sur la région, sans s’arrêter et sans même se douter de leur existence. Les citernes romaines, que l’on retrouve aujourd’hui sur une petite colline qui surplombe la route, ont souvent servi de forteresse pour diverses armées, y compris celle du rebelle Takfarinas, le célèbre prince berbère qui s’est soulevé contre Rome en l’an 17 après J.-C.
Ces citernes, au nombre de 15 et qui pouvaient renfermer une réserve d’eau de 15 000 m3, ont souvent changé de vocation au cours des siècles. Sur le bas côté de la route, le maquis a presque complètement recouvert les ruines de l’antique ville de Tubusuptu (Tiklat), fondée par une colonie de vétérans de la légion romaine sous le règne d’Auguste. Ce site, qui peut attirer des milliers de touristes chaque année, s’il était pris en charge et revalorisé, est, malheureusement, dans un état d’abandon total depuis des lustres.
Partis d’Ighil Ali à 7h, il nous faut un peu plus de trois heures pour rallier Béjaïa. Après Bir Slam, le puits antique où les pèlerins faisaient leurs ablutions avant de partir pour La Mecque, la ville apparaît adossée au monumental Gouraya.
Plutôt que d’achever notre périple par la Porte Sarrasine (Bab El Bahr) qui servait de porte de sortie vers la mer, nous choisissons de passer symboliquement par la vieille ville et Bab El Fouka, l’une des portes antiques de l’ancienne cité hammadite, pour boucler la boucle. C’est, paraît-il, par cette porte qu’entrait le sultan. Assis sur son trône, il faisait face à ceux qui entraient dans la ville le jour des foires, des fêtes et de l’arrivée des caravanes.
La circulation à Béjaïa, en cette fin de mois d’août, demeure difficile et les principaux carrefours de la ville connaissent des embouteillages homériques. La cité est envahie par les touristes. La plupart de ces touristes viennent justement de ces Hauts-Plateaux de Sétif, Bordj et M’sila, accomplissant un voyage qui a débuté il y a mille ans. En effet, cela fait dix siècles que Béjaïa est leur port et leur principale porte vers la mer.
Djamel Alilat, El Watan (02 septembre 2007
Bejaia. Qalaa Beni Abbes 
Découverte d’un canon du XVIe siècle
Une pièce d’artillerie, datant probablement du XVIe siècle, a été découverte à la Qalaâ des Beni Abbès, à près de 120 km au sud de Béjaïa, par Aoudjit Mohand Salah, alors qu’il effectuait des travaux de terrassement près de son domicile.
Le site de cette découverte se trouve à une vingtaine de mètres de la mosquée Djamaâ Lekbir où se trouve la tombe du chef militaire de l’insurrection de 1871, El Hadj Mohamed El Mokrani dont on s’apprête à célébrer le souvenir le 5 mai prochain. La pièce d’artillerie, qui se trouve être assez rouillée, est un canon d’un mètre de longueur pour un diamètre non encore mesuré. Pour rappel, la Qalaâ Nath Abbès est un haut lieu de l’histoire nationale. Forteresse ziride puis hammadite pendant des siècles, elle marque sa présence dans l’histoire en 1510 lors de la prise de Béjaïa par les Espagnols, en devenant la nouvelle capitale hafside. De 1510 jusqu’à 1624, Qalaâ devient le siège d’un vaste royaume autonome qui résistera à l’occupation espagnole de Béjaïa et à l’hégémonie ottomane sur l’Algérie. Abdelaziz Amokrane, ancêtre éponyme des Mokrani, passe pour être le fondateur de la forteresse sur laquelle a été bâti ce royaume rival de celui de Koukou et de la régence d’Alger. Durant son règne, qui a duré de 1510 jusqu’à 1559, date à laquelle il perdra la vie dans une bataille contre les Turcs en 1559, Abdelaziz Amokrane est le premier chef à introduire les armes à feu, notamment les mousquetons et les canons, en Kabylie orientale. Après la défaite de 1871 et la chute de la dynastie des Mokrani, les Français, premiers étrangers à mettre le pied à Qalaâ, découvrent avec étonnement quatre grands canons dont l’un, au moins, a été coulé sur place puisqu’il comporte en caractères arabes la date de sa fabrication et le nom de l’armurier qui l’a forgé. Des centaines d’hommes seront mobilisés pour tracter ces canons hors de Qalaâ. Ils seront exposés au musée de Constantine pour un temps, avant de prendre le chemin du Louvre à Paris où ils s’y trouvent encore.
Par Djamel Alilat
Informations générales
Statut
Monarchique et tribus fédérées
Capitale
Kalâa des Beni Abbès
Langue
Kabyle
Religion
Islam
Histoire et événements
1510
Abderahmane, sultan de Béjaïa pour le compte des Hafsides puis fondateur de la Kalâa.
1547
Abdelaziz prend le pouvoir; sous son règne la Kalâa prend de l'importance et son royaume s'oppose aux Ottomans pour s'allier au royaume de Koukou.
1559
Abdelaziz meurt au cours d'une bataille contre les Turcs.
1609
Les Kabyles entrent en guerre contre la régence d'Alger et dévastent la Mitidja.
1824
Dernière révolte et dernier traité de paix avec la régence d'Alger.
1870
Révolte des Mokrani et chute de la dynastie des Amokranes face à la France.
Partie IV
Un royaume en pleine montagne kabyle
16 Octobre 2010
   
Par : LARBI GRAÏNE
Le royaume d’Ath Abbas, vous connaissez ? Eh bien il a existé dans la Kabylie orientale au XVIe siècle. Il a pris forme à ce moment crucial, qui devait voir les habitants d’Alger faire
appel aux frères Barberousse pour se prémunir contre les attaques des Espagnols.
Un certain nombre d’institutions viennent d’exhumer cette dynastie kabyle qui régna sur les
Bibans, il s’agit de l’association «Gehimab» basée à Bejaïa (Groupe d’études sur l’histoire des mathématiques à Bougie médiévale), du CNRPAH (Centre national de recherches préhistoriques anthropologiques et historiques) d’Alger (pour le compte du ministère de la Culture), de la wilaya de Bejaïa à travers l’APC d’Ighil Ali et la Kalâa n’Ath Abbas et de la wilaya de Bordj Bou-Arréridj.
En effet, à l’initiative de ces institutions qui ont voulu ainsi célébrer le 500e anniversaire de la fondation de ce royaume, la salle El Mougar à Alger a abrité jeudi en fin d’après-midi une exposition sous l’intitulé « Kalaâ n’ath Abbas : Un royaume indépendant dans les Bibans au XVIe siècle ». La cérémonie d’ouverture de cette exposition qui tranche, il faut le dire, par sa haute facture et sa qualité d’élaboration, a été marquée par la présence d’Ali Haroun, ex-membre du HCE et militant de la cause nationale.
La soirée a été égayée par une collation et un concert de musique andalouse animé par l’orchestre féminin d’Ahbab Cheikh El Bedjaoui. Analysant la portée de cet événement, l’anthropologue Ali Sayad pense qu’il ne s’agit pas « d’exhumation d’un royaume, mais d’une civilisation, d’une culture » qui selon lui « s’était développée d’abord à la Kalaâ des Beni Hammad, dont les habitants devaient fuir les Hilaliens  vers Bougie».
« Lorsque, les Espagnols et les Turcs fera-t-il observer, ont occupé Bougie, il y a 5 siècles, le royaume s’est retiré à la Kalaâ des Beni Abbas qui va devenir l’incarnation d’un certain nombre de traditions, de gouvernement et de culture, la Kalaâ a été bien plus un pôle culturel comparativement au royaume de Koukou, où le petit roitelet Ath al-Kadi a fait plus de mal que de bien, en revanche poursuit notre interlocuteur Ath Abbas puise dans une culture qui remonte à 1052. Tout en donnant liberté aux villages, ajoute-t-il ce pouvoir dynastique a su transmettre la culture ».
Pour sa part, le professeur Djamil Aïssani, commissaire de l’exposition, président de «Gehimad» et
enseignant à l’Université de Bejaïa déplore le fait que la mémoire de ce royaume ne se soit pas perpétuée même au niveau local. « On n’a pas donné l’importance qu’il fallait à cette dynastie. Ce qu’on avait mis en avant, c’est cheikh El Mokrani, c’est-à-dire qu’on a limité 500 ans d’histoire à quelques dizaines d’années, il fallait faire ce travail qui est le fruit de 15 ans de recherches » relève-t-il.
Pour le sociologue et anthropologue Youssef Nacib, Ath Abbas a été « un royaume comme
pouvait l’être un royaume au XVIe siècle, c’est-à-dire que c’était un ensemble de villages qui ne représenteraient pas aujourd’hui un Etat bien entendu ». Et d’ajouter : « Mais ce qui est important, c’est de savoir se réapproprier objectivement son passé, qu’on le veuille ou pas un royaume comme celui des Beni-Abbas fait éminemment partie de notre histoire et de notre passé. Aujourd’hui évidemment, les données ne sont plus les mêmes, on peut sourire à l’idée que c’était un royaume alors qu’aujourd’hui il ne représenterait même pas une wilaya dans ce grand ensemble qu’est la nation algérienne, mais connaître son histoire, a-t-il ajouté c’est s’approprier un élément identitaire oublié, c’est s’approprier un élément sous-tendant une psychologie sociale d’importance.» « C’est intéressant a-t-il ajouté aussi de savoir que les siècles précédents ont connu une vie que nous avons eu à l’époque des gens qui étaient organisés, étudiaient, produisaient. Cela montre simplement une évidence, c’est q
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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 08:48

2éme partie 

Dans les confédérations arabes une partie des Dreïd avaient suivit le mouvemente imprimé par Abou Beker et, dans une des courses de ce prince elles attaquèrent le camp d'Abou Fares, fils du sultan Abd ei-Aziz, qui était· établi à Guedjan (2) du côté de Sétif. Ce prince les combattit vigoureusement, les repoussa et mis en déroute avec de grandes pertes les beni Aïad, les Mcaïd et ceux qui. étaient de leur côté côté,
Mohamed ben Ali ben Yakoub fut tué clans ce combat. Après sa victoire Abou Farès se dirigea vers Constantine afin d'y rejoindre son père .Abd- el:-Aziz lui donna le gouvernement de celle ville mon père m'a raconté ce qui suit:
Il Pendant que nous étions à. Constantine arriva la nouvelle du débarquement des infidèles à Bougie.
Abd-el-Aziz, se dressant subitement sur son siège appela son fils Abou Farès et lui donna ordre de se porter avec ses troupes au secours de sa. Capitale et d'empêcher les ennemis d'y pénétrer. Mais ceux-ci l'avaient devancé déjà. Leur armée avait effectué sa descente dans l'ancien port au dessus duquel se trouve le tombeau du cheikh Aïça el Sebouki.
Ce quartier était entièrement habité par des maures andalous qui 's'étaient réfugiés à Bougie après la conquête de leur pays par les chrétiens, Le sultan· Abd~el~Aziz leur avait désigné cet endroit pour s'y établir parce qu'il n'y avait pas eu possibilité de· leur faire place dans l'intérieur de la ville. Quelques-uns de ces réfugiés avaient également fixé· leur demeure dans· les jardins situés du côté de l'Oued-el-Kebir (Soumam)

" Dès que les chrétiens: eurent pris possession de la· terre, ils envoyèrent proposer aux habitants de Bougie, au Ministre chargé des affaires du sultan et enfin au fils du sultan qui était resté dans la place, de faire leur; soumission sans résistance et d'ouvrir leurs portes. Cette proposition fut repoussée et on prit des dispositions pour se défendre. Les chrétiens voyant qu'ils échouaient dans celle voie pacifique dressèrent immédiatement depuis le quartier de Sidi Aiça, en suivant la crête du terrain, une palissade en bois semblable à une muraille (1). Ils s'établirent aussi sur la montagne et de là ils lançaient des boulels.sur tous ceux. qui tentaient de franchir les portes de la ville cette situation dura pendant dix jours.
Abou Mohamed ben Abd-el-Hak dit à ce sujet dans son livre

: L'ennemi se fortifia dans ses retranchement de diar' Sidi Aïça, pendant vingt-un jours recevant l'eau et les vivres qui lui étaient nécessaires des vaisseaux venant d'Oran. C'est de là qu'ils tiraient journellement leurs renforts en hommes et leurs· approvisionnements en vivres et· en munitions. Pendant toute celle période, la lutte était acharnée entre les combattants. Une nuit entr'autres, une troupe de gens de la ville éprouva un grand désastre. Les guerriers les plus courageux, au nombre de cinq cent vingt, organisèrent une attaque.
Les uns s'embarquèrent sur les barques de la ville pour attaquer par mer, tandis que leurs compagnons devaient tourner les positions en passant: par le sommet de la montagne. Ces derniers sortirent· par les, portes Amsiouèn et Sàdat (2). J'étais au nombre de ceux, qui attaquèrent par la mer; mais pendant , cette nuit un nombre considérable de musulmans succomba:
Ceux venus par la mer éprouvèrent peu de pertes, parce que après avoir effectué quelques, captures ils parvinrent à s'éloigner rapidement à force de rames et se mettre à l'abri.

