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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 17:30

 

Ath Saidha le 11 janvier 2014

La mosquée ancestrale du village

100 0121

 

Le village d’Ath Saidha est paisible et sa mosquée l’est encore davantage.

Par analogie à ce qui a été rapporté par des écrits sur la kalaa des Beni Abbas, les villages avoisinants dont l’existence anté, seraient tout au moins dans un nouvel aspect organisationnel et politique, le démembrement de ce qui deviendrait le royaume des Beni Abbes après la prise de Bougie par les Espagnoles en 1510.

La mosquée daterait, à priori, de la fin de cette époque ( XVIéme siècle) coïncidant avec l’avènement des Ottomans qui reconquirent les villes sous domination espagnoles.

Quelle que soit l’âge de cet édifice (ce qui n’est pas important en soit), elle a traversé les époques et elle a vu nombre de nos ancêtres accomplir leur devoir religieux et remercier Dieu clément et miséricordieux face à l’aisance et l’implorer face à l’adversité.

C’était le lieu de piété mais aussi la tribune ou l’on exposait devant l’Imam en présence de tous les priants, l’objet de tous différents ou tous autres conflits d’intérêts pouvant naitre de la cohabitation dans la cité.

La doléance étant entendue, une instance collégiale prend le relais pour suite à donner.

Exposée aux sages réunis en ce lieu mythique des villages Kabyles qui est Thajmaath, elle est traitée séance tenante ou différée à une date rapprochée.

Toutes solutions qui en découlent après délibération de cette autorité, laquelle est revêtue d’un pouvoir moral implicitement reconnu et respecté par tous, ne sauraient faire l’objet de contestations par les parties en conflit.

Tout contrevenant s’exposerait de fait à une condamnation unanime et exécutoire dont les plus légères se trouvent être l’amende (khtiya) et/ou la mise en quarantaine.

Et c’est comme cela qu’a été sauvegardée la cohésion communautaire à travers les époques.

 Un tel lieu (la mosquée) qui témoigne de l’histoire des civilisations et des religions se trouve, en d’autres contrées, sauvegardé et entouré de toute l’attention qui lui revient.

Il est reconnu comme patrimoine collectif et identitaire.

Notre mosquée aurait pu rencontrer un sort regrettable si ce n’est les âmes charitables et les donateurs qui ont veillé à sa restauration, son entretien et sa rénovation.

Tous ses efforts conjugués ont redonné un nouveau visage à ce lieu