Le lendemain, une grande panique éclata dans la ville par suite des lamentations et des cris de désespoir que poussaient les familles de ceux qui avaient succombé dans l'attaque dirigée du côté de la montagne.
Ce jour là, arriva à Bougie l'émir Abou Farès, fils du sultan Abd-el-Aziz, amenant avec lui, des guerriers accourus de toute la contrée, tels que les Arabes, les Sedouïkiche, les habitants de la montagne des Ketama, des kabiles des environs, ceux des Zouaoua; il arriva en même temps des Beni Abd-el-Oued et les Toudjin.
Les deux fils du sultan, Abou Farès et Abou Abd-Allah, allèrent au milieu de tous ces combattants pour la guerre sainte. Ils se firent accompagner par quatre des principaux eulema de la ville qui étaient ;
Abou Ahmed ben ,Smaïl ben Ali Kenani, l'ancien chambellan de l'enemi Brahim mort sous l'émir el Abbas; Abou Aïça ben Brahim el Hentati, chargé des affaires du sultan; Abou Yousef ben el-Haoussin ben Ali de la postérité de Sid-en-Nas; et Abou Ali ben Mohammed, le prédicateur.Ils se rendirent ensemble au milieu des guerriers musulmans, dont le nombre était tellement considérable, qu'il est impossible de le fixer. Ils étaient tous campés dans les jardins (1). Les marabouts, les gens de loi et les ascètes de la ville allaient prêchant la guerre sainte pour enflammer les courages.
L'attaque contre les infidèles ne se fit pas attendre. Les musulmans, se séparèrent en deux corps; les uns gravirent la montagne et les autres montèrent dans les barques. Les fils du sultan sortant par bab Sadat et bab Amsiouèn se mirent à la tête du gros de leur troupe. L'attaque eut lieu en même temps par terre et par la mer les guerriers 'musulmans s'appelaient 'les uns les autres de tous, côtés- et: ils avancèrent ainsi jusqu'à ]a crête qui sépare le quartier Sidi-Aiça de la ville. ,Mais à ce mouvements les :chrétiens sortant brusquement de leur palissades tous à la fois refoulèrent les assaillants jusqu'aux murailles de la ville et en massacrèrent un grand nombre.

 

Dans plusieurs attaques successives, ils essayèrent même de s'emparer des portes, C'est là que, poussé par la foule des fuyards les musulmans tombèrent étouffés. Parmi les martyrs de la foi, on complait des hommes religieux des eulema-,des marabouts et des maures andalous réfugiés à Bougie:
Abou Mohamed ben Otman el Tlili, prédicateur de la grande mosquée raconte que dans la journée du 25 de Moharrem le nombre des victimes s'éleva à quatre mille cinq cent cinquante gisant dans l'espace compris entre les deux portes de la ville

Mon père, ajoute t-il, dans son livre, était parmi les morts, près des portes; je retrouvai son cadavre percé de trois blessures. Les deux princes succombèrent également.
Là nouvelle de ce désastre parvint au sultan Abd'el-Aziz avec le récit de tout ce qui s'était passé depuis le jour du débarquement des chrétiens. On lui rendit compte que l'ennemi avait proposé l'Aman aux habitants de la ville s'ils voulaient consentir à se soumettre, mais que les Andalous réfugiés avaient dit :
Nous connaissons par expérience le peu de confiance qu'il faut avoir dans les promesses des infidèles; ils sont traites et perfides à leurs serments
C'est ce qui avait déterminé les habitants de Boùgieà- repousser les offres de paix et résister.

La mort de ses deux fils affligea profondément le sultan Abd-el-Àziz mais il trouva la consolation de sa douleur, en songeant que Dieu leur accorderait. sa miséricorde en récompense de leur zèle pour la foi
Le sultan se hâta d'envoyer à Bougie les troupes qui restaient auprès de lui, ainsi que les arabes et les kabyles de la contrée

Cependant depuis qu'Abd-el-Aziz était maître de Constantine,l'émir Abou Beker s'était retiré dans le Belezma (prés de Batna). Dès 'que ,celui-ci ,apprit le débarquement des chrétiens à Bougie il se rendit dans cette ville avec les guerriers dont disposait. Pendant huit jours; il combattit comme un lion en furie, empêchant les habitants de s'enfuir afin de les forcer à la résistance.
Enfin cela dura jusqu'au· cinquième jour du mois de Safar de l'an 915 (25 mai 1509).

La mésintelligence régnait entre les troupes du sultan et celles amenées par Abou Beker; les chrétiens en profitèrent, pour pénétrer dans les rues de la ville.
Le lendemain, ils firent une attaque générale par terre et par mer. ·L'émir Abou Beker, ·qui, s'était retiré auprès du château de l'étoile (2), fut sur le point de tomber entre les mains de l'ennemi et beaucoup de ses soldats succombèrent en martyrs autour de lui. L'émir parvint cependant à sortir de la ville, mais une troupe de musulmans enveloppée dans les rues fut massacrée.
Les habitants de Bougie avaient abandonné leurs maisons au point du jour, dès qu'ils s'étaient aperçus que les chrétiens s'étaient rendus maîtres du haut de la montagne. Voyant qu'il n'y avait plus pour eux aucun espoir de salut, ils avaient compris qu'il ne leur restait qu'à se sauver avec leurs femmes et leurs enfants,

Parmi ceux qui se sauvèrent ainsi était le cheikh Nacer el Merinl, chef des ministres du Sultan, qui emmena avec lui la famille d'Abd-el-Aziz et la conduisit en sûreté dans la montagne des beni Abd-el-Djebbar .
Puis se sauvèrent également, Si el Moufok, Si Salah et Si el Hamlaoui, enfants de l'émir Brahim mis à mort par son cousin le sultan Abd el-Aziz. Ces trois personnages, enfermés dans les prisons de la ville, avaient profité de la présence de l'émir Ahou Beker pour réclamer leur mise en liberté. Ils sortirent en effet et combattirent à côté de leur protecteur jusqu'au dernier moment de résistance.
Une partie de la population de Bougie se réfugia dans les montagnes du côté de Didjeli.

Celle montagne prit depuis le nom de Djebel beni Mïad {1). On dit que lorsque les bougiotes s'éloignèrent de leur' ville, ils marchaient tous groupés en masse; les Arabes les appelèrent alors el M'iad (réunion d'hommes) et ce nom est resté à la montagne dans laquelle ils se réfugièrent.
D'autre allèrent chez les Zouaoua, entre autres tous ceux.qui avaient exercé un emploi dans la maison de la monnaie. Ils avaient à redouter la haine d'Abou Bekerl parceque ils avaient jadis déclaré contre lui en refusant de frapper la monnaie en son nom.D autres enfin se retirèrent chez les Oulad Yala el Aujissi, à l'est du djebel Fergan.
Les OuladYala s'étaient autrefois établis sur ce point après avoir quitté leur patrie qui était la Kala des beni Hammad.

(asuivre)
L.CharlesFERAUD,
Interprète de l'armée

Mis en ligne par:

Omar Bouazza

omarbouazza2@yahoo.fr

 

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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 07:29

 

  1ére partie

            A la sortie de la mosquée d’Ath Saidha, j’ai été interpelé par un jeune algérois sur l’époque à laquelle a été érigé le village de ses ancêtres.

Franchement, j’ai été agréablement surpris par l’intérêt qu’a manifesté ce jeune, ce qui est rare de nos jours, pour ses origines.

            Comme l’histoire nous interpellera inéluctablement un jour, la quête identitaire par devoir de mémoire s’impose à nous et s’imposera forcément un jour ou l’autre aux générations futures, combien même, subsisteraient des volontés de plomber notre patrimoine historique.

Je me suis donc fait un devoir et un plaisir de lui résumer très succinctement l’histoire de la région.

Ce besoin d’identification s’étant imposé à moi par le passé, j’ai eu à compulser les différentes contributions sur le sujet, notamment les écrits de:

  • Farid Alilat

  • Youcef Nassib

  • Youcef Benoudjit

  • Mouloud Gaid

  • Rabah Naceri

  • Larbi Graine

Et autres… Wikipédia

C’est le lieu ici pour rendre hommage à toutes ces personnes ayant contribué à édifier une plate forme de référence pour la postérité.

Il en ressort des synthèses ci-dessous que l’histoire de la région et, plus particulièrement les royaumes d’Ath Abbas et celui de Koukou, serait intimement liée aux bouleversements qu’a connus le sultanat de Bougie en ce début du XVI éme siècle.

Pour des raisons d'ordre technique d'une part et pour faciliter l'accés au lecteur d'autre part, le travail a été scindé en 4 parties:

  • 1 ére partie: Préambule et Histoire de Bougie
  • 2 éme partie: Histoire de Bougie - suite
  • 3 éme partie: Histoire du royaume d'Ath Abbas
  • 4 éme partie: Histoire du royaume d'Ath Abbas - suite et conclusion

Bonne lecture à tous.

  Bougie anté XVI éme siècle :

HISTOIRE de BOUGIE-BGAYET

Par Rabah Naceri

 

Un petit résumé pour ceux qui sont pressés !!

Nous vous présentons ci-dessous un petit résumé de l’histoire de Bgayet pour ceux qui n’ont pas le temps matériel de lire l’histoire plus ou moins détaillée qui vient juste après.

Située au cœur de l’espace méditerranéen, Bougie – actuellement Bejaia – ville d’Algérie qui donna son nom aux petites chandelles (les bougies) et à partir de laquelle les chiffres arabes ont été popularisés en Europe, renferme de nombreux sites naturels et vestiges historiques qui témoignent encore aujourd’hui des fastes de sa longue histoire.

Le rôle joué par Bougie dans la transmission du savoir au Moyen-âge est confirmé par les séjours plus ou moins longs de personnalités scientifiques et littéraires prestigieuses, versées dans tous les domaines de la connaissance : le métaphysicien Andalou Ibn Arabi, le mathématicien Italien Léonardo Fibonacci, le philosophe Catalan Taymond Lulle, l’historien et célèbre père de la sociologie moderne Ibn Khaldoun, le poète Sicilien Ibn Hamdis, et bien d’autres encore…

Vers le milieu du XIème siècle, la carte politique du Maghreb est bouleversée.

Le royaume Berbère des Hammadites, en conflit avec les Almoravides à l’Ouest et avec les Zirides à l’Est, transfère sa capitale vers Bgayet (Bougie).

L’antique Saldae (nom romain donnée à Bougie) inaugure ainsi son rôle historique et deviendra l’une des villes les plus prospères du Maghreb.

En 1136, elle repoussa une expédition gênoise, mais fut prise par les Almohades en 1152. Elle redevint une place commerciale, scientifique et culturelle prospère sous les Hafsides (XIIIème – XVème siècle). Cette période médiévale représente l’âge d’or de la ville, notamment grâce à l’impulsion du prince Hammadite En-Nacer.

Source: « Gehimab » . Université de Bgayet

__________________________________

 

HISTOIRE DE BEJAIA

ET DE SA REGION

depuis l’antiquité jusqu’à 1954

Auteur Mouloud GAÏD

Edition MIMOUNI 1976.

La région dont nous nous proposons de rappeler l’histoire, se limite approximativement: à l’Ouest par les crêtes du Djurdjura; à l’Est par les Babors auxquels se soudent les Bibans qui s’étendent jusqu’au Sud-Est dominant les plaines de la Médjana et de Bordj Bou-Arrirédj. Une vallée, où serpente la Soummam, séparant les Babor-Biban du Djurdjura, débouche vers le Sud à Ighrem, El Asnam, en une riche plaine plantée d’oliviers, d’arbres fruitiers, de vignobles et d’autres cultures.

Le golfe de Béjaia, sur le bord duquel la ville s’élève en amphithéâtre, offre l’aspect d’un vaste lac entouré d’un rideau de montagnes aux profils capricieux: d’abord la crête de Gouraya qui domine la ville; à sa droite le pic de Toudja ; en face et suivant l’ellipse du littoral, viennent la cime de Bou-Andas, les dentelures rocheuses de Béni-Tizi, du Djebel Takoucht, d’Adrar-Amellal, Tizi-ou-Zerzour, la large croupe des Babors à côté du pic du Tababort ; enfin, au dernier plan, la silhouette bleuâtre du pays de Jijel.

Lorsqu’on s’éloigne de la ville pour se diriger vers Ziama, les gorges de Chaabet-EI-Akhra, on suit, sur un parcours de plus de trente kilomètres, le demi-cercle formé par le golfe. La route qui suit parallèlement le rivage traverse une plaine fertile dominée par des sites pittoresques verdoyants avec une végétation épaisse et drue.

Les bords de la Soummam que l’on traverse sont couverts d’ajoncs et de lauriers-roses séparant ses rives de beaux jardins où figuiers, oliviers, orangers, abricotiers, et tant d’autres se coudoient, tout atteste, en ces lieux, une impulsion intelligente, beaucoup d’esprit d’initiative, du goût et du sérieux dans le travail. Après Souk-el-Khemis et sa douce plaine, la bande qui s’étend le long du rivage se rétrécit peu à peu pour aboutir, vers le Sud-Ouest en suivant la rivière, à la route menant aux gorges. La végétation, en certains endroits du bord de la route, constitue un véritable fouillis de plantes sauvages, de lierre, de vigne vierge, de lianes épineuses, de ronces; sur les pentes douces ou abruptes des frênes, des pins, des chênes-verts, des chênes-lièges, des eucalyptus émergent des gros buissons de genêts et de lentisques au milieu desquels, souvent une eau limpide, trace des sillons de fraÎcheur et de vie.

Les gorges offrent un décor grandiose et titanesque par sa beauté et ses proportions. L’âpreté des roches en surplomb, la sévérité des montagnes s’élevant à pic sur les deux rives du canon qui murmure au fond de l’abîme, la route constamment suspendue sur l’abîme, tantôt creusée dans le flanc de la montagne, tantôt établie sur des arches de maçonnerie aux endroits durs de la paroi, des oiseaux de toutes sortes, points noirs là-haut, très haut, tellement hauts qu’ils semblent planer près du toit du monde, font ressentir au milieu de ce paysage, la fragilité de l’homme, et nul parmi ceux qui traversent ne peut se défendre d’un sentiment d’inquiétude ; c’est sans doute pour cette raison qu’on l’appelle « Chaabet-el-Akhra ». Lorsqu’on escalade les pentes de Gouraya et qu’on aboutit au mausolée, on jouit d’un panorama incomparable. Au bas, la ville apparaît comme un petit village de lilliputiens. Dans la buée opaline du matin disparaît la ligne d’horizon et le ciel semble se confondre avec la mer. Vers le Sud-Ouest, sur le flanc de cette montagne, apparaît Toudja noyée dans la verdure où coulent intarissables des sources arborant au milieu d’orangeraies séculaires, et, en face les massifs imposants des Babor et des Bibans jonchés d’une multitude de villages, points blancs à peine visibles. Lorsque le soleil, disparaissant à l’horizon, laisse derrière lui des nuages étincelants d’or, toutes ces montagnes sont diaprées des plus vives couleurs et se réfléchissent avec une netteté sur la nappe transparente et mobile; ce spectacle grandiose se ternit ensuite progressivement, sous l’influence des vapeurs humides de la mer, en passant par des nuances des plus variées. A ce spectacle enchanteur, la rade offre un havre aux navires et barques de pêche que peu de côtes de la Méditerranée possèdent. C’est sans aucun doute, pour ces raisons que les Phéniciens avaient choisi ce lieu pour l’un de leurs comptoirs-colonies, que les Romains conservèrent et que En Nacer Ben Hammad ( Dynastie Berbère ) y édifia sa capitale.

La population et ses origines

A l’époque romaine, les populations qui occupaient la région étaient connues sous le nom de Banioures, de Kedamouziens (Ketama) et des Babares (desquels vient le nom Babor donné à la montagne) dans les massifs des Babors et de Tababort. Sur les deux rives de la Soummam, en amont, vivaient les Nababes et les Masinissences (Imsisen) concentrés sur les pentes occidentales des Bibans, et en face sur les pentes du mont Ferratus (Djurdjura) ; plus bas, et sur l’autre versant du Djurdjura dominaient les Quinquegentiens dans l’espace compris entre Bougie et Dellys. Ibn Kheldoun les rattache à la tribu des Sanhadja dont ils constituent les deux branches : Zouaoua à l’Ouest, Ketama à l’Est. Les Zouaoua occupaient les territoires s’étendant entre EI Djazair bled Mezghena (Alger) au golfe occidental de Bougie. Ils «habitent au milieu des précipices formés par des montagnes tellement élevées que la vue en est éblouie, et tellement boisées qu’un voyageur ne saurait y trouver son chemin. C’est ainsi que les Béni-Ghobrin habitent le Ziri, montagne appelée aussi Djebel – Zan, à cause de la grande quantité de chênes-zen dont elle est couverte, « et que les Béni-Feraoucen et les Béni-Iraten occupent celle qui est « située entre Bougie et Tedellis (versant Ouest). Les Fenaïa, la vallée et les pentes orientales du Djurdjura. Cette dernière montagne est une de leurs retraites les plus difficiles à aborder et les plus faciles « à défendre; de là ils bravent la puissance des gouvernements, et « ils ne paient l’impôt qu’autant que cela leur convient … »

« Les Ketama occupaient les territoires s’étendant entre El Coll et Bougie le long du littoral, et les plaines du Midi jusqu’au massif des Aurès. Leurs principales villes étaient: Igudjan, (près d’Ain El Kebira), Sétif, Baghaïa, Negaous, Bélezma, Mila, Kessentina, Skikda, El Coll, Djidjel … »

Dans la région qui nous préoccupe, la fusion entre Ketama et Zouaoua si proches les uns des autres, s’enrichit de nombreux apports extérieurs. A l’époque phénicienne et carthaginoise, des éléments orientaux et maghrébins de l’Est s’étaient déjà fondus dans la masse au moment de l’établissement des Romains. Les Berbères romanisés au service de l’Empire venus des localités voisines ou des provinces lointaines en qualité de fonctionnaires se sont intégrés eux aussi à la masse des indigènes.

C.L. Féraud raconte qu’en 1848, il fit connaissance à Béjaïa de Cheikh Hassen Ben Ouareth qui lui apprit que certaines tribus locales descendraient de « Roumain » : « Les Aït Ali ou-Rouma, dans la tribu des Ouled Abdel Djebar, sur la rive droite de l’oued Soummam; tous les habitants de fraction qui se compose de trois villages : Ighil Ibezerad, Tiachafen, Aït Allaoua sont très fiers et très jaloux d’une origine qui les fait descendre, assurent-ils, des anciens possesseurs de Bougie (Saldae) envahie par des conquérants et refoulés dans l’intérieur des terres. Ils appuient leurs prétentions sur l’analogie même du nom de leur fraction. Le village d’lghzer el Kobla, dans la fraction des Aït Ferguane chez les Béni-Immel, ses habitants affirment aussi descendre des chrétiens chassés de Tiklat (ancienne Tubusuptus).

Il faut dire que le mot « Rouman » désignait sans distinction, Romains, Vandales, Grecs (Byzantins) et tous ceux qui n’étaient pas d’origine berbère, et que le mot « Afariq » désignait les Berbères romanisés. L’intégration de tous ces éléments à la société indigène ne se fit que lentement et progressivement en raison des dispositions consenties aux non-musulmans aux débuts de l’Islam. Les Emirs de l’Ifriqia les utilisèrent à leur service dans l’armée et dans l’administration. Les Romains désignaient par Quinquegentiens les cinq tribus les plus importantes de la Kabylie qui les avaient continuellement combattus et ne s’étaient jamais soumises. C’étaient: ifenaïen, Imsissen (sur le versant oriental), Ait Irthèn, Ait Feraoucen, Ait Ghobrini (sur le versant occidental).

(Recueil des notices et mémoires de la Province Constantine)

Ibn Khaldoun. Histoire des Berbères T.I pp 257-7

Idem, p. 291

Les Français prétendaient que la tribu d’Idjissen descendait de Carthaginois en raison de leurs mœurs et du type de tatouages portés par leurs femmes. (C.L.Feraud. Revue africaine, 1857, n° 12.)
Ziadat Allah (817- 838) s’en servit pour combattre les troubles fomentés par les Milices arabes, son général se nommait Ben Abdellah El Ifriqi (ce qui atteste son origine) ;
Abou Mohamed Ziadat Allah II (863-864) avait pour chef de sa garde Foutouh El Massihi (sans doute en raison de la religion qu’il continuait à pratiquer) ;
Abou Ishaq Ibrahim Ben Ahmed (Ibrahim II) (875-902) avait comme chef de bureau de l’impôt foncier, Sawada d’origine chrétienne.

L’historien El Yacoubi contemporain de l’Emir Ibrahim II, visitant l’Ifriqia écrivait: « les populations de l’Ifriqia se composent: d’Arabes, de Perses et d’Autochtones composés de Berbères, Roum et Afriq. Les Berbères constituent la grande majorité de la population et parlent leur langue; ils sont groupés en tribus indépendantes les unes des autres. Les descendants de Byzantins constituent des îlots aux flancs des Aurès et dans la plaine de l’Ifriqia. Les Afariq reste des Berbères romanisés, qui n’avaient pas encore embrassé l’Islam, résident dans les anciennes places fortes byzantines souvent aux côtés des Roums, et parlent un « berbère latinisé … »

Un siècle après, El Bekri faisant le même voyage, mentionne l’existence de Rouman mais point d’Afariq, ce qui laisse supposer que les Berbères romanisés se sont réintégrés dans leurs tribus d’origine ou avaient constitué des communautés spécifiques. Les descendants des immigrés d’origine grecque qui se fondirent par métissage dans la masse des habitants locaux et les descendants des Berbères romanisés ou des colons Romains n’étaient pas, du reste, également répartis dans tout le territoire ; ils étaient plus nombreux dans le royaume des Aghlabides plus tolérants sans doute que leurs voisins les Ibadides de Tahert, démocratiques dans leurs institutions, mais très actifs et convainquant dans leur action prosélytique.

Depuis le XIème siècle la région de Béjaïa, théâtre de nombreux événements à partir de la deuxième moitié du XIème siècle, sa population dans ses conditions de vie comme dans sa composition ethnique en connut des répercussions importantes. Les époques les plus saillantes de ces bouleversements furent ; la transformation de Béjaïa en capitale par les Béni-Hammad – l’occupation de cette ville par les Espagnols – la domination de la région par les Français. En l’an 460 (1067-68), écrit Ibn Khaldoun. En-Nacer Ben Alennas (des Bénou-Hammad) s’empara de la montagne de Bougie. A Béjaïa, localité habitée par une tribu du même nom, il fonda une ville à laquelle il donna le nom d’En Nacéria mais tout le monde l’appelle Begaïa, du nom de la tribu» (l’altération du g en j a donné Béjaïa, mais les Kabyles l’appellent Begaït. En Nacer fit venir de la Kelâa des Béni-Hammad et des environs des milliers d’ouvriers pour construire en quelques mois l’immense mur d’enceinte flanqué de bastions qui part des rives de la mer et s’élève jusqu’au mont Gouraya où il se perd dans les rochers abrupts. L’enceinte terminée, il encouragea ces ouvriers à construire leur propre maison et, afin que le manque de matériaux ne devint pas un obstacle à leur réalisation rapide, il obligea tout individu qui voudrait pénétrer dans la cité, quelle qu’en soit la raison, à apporter au moins une pierre sous peine d’une amende égale à un « Naceri ». Ce moyen réussit fort bien tant auprès des grands que des humbles. La ville prit forme en peu de temps avec ses rues, ses boutiques, ses mosquées, ses fandouks et caravansérails, ses écoles, ses quais, etc … Les environs de la ville, convertis en jardins, furent ornés de nombreuses villas, de norias, de bassins d’irrigation, créant ainsi un climat de paix et de prospérité. Pour lui et sa famille, En Nacer fit construire un palais d’une grande beauté dont les colonnes en marbre rose furent importées de Gênes; les meilleurs artisans et artistes italiens, tunisiens, andalous furent engagés à la finition de l’œuvre. Il l’appela Ksar-Louloua (Le château de la perle).

Palais Hammadite

Le goût des créations rapporte la légende, devint chez Moulay En-Nacer une passion qui l’absorba complètement, il ne songeait plus à de nouvelles conquêtes, négligeait même l’administration importante du reste de son empire, consacrant ainsi tout son temps à surveiller l’exécution des travaux qu’il a conçus et ordonnés. Suivis des grands de la cour et de nombreux musiciens, il montait chaque soir en bateau et se rendait au milieu de la rade pour mieux contempler de là les progrès de son œuvre civilisatrice». Il parvient, un jour à tirer de ses méditations, Sidi-Mohamed Touati personnage vivant dans l’ascétisme, vénéré de tous, et l’emmena dans sa promenade au milieu du golfe. « Admire, lui dit Moulay En-Nacer, les progrès de mon entreprise et la splendeur dont brille aujourd’hui notre capitale du sein de laquelle s’élèvent majestueusement les minarets de plus de cent mosquées. El Yacoubi ( Abou El Abbas Ahmed Ibn Yacoub ) d’une famille de hauts fonctionnaires de l’empire abbasside, fut lui même homme de gouvernement auprès de plusieurs souverains orientaux plus ou moins dépendants de Baghdad. Pour le service de ses maitres ou pour sa propre satisfaction, il voyagea beaucoup, séjournant dans les pays et y menant des enquêtes. Agent au pouvoir, et moins géographe qu’historien, il se montre avant tout curieux des populations et des revenus que l’Etat en tire. Il a écrit le résultat de ses investigations dans le « Kitab el Buldan ». Il mourut en 284 (897. J.C).

Les Afariq sont les Béni-Fergan (Berbères romanisés, les africains en langue berbère). Persécutés par les Vandales, ils se regroupèrent autour des places fortes quand vinrent les Byzantins, ils y étaient quand vinrent les Arabes. Les guerres les acculèrent à décrocher pour se réfugier dans les montagnes qui prirent leur nom : Béni-Fergan. Ceux qui demeurèrent dans la plaine autour des centres fortifiés devinrent musulmans très tôt, mais on continua à les appeler les Béni-Fergan. On appelait cette montagne «Adrar Imsyouen » la montagne d’Imsyouen du nom de la tribu qui y habitait cette partie s’appelait Timsioueth. Les Espagnols l’appelèrent Bugia d’où les Français tirèrent le nom Bougie.

« Bejaia n’est-elle pas la plus belle ville du monde et n’est-elle pas digne du nom de Meka-Seghira ?

Sidi Touati, au lieu de s’enthousiasmer devant ce magnifique tableau, adressa au contraire, de vives remontrances au sultan; blâma son ambition et sa passion aveugle pour le luxe et la manie des créations. Tu oublies, disait-il, l’instabilité des choses humaines; apprends donc que les monuments que tu t’obstines à élever à grands frais tomberont en ruines, seront réduit en poussière et la renommée que tu espères fonder sur leur durée s’écroulera comme eux avec le temps. Moulay En-Nacer paraissant sourd à toute exhortation, Sidi-Touati ôta son burnous le déploya devant le sultan pour lui cacher la vue. A travers ce rideau improvisé et devenu transparent En-Nacer aperçut une ville, mais ce n’était pas la sienne; partout le sol jonché de ruines, les mosquées, le palais et les resplendissants édifices disparus; en un mot, ajoute la légende, il vit Bejaia des «temps modernes et presque inhabitée.

Après cette manifestation magique, En-Nacer, vivement impressionné et comme frappé d’aliénation mentale, renonça aux honneurs, abdiqua en faveur de son fils, et à quelques temps de là disparut pendant la nuit (1089). On fit pendant quatre ans des recherches les plus minutieuses pour découvrir sa retraite. Enfin, une barque de pêcheurs aborda « un jour, par hasard l’Îlot de Djerba au nord de Gouraya. Les marins trouvèrent sur ce rocher un anachorète presque nu et réduit à un état prodigieux de maigreur; c’était Moulay En-Nacer. La nouvelle de cette découverte ne tarda pas à être connue à Bejaia. Moulay En-Nacer, inébranlable dans sa résolution persista dans son isolement et mourut enfin sur son rocher …

Une autre légende prétend que Sidi-Touati l’ayant décidé à rentrer dans le monde, Moulay En-Nacer vécut longtemps après. Laissant les rênes de son gouvernement entre les mains de son fils El Mansour, il serait parti à la tête d’une armée en Espagne participer à la lutte contre les chrétiens où il finit ses jours. La renommée de Bejaia attira de partout des savants, des commerçants, des poètes, des artistes, des marins, donnant ainsi à la ville l’aspect d’une capitale d’un pays prospère et le siège d’une puissante dynastie. La ville prit alors une ampleur considérable.
Les murailles de l’enceinte l’entourant de l’Est et à l’Ouest lui donnaient l’aspect d’un rectangle de 140 à 150 hectares.

La ville se divisait en vingt-un quartiers.

Chaque quartier avait sa mosquée ou sa zaouia.

Les principaux édifices construits par les Bani-Hammad acquirent une grande renommée pour leurs richesses et leur splendeur artistique.

Pendant que la ville de Bejaïa gagnait en importance, celle de la Kelaa déclinait peu à peu, d’abord avec le départ de Moulay En-Nacer que suivirent de nombreuses familles de toutes conditions; ensuite, avec El Mansour (1090) fuyant la pression et l’insécurité que faisaient régner les tribus des Benou-Hillal sur le voisinage, et enfin, à la suite de la victoire de Abdelmoumen Ben Ali sur les Beni-Hammad et la chute de la Kelaa (1152).

Déjà sous le règne de En-Nacer et de El Mansour, de nombreuses familles avaient été implantées en des points stratégiques dans les montagnes des Bibans, des Babors et sur les flancs du Djurdjura pour constituer une ceinture de sécurité contre d’éventuelles incursions des Beni-Hillal. Ce fut à partir de cette époque que se constituèrent certains villages dans ces contrées. Etat de la ville à rapprocher avec son aspect des suites de la bataille livrée contre les Espagnoles en 1509 El Mansour (1089-11014) succédant à son père En-Nacer ne s’établit à Bougie qu’en 1090 (il était demeuré à la Kelaâ). Il poursuivit l’œuvre de son père sans défaillance. (Revue africaine, N°12 Article de C.L. Féraud).

Selon Ibn-Khaldoun, le départ des populations de la Kelaâ débuta, pour certains, dès l’apparition dans le voisinage des éléments précurseurs de la tribu des Benou-Hillal. La légende rapporte de la manière suivante les circonstances qui avaient amené Yala et sa famille à émigrer dans les Babors, région appelée aujourd’hui «Aït Yala-nath-Zemmourine». Yala avait un jardin aux portes de la ville où il cueillait le raisin de sa vigne en cet été de 1061. Le transport se faisait à dos d’âne dans des choiris. Habituée au même chemin, la monture regagnait seule le domicile où l’attendait le fils qui déchargeait le fardeau. L’âne revenait au jardin où Yala et ses autres enfants accomplissaient leur tâche. Le va-et-vient se faisait sans encombre. Les gens habituées à la discipline imposée par le prince El Mansour, étaient correctes, honnêtes, respectueuses des biens d’autrui, ce qui faisait de la capitale un havre de paix et de prospérité. Au cours de ce va-et-vient, l’âne, un jour, tarda à revenir. Yala, inquiet reprit le chemin habituellement suivi par sa monture. A quelques pas de là, il le vit arrêté, la charge en déséquilibre. Quelqu’un s’étant donc amusé à perdre quelques grappes de raisin fit pencher la charge qui obligea la bête à s’arrêter. Après avoir rétabli l’équilibre, Yala reconduisit l’âne à la maison. Mais non loin des remparts, il vit des individus étranges qui s’apprêtaient à camper au milieu de leurs hameaux. Il ne douta plus des auteurs du vol de son raisin. Le soir, quand tous les siens étaient rentrés, il tint un conseil de famille pour discuter des événements de la journée et des mesures effrayantes qui circulaient sur les nouveaux arrivés. Après que chacun ait donné son avis sur l’attitude à prendre en la circonstance, Yala exprima le sien en ces termes: l’homme au méhari dont on avait vaguement entendu parler est sous nos murs, d’un moment à l’autre, nous risquons d’être ses victimes, son geste d’aujourd’hui atteste qu’il est sans scrupule et qu’il ne respectera pas le bien d’autrui, il faut avant qu’il soit trop tard quitter ces lieux, et pour ne point éveiller l’attention des voisins, nous allons faire semblant de nous disputer et décider, sous le mouvement de la colère, la vente de nos biens à l’exception de la maison. Quant au troupeau, il partira dès l’aube et nous attendra à une journée de marche vers le nord.

Le lendemain tout se passa comme prévu, et, la nuit tombante, rien ne manquait pour le départ. Au moment où tout le monde dormait, que la ville était déserte, Yala et ses gens quittèrent pour toujours la Kelaâ. Au matin, les voisins s’étonnant du silence qui régnait dans la maison, forcèrent la porte. Les chambres étaient vides, quelques objets sans valeur gisaient ça et là. On remarqua cependant dans un coin un Gassaâ (plat en bois). Quand on la souleva on découvrit deux pigeons : l’un après quelques mouvements s’envola, l’autre se blottit dans un coin. On s’aperçut qu’il portait quelque chose au cou ; c’était un pli portant l’inscription suivante : celui qui a des ailes s’envole, celui qui en est dépourvu reste à la merci du premier venu». Il faisait allusion à l’intrusion des nouveaux étrangers et conseillait à ceux qui étaient conscients du danger de quitter le pays alors qu’il était encore temps.

Après quelques jours de marche, Yala et sa famille campèrent au bord de la rivière Chertioua, au nord de Bordj Bou Arreridj, mais ce lieu n’offrait pas les garanties suffisantes de sécurité et de viabilité : de l’eau tiède, des moustiques pas d’abri sûr contre un éventuel ennemi chargea donc son berger de repérer dans la montagne un endroit de conditions avantageuses. Ce fut grâce à 1’un des ces boucs appelé « Abadh» qu’il trouva une clairière bien abritée, facile à défendre, au bas de laquelle coulait une source fraîche et abondante ou sa bête venait se désaltérer aux heures chaudes de la journée. Yala s’y établie et prospéra. Mais l’exode le plus important fut enregistré lors de l’écrasement de la Kelaâ par les Almohades. Les populations s’éparpillèrent dans les localités voisines de Béjaïa pour bénéficier de la protection directe du souverain, et dans les montagnes du Djurdjura. Biban, Babor ainsi que dans la Vallée. Nombreuses les familles qui se disent aujourd’hui originaires de la Kelaâ, tels les Beni-Yala d’El Adjissa qui couvrent toute la région de Bouira et de Beni Mansour, les Sanhadja, les Beni-Messaoud, les Beni-Mimoun, etc… Béjaia, elle-même, n’échappe pas aux représailles du vainqueur, Moulay Yahia, démit de son trône par les Mouménides, les personnalités connues pour leur attachement à l’ancienne dynastie furent expulsées, elles se rendirent à Alger, Tunis, Constantine où elles trouvèrent refuge et emploi; les autres partisans se retirèrent dans les montagnes voisines où elles s’intégrèrent peu à peu aux tribus Mezaïa, Zouaoua, Fenaïa, Djobabra, entre autres. La région connut, dans son ensemble, un bouleversement important, d’une part par la perte de nombreuses familles citadines parmi les plus aisées et les plus célèbres par leur savoir ou leurs fonctions, et d’autre part par l’implantation de nouveaux habitants dans les montagnes jusque là relativement peu peuplées. La constitution de trois royaumes à la suite de l’effritement de l’empire mouminide redonna, en certaines périodes à Bejaia EI-Hafsia sa renommée de capitale intellectuelle, sa prospérité et sa puissance dans le Maghreb, des familles venues de toute part d’Andalousie, de Tunisie, de Tlemcen apportant leur savoir et leurs richesses s’établirent en ville ou dans la proche banlieue, les commerçants et les gens de métiers les tribus voisines grossirent à leur tour la population active, redonnant ainsi aux Bougiotes un sang nouveau.

Au cours des guerres que se sont livrées les Hafsides, les Mérinides et les Abdelwadides, la région de Bougie subit à nouveau la présence d’étrangers, et parfois durant de longues années. On se souvient du long siège de Béjaïa par Abou Hammou, Sultan de Tlemcen, qui, n’ayant pas réussi à s’emparer de la ville, se retira sur ses terres laissant à Tiklat, à Yakouta, à Hisen Beker, à Tamezezdekt plus de trois milles hommes (Tudjin et Zenata) avec leurs familles. Ceux-ci s’y étant définitivement établis épousèrent par la suite, la cause de Moulay Abdelaziz. Ce fut donc un apport de plus à l’élément ethnique de la Vallée. Aujourd’hui aucune famille ne se dit, Zenata ou Tenoudji tant l’intégration a été totale et profonde.

La population citadine de Bejaia subit un autre bouleversement dans sa composition ethnique lors de la prise de la ville par les Espagnols en 1509. Ceux-ci, dans leur acharnement à détruire la ville pour acculer les défenseurs à la reddition, obligèrent toute la population à évacuer, pour répondre à la politique de Charles Quint leur roi, qui visait à la création de places fortes et de colonies peuplées uniquement de chrétiens. Mais, du fait de l’incapacité de la Métropole à ravitailler la garnison, et de celle-ci à vivre de ses propres moyens, cette politique aboutit à Un échec qui obligea les gouverneurs à solliciter le retour des habitants auxquels ils promirent le libre exercice de leur culte, de commerce et de langue. Très peu de personnalités de la cour Hafside réintégrèrent: les Andalous et pour cause – s’expatrièrent tous, une fois de plus, vers Alger, Tunis, Kesentina. Des anciens Bougiotes ne revinrent que ceux qui, originaires des environs, s’étaient réfugiés non loin de là. La ville s’était repeuplée de nouveaux habitants descendus des montagnes voisines Imzaïen, Ifenaien, Zouaoua, Aït Djebar. En 1511, les Espagnols, d’après El Mérini, les évaluaient à huit mille. Résidant hors des quartiers réservés aux chrétiens et n’ayant pas accès au port. Les nouveaux Bougiotes vécurent en relation seulement avec l’arrière pays qui leur fournissait ses produits qu’ils revendaient aux Espagnols. Cette Situation qui leur fermait les horizons habituels, jointe aux désirs de tous de chasser l’étranger de leur sol, amenèrent les Bougiotes ,d’accord avec leur Prince, à contacter Arroudj et son frère Kheiredine pour une aide militaire. On sait que la ville ne fut libérée qu’en 1555 par Salah Raïs.

A partir de ce moment, Bougie devint une ville parmi tant d’autres du beylek de Kesentina. Sa population s’enrichit de nombreux Andalous chassés d’Espagne à la suite de leur révolte de 1573, et de leur expulsion définitive en 1609 ; elle accueillit les Turcs retraités civils ou militaires qui y exercèrent leurs fonctions, elle abrita tous ceux qui vinrent étudier, commercer, exercer un métier manuel ou intellectuel; elle offrit un havre sûr aux navigateurs aux armateurs, aux corsaires de toutes les nations. Cette population hétérogène conserva pendant longtemps sa diversité. Kabyles, Andalous, Turcs et Kouroghlis, n’admettaient de mariages qu’entre les personnes de même « race », sans que pour cela l’entente et l’amitié entre tous ne fussent altérées. La langue kabyle, parlée par la très grande majorité des habitants devint la langue véhiculaire, la langue materne!le de ceux qui, à l’origine, n’en connaissaient pas un mot.

En 1833, quand les Français, sous le commandement du général Trézel, débarquèrent à Bougie, la population ne dépassait pas 2000 âmes. Une bonne partie avait déjà quitté les lieux, les Turcs en particulier, dès l’occupation d’Alger et de sa banlieue. La résistance à l’envahisseur et la répression du vainqueur qui en suivit réduisirent considérablement les familles qui demeurèrent en ville.

En 1835, des raisons politiques et surtout le voisinage de peuplades constamment hostiles, décidèrent les autorités françaises à réduire l’étendue de l’ancienne enceinte. Cette mesure eut pour résultat d’amener la ruine immédiate de plusieurs quartiers et de motiver, le départ de la majeur partie des habitants qui, ne trouvant pas à s’établir à l’intérieur de la ville, émigrèrent en Kabylie (Djurdjura, Babor, ou Biban), à Alger, Annaba, Constantine et même à Tunis. En 1848, Bougie avait peu progressée, la population composée de quelques Kabyles citadins, quelques modestes Kouroghlis et Andalous d’extraction, que le manque seul de ressources avait empêché de suivre l’émigration, s’élevait, dit C. Féraud, à trois cents individus, tout au plus.

La population Bougiote ne se reconstitua que beaucoup plus tard avec les Mezaïas des environs. Les barrières raciales qui existaient auparavant disparurent. Les intérêts communs, la connaissance approfondie des uns et des autres née d’une longue cohabitation, les circonstances économiques et politiques entraînèrent le brassage des populations qui donna le type bougiote actuel avec son particularisme qui le fait distinguer d’entre tous.

En 1248, à la suite de la prise de Séville par Ferdinand III (12 Novembre1248), de nombreuses familles, parmi les plus aisées, vinrent s’établir en Afrique du Nord. La famille Ibn Khaldoun parmi tant d’autres, s’installa à Tunis où certains de ses membres furent investis de hautes fonctions dans l’Administration civile et militaire, A Bejaia, l’Emir Hafside en recueillit un certain nombre de ces Andalous qu’il utilisa en son service.Il faut noter que de nombreux Andalous avaient déjà quitté l’Espagne et s’étaient établis au Maghreb. Cet exode s’accentua avec les échecs des Emirs Andalous faces aux rois Chrétiens, particulièrement après la défaite désastreuse des Almohades le 16 Juillet 1212 à Las Navas de Tolosa. Cordoue elle-même ne résista plus est ses habitants durent émigrer à Grenade, Malaqa et en Afrique du Nord à partir de 1236 quand le roi Ferdinand s’y établit. Sanhadja ( région connue à Bougie). Beni Toudjin (Village de Toudjin) Abou Mohamed Ben Othman Tlili, prédicateur de la gronde mosquée, raconte que dans la journée du 25 de moharem le nombre de victimes s’éleva à quatre mille cinq cent cinquante gisant dans l’espace compris entre les deux portes de la ville. La veille de l’entrée des Espagnols à Bejaia tous les rescapés quittèrent la ville, une partie se réfugia dans les montagnes du côté de Djiidjelli, cette Montagne prit depuis, le nom de Djebel Béni-Miad. On dit que lorsque les Bougiotes s’éloignèrent de leur ville, ils marchèrent tous groupés, en masse, les arabes les appelèrent alors El Mïad (réunion d’homme) et ce nom est resté à la montagne dans laquelle ils se réfugièrent. D’autre allèrent chez les Zouaoua, d’autres chez les Béni-Yala el Adjissa…

D’après le manuscrit de El Merini traduit et reproduit par C.L. Feraud dans la revue africaine n°71 (12é année).

Un incident fut le prétexte ou le signal d’un horrible massacre. Soixante vieillards (rue du Vieillard) quelques femmes et enfants furent sauvés. Tout le reste avait fui ou était mort les armes à la main. Ainsi Bougie dont la population à notre arrivée était d’environ 1500 à 2000 âmes, subit à peu près toutes les conditions d’un enlèvement de vive force et les conséquences d’une ville prise d’assaut.
(Recueil de la province de Constantine p327)

El Mérini ajoute: Abou Said Ben Ahmed Taleb Zenati, secrétaire de l’Emir Mofok m’a montré une lettre dans laquelle le chef des chrétiens disait que les anciens habitants rentrés à bougie s’élevaient au nombre d’environ huit milles, y compris les hommes, les femmes et les enfants.
Même référence que ci-dessus.

Les Marabouts. Les marabouts existent dans tous les villages kabyles. Toutes les familles « maraboutiques » se disent « Chorfa » venues de sakiet El Hamra (Maroc). Pour comprendre l’origine de cette catégorie de population, son état d’esprit et son rôle, il faudrait remonter dans l’histoire du Maghreb pour situer les évènements qui l’avaient placée en ces lieux.

A la suite des guerres entre les descendants de Sid Ali (gendre du Prophète) et le Khalif El Hadi, échappant à ses poursuivants, Idris réussit en 172 (788-89) à atteindre Oulili dans le Maghreb El Acsa pour se mettre sous la protection (l’Anaïa) de la tribu berbère des Auréba dont sa mère en était issue. Il mourut en 793, après avoir conquis de vastes territoires et établi la capitale de son royaume de Fès. A son fils Idris II (793-828), succéda Mohamed (828-836) qui confia, sur les conseils de sa grand-mère Kenza (Berbère des Auréba) le gouvernement des provinces à chacun des neuf de ses frères et cousins. Celui du Maghreb Central dont le siège était à Tlemcen échut à son cousin Aissa, fils de Soleïman ben Abdellah (frère d’ldris I). Cette décentralisation du pouvoir fut la principale cause des dissensions internes, des guerres fratricides, de la décadence et de la chute de la dynastie idrisside (1068) sous les coups des Almoravides (El Mourabitine) après un siècle d’existence. Les membres de la famille Idris se dispersèrent dans tout le Maghreb. Ibn Khaldoun rapporte que Ibn Hamza dit que les membres de la famille Idris étaient nombreux au Maghreb et qu’ils avaient fondé plusieurs royaumes, mais, ajoute-t-il toute leur puissance a disparu et il ne reste plus un seul de ses chefs. Le même auteur fait observer que Hamza, celui dont le lieu de la province de Bejaia appelé Souk-Hamza (Bouira) porte le nom, appartenait non pas « à la famille des Idrissides, mais à la tribu arabe des Soleïm. Djouher, général de El Moëzz (El Fatimi) transporta les enfants de Hamza El Idrissi à Kairouan, mais plusieurs membres continuèrent à vivre dispersés dans les montagnes et parmi les Berbères du Maghreb. Il y en a tout de même très peu par rapport au nombre incalculable de familles maraboutiques qui se disent « Chorfa ». Les véritables descendants d’Idris, quelles que fussent les vicissitudes politiques, gardèrent leur prestige en tant que descendants du Prophète, leur fortune et leur rang social. Les gouvernements qui se sont succédé les avaient toujours ménagés, entourés de respect, et parfois, employés dans leurs services en qualité de muphti, Imam, Cadi, etc…

La grande masse des familles «maraboutiques» relevèrent en réalité, d’origines diverses. En effet, lorsque les Almoravides débutèrent dans leurs actions politiques et religieuses, et à la suite de leurs victoires sur les Idrissides, ils s’établirent au Maroc et au Maghreb Central; leurs disciples, partisans ou fonctionnaires étaient appelés « El mourabitine », c’est-à-dire du « Parti chargé de mission ». Les Almohades du nouveau « Parti Unitaire », vainqueurs en plusieurs occasions, s’emparèrent de leurs territoires obligeant les vaincus à la servitude ou à l’exil. Nombreux parmi ces Almoravides, les uns fuyant la répression, les autres par solidarité avec leurs «frères », quittèrent le pays. Un certain nombre d’entre eux se dirigèrent vers le Sud où un grand rassemblement se faisait à Sakiet-el-Hamra autour du Ribat. De là, individuellement ou par groupe, ils remontèrent vers le nord du Maghreb Central où ils se fixèrent, soit du fait du hasard, soit à la suite d’un choix. Les populations locales les appelèrent «El Morabitine» du nom du parti auquel ils appartenaient ou prétendaient l’être.

Il y avait, écrit Auguste Cour, des contrées qui avaient la « spécialité de fournir des marabouts. Les gens du Figuig se délectent «à l’exercice des lettres qu’ils apprennent à Fès, puis, quand quelqu’un est parvenu à la fin de ses études il retournait en Numidie et dans les montagnes Kabyles, se faisait Imam, prédicateur, professeur. Ce fut une autre source de l’origine des marabouts du Sud-Ouest qui envahirent le Tell algérien peu avant la conquête « turque …

Pour se rendre mystérieux, écrit Marmol, ils déclaraient venir du pays « lointain de l’Ouest (afin que nul ne puisse contrôler leurs dires), de Sakiet-el Hamra ». Ils étaient en somme des Berbères marocains chassés de l’Atlas par leurs vainqueurs. Certains individus parmi ceux-là profitant de la confusion, exploitant la crédulité et l’ignorance des masses, s’entourant d’un tas de mystères, s’imposèrent par leur étrangeté: derwiches, hurleurs, écrivains d’amulettes, prédicateurs, préparateurs de philtres, magiciens, etc … S’établissant souvent en dehors du village pour recevoir dans la discrétion absolue hommes et femmes à toute heure, ils se livraient à leurs exercices de machinations, intrigues, etc … sous couvert de religion, de guérisseurs et autres. Au bout d’un certain temps, ils s’alliaient aux familles locales parmi les plus honorables. De ce fait, ils acquéraient la protection du clan, et bientôt suffisamment des biens pour s’imposer dans les affaires de la collectivité; leurs descendants ayant su conserver la « place » acquise, ils firent perpétuer dans la tradition locale.

Il n’en fut pas toujours ainsi, certaines confréries envoyèrent dans les montagnes kabyles des missionnaires « Merabitines » chargés d’enseigner le Coran et de propager leur doctrine; souvent ils y demeurèrent, se créant un foyer familial et un noyau de disciples. Grâce à leur savoir, leur sagesse, leur simplicité, ils acquirent une telle renommée qu’on venait de loin les consulter sur des litiges d’ordre religieux et qu’on leur envoyait leurs enfants s’initier aux sciences islamiques dans leur Zouaoua généralement construite par la communauté des Khouan. Respectés de leur vivant, ils furent vénérés à leur mort; leur tombe ou leur mausolée, entourés de légendes, devinrent un lieu de pèlerinage. Leurs descendants qui suivirent la même voie, appelés «Ahl el ilm « , conservèrent le même prestige et jouèrent un rôle important dans la vie politique du pays (soulèvement contre les Turcs, contre la colonisation française). Les confréries et Zoui qui jouèrent un rôle religieux et politique important en Afrique du Nord furent: Les Qadéria et les Chadélia. La première s’était répandue de l’Est vers l’Ouest, grâce à ses Cheikhs de grands renoms venus des écoles de « Orient par l’Egypte. La seconde, répandue par Abou Zeïd Abderrahman El Madani s’était répandue dans l’Ouest avec peu d’adeptes à l’Est du pays. Mêlés, de bonne heure aux mouvements généraux du pays, les uns et les autres subirent le contre-coup de la politique des souverains. A la fin du XV eme siècle, Ahmed ben Youcef, de l’ordre des Qadéria, traqué pour sa doctrine par les émissaires du Sultan de Tlemcen, trouva asile à Béjaia auprès du sultan. Plus tard, il embrassa le parti des Turcs dont il fut un partisan actif. Ayant obtenu des dispOsitions particulières en faveur de sa confrérie, et par là à tous ses Khouan, ses successeurs furent les meilleurs instruments à la domination turque. Ceux-ci s’en servirent aussi bien Pour régler des différends locaux que pour combattre leurs adversaires.

Les Français suivirent la politique turque en ce domaine en soutenant certains chefs de Confrérie et de Zoui contre les mouvements de rénovation dirigés par les Ouléma.

Histoire des Berbères T.II, p. 571( 22 ) Auguste Cour.- L’établissement des Dynasties des Chorfa au Maroc, p. 8.( 23) Marmol – Description de l’A. du Nord, p.12.( 1 ) Toutes les confréries ont pour adhérents (Khouan) des Berbères en grande majorité.

Les noirs en Kabylie furent introduits par les Turcs en les admettant comme auxiliaires auprès de leurs garnisons de janissaires en Kabylie. Le Caïd turc de la Basse Kabylie, Ali Khodja, pour parer aux attaques incessantes de Si Ahmed Ben Ali Ben Khettouch (24), fit renforcer le Bordj de Tazarart et y installa une colonie de nègres (1720) appelés Abib-ou-Chemlal ramenés du Sud.

Le Caïd Mohamed Ben AIi connu sous le nom de Mohamed Debbah fit venir 400 noirs du Sud qu’il établi à Tala N’Zouia (Boghni) en 1746. Dotés de chevaux et d’armes, ils participèrent aux collectes d’impôts et aux opérations militaires. Le Dey Ibrahim Pacha autorisa ses Caids à attribuer des terres domaniales à ces nouvelles recrues. Ceux-ci s’y établirent avec leurs familles créant ainsi des mouls Abid. Dans le Sébaou, on les installa au sein de la tribu des Ait Amraoua, entre le confluent de l’Oued Aïssi, et l’oued Amraoua, au pied du Djebel Baloua. Cette colonie se divisa bientôt en trois fractions: Tazmalt n’Bou Khoudmi, Tazmalt n’Kaâ-ou-Meraï, Tazmalt n’Taba Othman.

Dans la région d’Akbou, la colonie noire fut installée près du passage de Chabet-EI-Ahmeur. Les colonies noires prospérèrent tant que les Turcs y demeurèrent puissants. Certains de leurs chefs épousèrent des femmes kabyles d’origine très modeste recherchant protection et sécurité pour elles-mêmes et pour leurs proches souvent étrangers à la tribu locale. A la longue; il se constitua une catégorie de population fort métissée qui s’intégra progressivement à la population autochtone.

La chute des Turcs obligea la grande majorité d’entre eux à chercher refuge et protection ailleurs. Ils émigrèrent ou se dispersèrent dans la région pour offrir leurs services aux puissantes familles locales. Ceux de la grande Kabylie, furent admis chez Belkacem ou Kaci de Temda el Belat, Mohand ou el Hadj de Taguemount ou Aamrouche. Ceux d’Akbou furent engagés par Ourabah qui les cantonna à Ighil Alouanène dans les Ait Tamzalt; par Mohand-Ou Châbane qui les établit à Tighilt-Amérian dans les Fenaïa ; par Mohand-Ou Chalal qui les installa à El Flaye dans les Béni-Oughlis ; par Ben Ali Chérif qui les mit au service de sa zaouia de Chellata. On leur donna des noms rappelant leurs origines: OuId Abid ; Aberkane; Berkane; Lekehal; Akli.

Activités économiques et culturelles:

1-Caractère sociologique :

Le Kabyle, d’une manière générale, habite sa propre maison construite de pierres et recouverte de tuiles. Il possède une parcelle de terre que des murs, haies ou fossés séparent de son voisin. Les limites, comme le tour d’eau d’arrosage, sont sacrées, nul ne peut les violer sans risques d’incidents graves. Industrieux et sédentaire, intelligent et actif, sobre et rompu à la fatigue, il s’adonne à toutes les besognes pour gagner sa vie et celle des siens. Il émigre facilement quand les occupations locales ne suffisent pas; dans ce cas, un membre de la famille demeure au village pour veiller au patrimoine familial.

Dans la famille, la femme jouit d’une grande liberté; en l’absence du mari, elle fait face aux travaux agricoles, s’occupe de l’éducation des enfants, répond aux obligations de la communauté. La polygamie étant extrêmement rare, la cellule familiale demeure ferme, et prospère dans le cadre de l’indivision pour sauvegarder sa puissance ; quand celle-ci est brisée, la fille n’hérite pas afin que les biens ne passent pas en des mains étrangères, mais elle conserve le droit permanent de gîte sous le toit paternel.

La communauté vit dans le respect des traditions parfois séculaires, Chaque village dispose d’une Djemâa, assemblée de représentants de chaque famille ou fraction. Un Cheikh (Amokrane) élu préside aux délibérations. La justice y est rendue très souvent d’après « el-Adda », droit coutumier, et le Kanoun, usages antiques sanctionnés par la pratique qui tient lieu de code civil, pénal, administratif et militaire. Ces lois dictées par l’expérience reflètent les besoins et les intérêts individuels dans le cadre de la collectivité, ainsi que les obligations de celle-ci dans le cadre national. Egalité de tous ses membres, absence de privilèges, respect de l’individu, de sa femme, de sa maison, absence de peines corporelles et de prison (la dignité de l’homme libre – Amazigh – est respectée et demeure sans tâche), liberté de commerce, marchés ouverts à tous, charges proportionnelles aux richesses, etc …

La solidarité est de rigueur dans le village. La «Touiza » permet à chacun d’exécuter ses travaux avec l’aide de tous (cueillette des olives, construction d’une maison, mariage, décès, etc.). Les travaux d’utilité publique consistant en ouverture et réparation de chemins, entretien des fontaines, de la mosquée, du cimetière, s’exécutent en commun.
« L’Anaïa » (protection) pratiquée par toutes les familles, pauvres ou riches vis-à-vis d’un étranger de passage, un transfuge poursuivi par ses ennemis, ou seulement un individu qui désirerait s’implanter dans le village, fut souvent la cause des frictions et même des affrontements entre familles ou villages. « L’Anaïa » accordée par n’importe quel membre de la famille, l’honneur de tous ses membres se trouve engagé, et nul ne peut l’enfreindre sans encourir une vengeance. (La vengeance cesse, an certaines régions si le fugitif accepte d’exercer la fonction «humiliante» de boucher).

Le devoir de chacun à défendre l’inviolabilité du pays, met chaque famille, en temps de guerre, dans l’obligation de mettre à la disposition du Chef, des hommes pourvus de leur nourriture et de leurs munitions. Ceux-ci combattent un certain temps puis reviennent au village pendant que d’autres, fidèles à l’engagement de la fraction, assurent la relève. En raison du peu de temps que chaque guerrier passe au combat, du renouvellement constant des combattants, et la suspension des hostilités en mauvaise saison, ou au moment des gros travaux agricoles (cueillette des olives), le succès n’est pas toujours exploité à fond contre l’ennemi, alors que celui ci, grâce à une armée de soldats permanents disposant de grands moyens, persisté dans son effort défensif ou offensif Cette tradition, Sans doute millénaire, fut un handicap sérieux aux chefs militaires, et souvent la cause principale de leurs échecs dans leur lutte contre l’étranger. Elle ne disparaîtra qu’à l’époque moderne guerre de libération (1954-1962).

Dans toutes les guerres, quelles qu’elles soient même entre villages, il n’est pas rare de voir des femmes s’approcher de la mêlée encourageant, excitant par leurs youyous et leurs cris, portant secours aux blessés, aidant à enlever les morts, partageant les périls de l’action, les soucis de la défaite, la joie du succès (26). Toutes ces traditions d’ordre économique, politique et social résistèrent à toutes les influences extérieures. Alors qu’à Bougie, le sultan gouvernait par l’intermédiaire de ses vizirs, possédait une administration et des fonctionnaires, rendait la justice conformément au droit musulman, entretenait une cour brillante de savants, poètes, érudits de toutes sortes, l’arrière-pays demeurait figé dans ses institutions anachroniques, obéissant par tradition depuis des générations à des chefs issus de certaines familles, ne consultant que ses propres cheikhs pour résoudre ses litiges religieux, et sa Djemâa pour régler ses différends. Le sultan, en fait n’y exerçait aucun pouvoir temporel sinon sur les chefs traditionnels qui répondaient quand ils le désiraient du tribut ou des impôts forfaitaires de la collectivité payés souvent en nature.

Les Turcs ne modifièrent en aucune sorte cet état de choses. Le pouvoir du Caïd turc à Bejaia ne dépassait pas la banlieue de la ville ; celui des commandants des garnisons ne concernait que les janissaires en exercice ou en retraite; ils étaient là uniquement comme forces de police pour servir d’appui aux chefs traditionnels dans leur collecte des impôts ou, épaulés par le makhzen, obliger les récalcitrants à se soumettre aux obligations générales. La colonisation française, après une lente évolution dans son administration, institua des assemblées communales où les représentants de la population étaient sensés débattre ses problèmes, mais la Djamaa de chaque village ne se départit jamais de son rôle au service de la collectivité. (Toutes les traditions sont demeurées intactes jusqu’à l’indépendance La révolution a produit un éclatement de la famille, de la société même il y eut un changement radical dans les mœurs dans les traditions dans les rapports avec les voisins-mêmes).

2) Activité économique

Pays très accidenté et relativement pauvre ; population très dense mais courageuse et laborieuse, hommes et femmes travaillent. Partout, à la maison, dans l’échoppe, au jardin, aux champs, chacun selon ses possibilités produit l’un pour assurer la subsistance familiale, l’autre pour faire prospérer ses affaires. Aussi les marchés hebdomadaires abondent-ils en tapis du Guergour, couvertures (hanbal) de Zemmoura, tentures des Béni-Oughlis et des Béni-Ourtilane, burnous des Béni-Abbas, étoffes aux couleurs chatoyantes importées d’Alger, de Constantine, de Tlemcen; épices des Gaouaoua, caroubes, huile et beurre, miel, légumes et fruits, moutons, chèvres, vaches, bœufs, ânes, mulets, etc Les transactions importantes se font le jour du marché. Les commerçants drainent leurs marchandises vers les villes de l’intérieur ou vers le port de Bougie pour l’exportation. En plus des produits de l’arrière-pays, le commerce local s’enrichit des produits de luxe fabriqués par les artisans Bougiotes: chaussures féminines, étoffes en soie, ustensiles en cuivre, bois de chêne, de noyer et de pin, cuirs tannés de grande qualité, etc …

Cette activité intense faisait de Béjaia un port international grâce aux transactions avec les puissances étrangères qu’opéraient les Béni-Hammad, puis les Béni-Hafs. La ville n’avait pas cent ans d’existence quand El Idrissi écrivait: «de nos jours, Bejaia fait partie de l’Afrique moyenne, et est la capitale des Béni-Hammad. Les vaisseaux y abordent, les caravanes y viennent et c’est un entrepôt de marchandises. Ses habitants sont riches et plus habiles ,dans divers arts et métiers qu’on ne l’est généralement ailleurs, en sorte que le commerce y est florissant les marchands de cette ville sont en relation avec ceux de l’Afrique occidentale, ainsi qu’avec ceux du Sahara et de l’Orient; on y entrepose beaucoup de marchandises de toute espèce. Autour de la ville, sont des plaines cultivées, où l’on recueille du blé, de l’orge et des fruits en abondance. On y construit de gros bâtiments, des navires et des galères, car les montagnes et les vallées environnantes sont très boisées et produisent de la résine et du goudron d’excellente qualité; variété de viandes. Dans ce pays, le bétail et les troupeaux réussissent à merveille et les récoltes sont tellement abondantes, longtemps ordinaire, elles excèdent en besoins des consommateurs et qu’elles suffisent dans les années de stérilité. Les habitants de Bougie se livrent à l’exploitation des mines de fer qui donnent de très bon minerai. En un mot, la ville est très industrieuse, c’est un centre de communications très important…

A partir de 1625-1626. La famille Bel Kadi (ancien roi de Koukou) est connu sous le nom de Oulad Bou Khettouch. Les descendants de Bou Khettouch existent encore à Tamda, à Djemâa Sahridj et à Souama, ils disposent d’un certain nombre de documents attestant cette ascendance. La fille de Amar Bel Kadi Ben Khettouch marié avec Si Chérif Boutouch des Aït Boutouch de la tribu des Aït Idhourar eut un fils qui devint plus tard Caïd du Sebaou et Bey du Tittri. Ses descendants s’étaient établis à Blida. Revue africaine T7, p. 293 p.8, p.365(25) Le Caïd Mohamed Ben Ali fut appelé Mohamed Debbah (l’égorgeur) en raison de sa cruauté. Il fit égorger, dit-on, plus de 1200 kabyles, faits prisonniers au cours des campagnes dans la région(27) On exploitait:1) les mines de fer situées entre Berbacha et les Béni-Slimane les mines de fer des. Béni-Slimane près de Kombita. Les mines de plomb argentifère, chez les Béni-Djelil Minerai de cuivre près de Toudja. (Recueil des notices et mémoires de la province de Constantine p. 120 ..).

Les premiers traités de commerce avec les négociants Pisans remontent au XI siècle. Marseillais, Génois, Vénitiens et d’autres républiques de l’autre rive de la Méditerranée possédaient des représentants ou consuls à Bougie charg

és des transactions avec les particuliers et avec le gouvernement. Les rivalités entre les firmes, si elles favorisaient la concurrence et le choix des partenaires, mettaient parfois le gouvernement en difficulté diplomatique avec les nations des plaignants. Il arrivait aussi que les intéressés se liguent contre le gouvernement pour imposer leurs conditions. Ainsi en 1138, Gênes s’entendit avec les communes et les seigneurs Marseillais, d’Hyères, de Fréjus et d’Antibes pour la pratique de transactions sans concurrence à Béjaïa, mais ces manœuvres n’aboutissaient que rarement dans la pratique, étant donné, la rivalité des partenaires et l’esprit mercantile de chacun que le gouvernement savait exploiter à son profit.

Tant que l’Emir de Béjaïa dépendait du sultan de Tunis, les traités signés par ce dernier étaient applicables à Béjaïa, mais depuis que Béjaia s’érigea en principauté autonome, les traités étaient directement signés par l’Emir et n’intéressaient que ses villes. Les traités signés à cette époque étaient à peu près communs à ce qui se pratiquait ailleurs. Nul officier, ni sujet musulman ne devait gêner les opérations commerciales. Les chrétiens restaient entièrement maîtres de vendre leurs marchandises ou de les renvoyer en Europe, s’ils ne trouvaient pas à s’en défaire avantageusement; mais les relations commerciales étaient essentiellement limitées aux villes de la côte. Les traités n’admettaient pas qu’une nation chrétienne put prétendre accaparer tel ou tel produit pour nuire au commerce d’un autre concurrent. Les représentants administratifs éventuellement, sinon les commerçants algériens, étaient seuls habilités à effectuer les transactions à l’intérieur du pays; ils se rendaient dans les marchés hebdomadaires et installaient des dépôts dans les villages importants où de simples particuliers pouvaient écouler leurs produits. Cette précaution permettait au gouvernement de contrôler les prix, assurer l’écoulement de la marchandise et de se réserver certaines denrées.

A l’époque turque, Marseille, Gênes et les autres villes européennes avec lesquelles les deys étaient liés par traités venaient trafiquer sur le marché de Bougie. Les éléments principaux de leurs transactions étaient, comme toujours: le commerce des cuirs, huile, cire, laine, étoffes, bois, etc … Quand le trafic avec l’étranger connaissait une baisse, en raison des conflits qui opposaient le dey aux nations étrangères, les exportations se faisaient vers les ports d’Oran, d’Alger, de Bône et de Tunis, d’où les marchandises étaient acheminées vers les marchés intérieurs du Maghreb, de Tunisie et de Tripolitaine. Le transport des bois de construction fournis par les Béni-Amrous et les Béni-Mohamed était monopolisé à Bougie par le Caïd El Karasta de la famille de Saïd-Ou-Ahmed des Aït Mimoun. A l’époque du colonisateur française, celle-ci, s’étant accaparé de l’économie du pays, les activités des musulmans se réduisent considérablement. La politique des nouveaux possédants étant lié à des gros colons, les produits agricoles constituèrent la grande masse des exportations; de ce fait, l’importation de produits manufacturés de la Métropole ne laissait que peu de place aux artisans et petits possédants autochtones.

Le transport maritime monopolisé, mettant fin à l’existence d’armateurs indigènes, était beaucoup plus axé vers les ports d’Alger et d’Oran desservant des régions agricoles très riches. Le commerce de Bougie se dilua donc dans la masse des mouvements transactionnels de la colonie pour ne représenter que 11 % de la totalité. Pendant que les citadins Bougiotes trouvaient, tout de même, emploi et activité, mais à peine suffisants à leurs besoins, les populations de l’arrière pays, après avoir vécu pendant longtemps de leurs propres ressources, finirent par se tourner vers les grands centres ruraux pour effectuer leurs transactions d’ailleurs limitées aux achats du strict minimum (étoffés, céréales, ustensiles divers) et à la vente de surplus de leurs propres produits (figues, huile, poteries, produits de vannerie), et, le pays pauvre dans la majeure partie de son étendue en raison de la nature même de son sol, (les meilleurs terres étant occupées par la colonisation et ses suppôts), les populations se trouvèrent acculées à l’émigration ou à une vie précaire à peine supportable. L’Algérie indépendante s’efforce de redresser partout la situation désastreuse héritée du colonialisme français en multipliant les crédits aux zones déshéritées, et aux régions les plus atteintes par la guerre. Cette région attend beaucoup de la révolution industrielle et de la révolution agraire. L’aboutissement de l’oléoduc, les projets d’industrialisation de la banlieue de Bougie, et la mise en valeur de la vallée laissent espérer dès maintenant une reprise d’activité et des jours meilleurs pour l’ensemble de la population … En sera-t-il ainsi ?

3) Activité culturelle

L’instruction à l’intérieur du pays était dispensée dans les mosquées et dans les zaouïas dont certains cheikhs étaient connus pour leur érudition, leurs connaissances parfaites de la grammaire et du droit coranique. La majorité des étudiants, qui terminaient leurs études en ces lieux, retournaient dans leur village pour servir d’imam, professeur et cadi à la fois; les autres plus audacieux ou plus fortunés, partaient dans les grandes capitales chercher fortune et savoir, mais Bougie, la plus proche, et aussi bien nantie, retenait la majorité d’entre eux. En effet, quand Moulay En-Nacer quitta la Kelâa et ses beaux palais, emportant dans ses coffres les objets les plus précieux, et dans sa suite : des professeurs, des poètes, des Imams, des cadis et des muphtis parmi les plus savants, il désira faire de sa nouvelle cité une capitale encore plus brillante par le nombre et la valeur de ses édifices, la qualité de ses artisans et le niveau culturel de ses sujets. Aussi, légua-t-il à ses successeurs et à ses sujets des biens impérissables et des plus précieux qu’ils mirent au service et à la portée de tous. Ils aidèrent les populations voisines à progresser en tous les domaines en leur offrant les plus larges possibilités d’apprentissage auprès de maîtres (artisans, enseignants) encouragés à s’établir à Béjaïa. L’assimilation des techniques et des idées si arides fussent-elles ne connut pas d’obstacles majeurs, car, dès que, sorti de son cadre villageois et tribal, dégagé des chaînes traditionnelles, descendu des hautes crêtes isolées et arides, le jeune Kabyle retrouve la plénitude de ses moyens physiques et intellectuels. D’une manière générale, il s’adapte facilement au milieu dans lequel les circonstances l’obligent à vivre. Il assimile aisément les idées et les techniques nouvelles auxquelles souvent il imprime sa personnalité. Chaque époque a laissé à la postérité des œuvres d’hommes qui se sont illustrés en divers domaines: Masinissa, Jughurtha, Hiempsal, Juba Il, Tarek, et tant d’autres, et pour cette époque : Ali Mohamed Zouaoui, Ghobrini Abou Mohamed, Hellal Ben Younès El Ghobrini, Abdellah Ben Youcef El Ghobrini, Abou El Abbas El Ghobrini (tous de la Kabylie du Djurdjura. Cette famille fournit aux Béni-Hammad et aux Béni-Hafs, toute une lignée de cadis), Aoudjhane Soleïman, Mohamed Ben Ibrahim-El Ouaghlissi, Mohamed El Mansour-EI Colli, Omar Ben Abdelmohcine-EI Oudjhani (Akbou), brahim Ben Mimoun (Babor), Ibn Sald Annas de la famille royale des Béni-Hammad.

Les dynasties Hammadites et Hafsides eurent à leur service de nombreux fonctionnaires, magistrats, officiers issus de modestes familles des villages voisins ou de la région (Djurdjura – Biban – Babor). Grâce à eux, et dans une grande proportion, la ville de Bejaia conserva pendant longtemps son auréole de grande capitale musulmane et du Maghreb. Faut dire qu’elle le dut aussi à la présence d’éminents professeurs venus d’Andalousie et d’ailleurs, et de nombreux Walis établis dans la capitale ou dans les environs : Sidi Yahia, Sidi Abdelmalek, Abou Mohamed Ben Abdelmàlek, Abou Abdellah Mohamed Ben Ahmed El Afri El Kelaï, Abou Zakarya El Merdjani El Mosli, Sidi Brahim El Bejaoui, Sidi Aïssa Ben Nacer, Sidi Bouali, etc …

La chute de la dynastie des Hafsides à Bougie, provoquée par l’invasion espagnole, mit fin à la prospérité de cette ville en tant que centre politique, économique et intellectuel du Maghreb, maîtres et étudiants se dispersèrent dans le pays. La libération de la ville par les Turcs permit aux transfuges andalous et à un certain nombre de savants de réanimer le flambeau de la civilisation arabo-berbère et de donner, dans une certaine mesure, à la jeunesse locale les moyens de s’élever à un certain niveau intellectuel, mais Bejaia, simple ville du Beylek ne reprit plus l’éclat et le rayonnement d’antan, ni dans ses possibilités économiques, ni dans son rôle intellectuel.

La colonisation française étouffa à jamais les derniers foyers, laissant le soin aux Zaoui d’enseigner, dans des limites précises, des notions générales sur la langue et le droit musulman. Mais elle créa des écoles de langue française où, en dépit d’une réglementation stricte, une élite réussit à émerger et à s’imposer pour entreprendre avec succès des études supérieures à l’université d’Alger ou dans les universités de France. L’économie, dans sa quasi-totalité détenue par les colons, ne profita qu’à ceux-ci.
Texte de Mouloud GAID (Historien). Extrait de « HISTOIRE DE BEJAIA ET DE SA REGION » depuis l’antiquité jusqu’a 1954 – Edition MIMOUNI 1976

Le représentant de la nation étrangère était le consul. Les consuls résidaient au milieu de leurs nationaux et de leurs marchandises, au fondouk même dont la surveillance leurs appartenait. Ils étaient à la nomination de l’autorité de leur pays. Les traités leur reconnaissaient le droit de voir le sultan une fois au moins par mois, et de lui exposer les doléances et les observations de leurs nationaux. Conformément aux conventions, ils étaient assistés d’un interprète (Dorgman) choisi et payé par leurs soins, le même interprète intervient auprès des services de la douane pour toute les opérations. Les fondouks étaient des établissements destinés à l’habitation des nations chrétiennes, à la garde et à la vente de leurs marchandises. Ils étaient situés, soit dans l’intérieur de la ville, où ils formaient un quartier à part, soit dans un faubourg et tout à fait en dehors de la ville arabe. Un mur en pierres ou en pisé séparait complètement le fondouk de chaque nation des établissements voisins. Ces établissements renfermaient un cimetière et une église ou une chapelle, dans laquelle les chrétiens étaient libres de « célébrer tous les offices. Le curé pisan de Bougie dépendait de l’archevêque de Pise. La police du fondouk appartenait absolument au consul de la nation. Des portiers, généralement des indigènes, étaient préposés à l’entrée et avaient le droit de refuser le passage à tout individu chrétien ou musulman, suspect ou non autorisé du consul, à moins qu’il ne fût accompagné de l’un des Dorgman ou employés de la douane. Sous aucun prétexte, les officiers musulmans ne devaient entrer d’autorité dans le fondouk, s’y livrer à des perquisitions ou en extraire un sujet chrétien. Quand il y avait lieu d’agir contre un membre ou un protégé de la nation, l’autorité musulmane devait s’entendre avec le consul. En cas de sinistre, les traités et l’usage du Maghreb obligeaient les gens du pays à porter secours aux bâtiments en péril ou jetés à la côte, à respecter les naufragés, et à les aider dans leur sauvetage, et à garder, sous leur propre responsabilité toutes les marchandises, épaves et personnes préservées au désastre, La police des ports était placée dans les contributions du directeur de la douane. Le droit général sur les imputations des nations alliées, c’est-à-dire liées par des traités avec les Emirs, fût de 10 %, il varia peu. Les droits d’exportation étaient à peu près les mêmes. Dès qu’un navire chrétien entrait dans le port, les douaniers se présentaient, Ils enlevaient, selon la bonne coutume, les voiles, les agrès et le gouvernail, pour empêcher le capitaine de partir avant d’avoir, acquittées les droits. On estimait ensuite la cargaison et le bâtiment lui-même, qui était toujours gardé à vue. sans une autorisation spéciale, qui était rendue à la douane, les marchands ne pouvaient pas charger et décharger leur navires et leurs propres barques.

Recueil des notices et mémoires de la province de Constantine (Région de Bougie) p. 222-224. Consulter le livre de M. Rabah Bounar « Ounouan dirassa» SNED 1970. Il s’agit d’une biographie des personnalités les plus marquantes de Bougie à l’époque des Béni-Hammad.

La destruction du royaume Hammadite 

La première campagne des Almohades au-delà de la Moulouya les avait menés jusqu’à Tlemcen et Oran. Sept ans plus tard, une nouvelle expédition aboutit à la destruction du royaume Hammadite. Depuis que le sultan El Mançour s’était transporté de la Qalaa à Bougie (1090), qu’avait fondée son prédécesseur En-Nacer (1062-1063), la nouvelle capitale était  devenue une des principales villes de Berbérie. « Les vaisseaux, écrivait El-Idrissi à l’époque du triomphe Almohade, y abordent, les caravanes y viennent et c’est un entrepôt de marchandises. Les habitants sont riches et plus habiles dans divers arts et métiers qu’on ne l’est généralement ailleurs, en sorte que le commerce y est florissant. Les marchands de cette ville sont en relation avec ceux de l’Afrique occidentale ainsi qu’avec ceux du Sahara et de l’Orient ; on y entrepose beaucoup de marchandises de toute espèce. Autour de la ville sont des plaines cultivées, où l’on recueille du blé, de l’orge et les fruits en abondance. On y construit de gros bâtiments, des navires et des galères, car les montagnes environnantes sont très boisées et produisent de la résine et du goudron d’excellente qualité… Les habitants se livrent à l’exploitation des mines de fer qui donnent de très bon minerai. En un mot la ville est très industrieuse. » (Trad. De Goeje et Dozy.) 

Bougie faisait aussi figure de capitale intellectuelle. Un historien qui en était originaire pouvait établir la biographie de 104 célébrités locales du droit, de la médecine, de la poésie ou de la religion. Le royaume Hammadite avait connu une grande prospérité sous El-Mançour. Le sultan avait renforcé ses contingents sanhadjiens et zenatiens de mercenaires arabes pour lutter contre les Almoravides et mis fin à leur progrès vers l’Est (il y a certainement une erreur de frappe, l’auteur voulait dire l’Ouest car Tlemcen est à l’Ouest de l’Algérie) en enlevant Tlemcen (1102-1103). Il avait  réussi à reprendre Bône et Constantine aux Zirides et à dompter des révoltes berbères. 

Après lui, la puissance Hammadite ne cessa de décroître . El-Aziz (1104-1121) avait réussi encore à occuper Djerba et repousser les Arabes du Hodna, mais son fils Yahia (1122-1152), qui ne pensait qu’à la chasse ou aux femmes, ne put empêcher une attaque des Génois contre Bougie (1136) . Il fut encore moins capable d’arrêter l’invasion Almohade. Après avoir réglé provisoirement la situation en Espagne, Abdelmoumène, dont les forces s’étaient accrues, décida de frapper un grand coup dans le Maghreb central. Il se dirigea, à marche forcée et dans le plus grand secret, vers Bougie. Son avant-garde entra, sans coup férir, dans Alger et dans Bougie, d’où Yahia s’était enfui, puis son fils prit et saccagea la Qalaa (1151).

Source : Histoire de l’Afrique du Nord. Ch.André Julien. Paris 1969

Judaisme bougiote

wikipédia

Article détaillé : Kabyles#Judaïsme.

En 1067 sous les Hammadides, la ville de Bougie renaît et attire très vite nombre de familles musulmanes , chrétiennes et juives. Les Juifs de Bougie importaient de l'argent européen destiné à l'artisanat local: ils pratiquaient également le négoce du sel, du cuir, des textiles, de la cire et des esclaves5. A la suite des persécutions almohades , la communauté juive disparaît en 11476. Cependant en 1250 alors sous les Hafsides , les Juifs de Bougie connaissent un véritable essor économique notamment dans le commerce qu'ils font avec les juifs de Majorque et Marseille , attestés par plusieurs documents , dont ceux de la famille Ferrusol7. Deux siècles plus tard , Bougie voit l'arrivée des andalous chassés d'Espagne aux lendemains de la Reconquista. Beaucoup de musulmans et juifs chassés s'installent au port de la ville. Très vite et de par leurs connaissances techniques plus avancés les juifs andalous font concurence à leurs congénaires juifs locaux dans le commerce auprès de la population musulmane. La communauté est alors dirigée par un rabbin du nom de Duran , originaire de Denia8 et aidée de rabbins lettrés venus de Valence tels que Rabbi Benjamin Amar ou Rabbi Amran Amar9.

Présence espagnole et ottomane

Le milieu du XIVe siècle fut marqué par la recrudescence de la « course ». Selon Ibn Khaldoun, les Bougiotes ne tardèrent pas à se signaler parmi les corsaires les plus redoutés des marins chrétiens. Voulant établir des comptoirs de type colonial sur la côte algérienne, l’Espagne envoya Pedro Navarro pour s’emparer de la place en 1510. Les fortifications seront renforcées, mais la ville est saccagée et en particulier les palais Hammadides, qui subsistaient encore, seront détruits. Attaqués en 1513 par Aroudj, les Espagnols résistèrent et se maintiennent dans la place jusqu’en 1555. Continuellement bloquée par les autochtones, la garnison espagnole ne peut résister longtemps, malgré la visite de l’empereur Charles Quint en 1541. C’est Salah Rais qui mettra le siège à la ville et obligera le gouverneur espagnol Don Alphonso de Peralta à capituler.

Avec les Ottomans, Béjaïa perdit son statut de capitale, même si elle continua encore à jouer son rôle de chantier de construction navale.

 

CONQUETE DE BOUGIE PAR LES ESPAGNOLS D'APRES UN MANUSCRIT ARABE

  Jusqu'à ce jour, nous avions été obligés de s'en tenir aux narrations de Léon l'Africain et de Marmol, les seuls qui eussent relatés d'une manière quelque peu détaillée des traces de la domination espagnole sur la côte d'Afrique et, en particulier, ce qui avait trait à Bougie.

       Il était cependant permis de supposer que la conquête d'une ville aussi importante que l'était bougie, au commencement du XVIe siècle, n'avait pas pu passer inaperçue
Elle avait dû au contraire, frapper les imaginations stimuler la verve des écrivains d'une cité réputée encore, alors, comme la plus éclairée de la l'Algérie. Qui se voyaient chassés de leur foyer par une invasion chrétienne. Mais si ces documents contemporains existaient, ils étaient inconnus.
Ainsi que j'ai déjà dit dans un autre travail de la même nature, on ne se forme pas la moindre idée des difficultés que l'on rencontre non seulement pour découvrir les manuscrits arabes, mais surtout pour qu'il nous soit permis d'en prendre connaissance.

Il y avait longtemps que mes recherches sur le passé de bougie se portaient plus spécialement vers l'époque de la domination espagnole ; le peu de succès que j'avais eu commençait à me faire renoncer, quand j'appris qu'un Taleb kabyle possédait un ouvrage relatif à cette période.
Il ne fallait pas songer à se procurer le texte original, car nous savons par expérience combien les indigènes tiennent à leurs vieux papiers de famille.

Après bien des démarches infructueuses, un bougiote nommé si Said ben ali offrit de se rendre auprès du détenteur du manuscrit.
Le récit de la prise et de l'occupation de Bougie figure au complet, des événements, conduits au commencement ou le Turc Salah Rais reprit la ville aux Espagnols, sont racontés d'une manière claire et vive.
Le récit arabe est plus attachant et semble plus vrai ; je veux cependant risquer aucune appréciation et, afin de mettre dans les mains du lecteur tous les moyens de juger les deux versions, je vais rappeler ce que disent Léon et Marmol , on verra ainsi beaucoup mieux comment les événements ont été interprétés par les uns et les autres.

Léon l'africain s'exprime en ces termes :
………les habitants de cette cité bougie furent jadis opulents et souhaitaient armer plusieurs fustes et galères lesquels ils envoyaient courir sur les frontières d'Espagne ; tellement que la ruine d'eux et de leur cité en est procédée ; parce que le comte Navarre fut envoyé pour la prendre….
" Les citoyens sont assez joyeux, qui ne tâchent à autre chose qu'à se donner du bon temps et à vivre joyeusement, tellement qu'il n'y a celui qu'il ne se sache sonner d'instruments musicaux et baller ; principalement le seigneur, lesquels n'eurent jamais guerre contre personne, qu'il en fussent le motif : au moyen de quoi , ils en sont tellement apoltronnis et de si lâche courage, qu'étant intimidé par la descente de Pierre de Navarre avec 14 vaisseaux , décampèrent avec le roi qui fut un des premiers a gagner le haut, prenant la montagne pour refuge de lui et des siens.

La prise de bougie aurait été un exploit facile.
Nous allons voir maintenant, comment les événements sont racontés par l'auteur indigène.
Dans le cours du récit nous aurons le soin de mettre en note les autres détails fournis par Marmol, afin que le lecteur, ainsi que nous l'avons déjà dit, apprécie mieux les deux versions.

PRISE DE BOUGIE PAR LES ESPAGNOLS

Louange à Dieu unique
Son gouvernement seul est durable.

Le texte des événements qui se sont passés à bougie, raconte ce qu'il va suivre:

Le cheikh de bougie Abou Ali Brahim el Merini dans son livre intitulé "exposé des événements qui se sont passés à Bougie," raconte ce qu'il va suivre :

Plusieurs princes occupèrent successivement le pouvoir suprême dans le royaume Bougie, et cette ville devint souvent le théâtre de luttes que la rivalité fit éclater entre eux.
Cette situation durait encore à l'époque où le trône était occupé par le sultan Abou El Abbas, son frère, Abou Beker, commandait à Constantine.
Ce dernier, décida d'étendre les limites de sa puissance, tourna ses vues vers les états d'Abdel Aziz qu'il résolu de renverser.
Pendant deux années consécutives, il resta en campagne, ne cessant d'inquiéter Bougie dont il voulait s'emparer, mais il éprouva toujours une vive résistance.
Le sultan Abdel- el- Aziz lutta avec énergie et réussit à de se maintenir au pouvoir, parce qu'il avait eu la précaution de recruter de nombreuses troupes et qu'il avait amassé des approvisionnements considérables en vivres et munitions de guerre. Du reste, son port était rempli de bâtiments et de marins dévoués à sa cause ; néanmoins Abou Beker continuait à menacer Bougie venait l'assiéger de temps en temps. Chaque fois, il portait la dévastation dans les campagnes, en ruinant les habitations et incendiant les récoltes.

Au commencement de l'année 912 (1507), il se présenta devant Bougie qu'il assiégea pendant 40 jours, mais après s'être contenté de couper les vergers environnant il dût cette fois encore abandonner sa tentative et s'en retourner désappointer vers Constantine.
Le sultan Abdel Aziz lui écrivit, à cette occasion, une lettre conçue en ces termes :
O toi qu'enflamme la jalousie et que frappe l'éblouissement de l'ambition ! L'échec que tu viens de trouver devrais de convaincre de l'impuissance de tes efforts. Renonce donc à descendre de nouveau dans l'arène pour d'essayer de renverser. Comment peux-tu croire que j'aurais la faiblesse de t'abandonner un royaume que je me suis appliqué à créer ?
Renonce plutôt à celle lutte, qui te nuit dans l'esprit des populations fatiguées. Suis le conseil que je te donne; ton ambition ne saurait en souffrir ; il en est temps encore. Porte tes vues conquérantes vers Ifrikia rebelle qui s'étend derrière toi, tu trouveras là un aliment proportionné à ton insatiable avidité. Mais Abou Beker, au lieu d'écouter les messages d'exhortations de son frère, fit une· nouvelle expédition contre 'Bougie' en l'an 913 (1508) o Le sultan Abd el-Aziz résolut alors de le prévenir en marchant lui-même sur Constantine. Son rival avait déjà mis le pied sur le territoire de Bougie; les deux corps se rencontrèrent et Abou Beker fut mis dans une déroute complète, Abd el-Aziz, profitant de sa victoire, pénétra dans le Hodna et de là se rendit à Constantine qui lui ouvrit ses portes et reçut de lui une organisation nouvelle et régulière.
Pendant que le sultan s'occupait ainsi à raffermir sa conquête il reçut la nouvelle du débarquement des chrétiens à Bougie. Cet événement inattendu renversa tous ses projets. Il expédia immédiatement, son fils Abou Farés pour rassembler toutes les troupes du pays, afin de repousser l'invasion des infidèles.
Nous avons raconté plus haut la guerre qui avait éclaté entre les deux frères, guerre dont on ne voyait pas arriver le terme. Ce qui constituait la force du sultan Abd el-Aziz c'était la position de sa capitale, située près des montagnes de la Kabylie, d'ou il pouvait tirer des renforts, et d'avoir un port qui faisait un grand commerce aves les nations européennes. Ces relations commerciales avec les chrétiens furent interrompues par suite de la guerre sainte qui éclata dans mogrhreb.

Les musulmans d'Andalousie avaient été repoussés jusqu'à la mer par le Tar'ia (1} (l'empereur d'Espagne). L'émir de Bougie reçut alors du souverain de Tunis l'ordre d'armer des vaisseaux Pour faire la guerre aux chrétiens envahisseurs; de l'Andalousie. Cet ordre fut exécuté d'autant plus volontiers qu'il y avait empressement de la part des musulmans. Les bâtiments de Bougie allèrent faire des descentes Sur les côtes d'Espagne où ils enlevaient, Des hommes et des richesses ils couraient sur tous les vaisseaux. ennemis qu'ils rencontraient et ramenaient ·leurs prises :à Bougie. C'est à tel· point que cette ville et toutes celles du littoral de l'Afrique, se remplissaient d'esclaves chrétiens .
.. Cependant après avoir fait la conquête de l'Andalousie entière, l'empereur attaqua Oran finit par s'en emparer en l'an 910 (l505) et y mettre une garnison de ses troupes.
Les musulmans tentèrent de reprendre cette ville mais : n'y parvinrent pas. En l'année 912.(.1507) Le sultan· Abd el-Aziz s'étant concerté avec le souverain de Tunis résolut de porter secours aux gens d'Oran pour les aider à expulser les infidèles.
A cet effet, il demanda du renfort à toutes les villes; ses kaïds surveillaient activement l'armement des vaisseaux mais au moment où tous ces préparatifs étaient terminés, éclata là guerre entre lui et son frère l'émir Abou-Beker,
Ne pouvant dès lors se mettre lui même à la tête de cette armée de secours, il donna le commandement à son fils Abou Farés qui conduisit les troupes allant à Oran par terre. Son ministre, Mohammed ben Ahel Allah el Kenani et Brahim ben Younès partirent par la mer, ·mais la nouvelle de l'arrivée prochaine de cette armée parvint aux Espagnols d'Oran. Les infidèles apprêtèrent aussitôt leurs vaisseaux pour repousser l'agression. Les deux flottes se rencontrèrent et celle des musulmans fut battue et un grand nombre de martyrs de la foi périt.

Omar BOUAZZA 

omarbouazza2@yahoo.fr 

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 10:36

Testez votre mémoire

Voici ci dessous une photo:

- Retrouvez le lieu

- Devinez l'époque

- Identifiez les personnes

NB/:   pour les deux tests précédents idités le 8/01/2013, la réponse sera donnée aprés 06 mois de parution soit le 08/07/2013.

PS/:  Je saisi cette opportunité pour remercier vivement la petite fille de feu Taileb Abderrahmane, les petits enfants de feu Mihoubi Hammou ainsi que Mme mokrani Sabrina, Mr Benadrouche Zoheir et tout particuliérement Mm  Abdoune Khaled et Mihoubi Mokhtar,  pour l'interet qu'ils portent à ce blog, qui par des orientations et des compléments d'informations qui par des encouragements qui incitent à maintenir le cap.

Encore une fois merci

Omar BOUAZZA 

omarbouazza2@yahoo.fr 

 

 

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 18:03

 

 

 

Interpellés par notre passé

        

       

 DSCN2092-copie-1Quand Jacques Godbout  disait que « Les villes sont la nature façonnée par l'homme, à son image et à sa  ressemblance. »

      Quand on disait que les animaux parlaient, je croyais en lisant des fables que cela n’était que le produit de l’imagination féconde de La Fontaine.

Ne serait ce pas de même pour notre patrimoine ?

      Les œuvres architecturales dont nous avons héritées ne nous interpellent elles pas, elles aussi?

      Les poètes pourraient transcrire et rendre audibles les cris de cœur de ces murs, de ces portes et de toutes ces réalisations qui résistent aux aléas du temps et à la ‘’prédation’’ de l’homme.

      Ces fabuleux écrins qui témoignent d’un savoir faire avéré semblent nous dire :

Ø ‘’ non, votre indifférence n’aura pas raison de nous ;

Ø non, nous ne disparaitrons pas et nous demeurerons toujours là ;

Ø oui, bon gré mal gré comme le phénix… nous vous survivrons’’.

Au regard de ces joyaux architecturaux, nous pouvons aisément évaluer combien nos aïeux étaient ingénieux, inventifs  et en avance quelques fois sur leur temps ?

  - Observez bien les contours des portes et des fenêtres - maçonnés avec les produits locaux en l’occurrence la pierre, la terre et le bois brut-.

  - Observez comment les venelles du village ont-elles été dallées (en pierre bleue).

- Observez la couverture des toits en terre étanche.

- Observez le liant (produit du terroir) ayant servi à murer les maisons.

 - Observez l’aplomb et la largeur de ces mêmes murs.

-- Observez le soin apporté à la taille de la pierre etc.

      Hélas, la modernité et l’urbanisation sauvage copiée sur le modèle des villes, enlèvent leur âme à ce qui subsiste encore de ces atypiques villages ancestraux.

      Quel dommage qu’un tel patrimoine s’effiloche comme un bel habit démodé, usé par le temps et que l’on remise au rebut.

      L’intelligence par contre, commande de veiller à:

«la préservation de l'identité des villages, pour y conserver le lien social et la convivialité qui font leur force».

Même en état de vestiges, une attention particulière doit leur être témoignée par respect à leurs bâtisseurs. 

Si nous contribuons par omission à la disparition du legs transmis par nos ancêtres, alors de quoi pourrions-nous nous enorgueillir ?

Chaque être humain a besoin d’une identité pour affirmer son existence; 

 Et, à notre tour, qu’aurions nous laissé à nos descendants comme mémoire vers laquelle ils pourraient se retourner pour trouver un ressourcement ? 

     Cogitons sur cet adage populaire très riche en enseignement: 

‘’ le neuf chéris le et l’ancien ne le déconsidère pas

- ejdid 3azou oul kdim la tfarete fih -’’.

 

 

Omar BOUAZZA 

Omar BOUAZZA

 

omarbouazza2@yahoo.fr 

 

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 16:24

Photos de la Délégation de la mairie de Créteil - France - en visite à Ath Sidha en 2007.

PS/- On peut reconnaitre sur ces photos, entre autres:

- Sadek DAHMANI

- Abdenour BENADRIOUD

- Mouloud ABDOUNE

- Rabi3 BOUAZZA

qui nous ont quittés pour un monde meilleurs.

 

Que les gens qui les ont connus aient une pensée pour eux.

Allah Yerhemhoum wa Wessa3 3aleyhoum wa Yeskenhoum fel Djenna.

Omar Bouazza

omarbouazza2@yahoo.fr

 

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Délégation de la mairie de Créteil - France - en visite à Ath Saidha en 2007
Délégation de la mairie de Créteil - France - en visite à Ath Saidha en 2007
Délégation de la mairie de Créteil - France - en visite à Ath Saidha en 2007
Délégation de la mairie de Créteil - France - en visite à Ath Saidha en 2007
Délégation de la mairie de Créteil - France - en visite à Ath Saidha en 2007
Délégation de la mairie de Créteil - France - en visite à Ath Saidha en 2007
Délégation de la mairie de Créteil - France - en visite à Ath Saidha en 2007
Délégation de la mairie de Créteil - France - en visite à Ath Saidha en 2007
Délégation de la mairie de Créteil - France - en visite à Ath Saidha en 2007
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Délégation de la mairie de Créteil - France - en visite à Ath Saidha en 2007
Délégation de la mairie de Créteil - France - en visite à Ath Saidha en 2007
Délégation de la mairie de Créteil - France - en visite à Ath Saidha en 2007
Délégation de la mairie de Créteil - France - en visite à Ath Saidha en 2007
Délégation de la mairie de Créteil - France - en visite à Ath Saidha en 2007
Délégation de la mairie de Créteil - France - en visite à Ath Saidha en 2007
Délégation de la mairie de Créteil - France - en visite à Ath Saidha en 2007
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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 17:37

01)- Vous pourriez trés certainement reconnaitre les personnes immortalisées par cette photo et en quelle occasion elle a été prise?

Toutes ces personnes disparues ou encore en vie font partie de la fraterie des ''Ouled Saida''.

Donnez les noms des personnes que vous reconnaissez par le biais de la rubrique commentaire en bas de la page d'accueil du blog.

02)- Qui est la personne chevauchant cet ancestral moyen de transport qui a aidé a l'édification de tant de villages escarpés de nos contrées et qui a approvisionné ses habitants en eau et autres denrée -il a même été attelé à la charrue pour le labour des champs?

Merci d'avance pour votre participation.

 

 

Omar Bouazza 

omarbouazza2@yahoo.fr                                                                                           

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Attention.Vous vous étes replongés dans l'ambiance villageoise d'il y a 50 ans, ça ne saurait etre gratuit.

Le prix a payer c'est de contribuer, même modestement, a enrichir ce blog et faire revivre l'histoire de nos ancétres.

Libérez vous de la rétention de l'information.

Ecrire et/ou participer à écrire notre passé est un devoir envers l'histoire.

Faites les connaitre à nos enfants..

Vous pouvez contribuer directement et verbalement avec le concepteur du blog, en l'occurrence:

Monsieur Omar Bouazza en bipant et c'est lui qui appellera au:

par mail à

 

Omar Bouazza


 omarbouazza2@yahoo.fr    

                                                                                             

Encore une fois merci

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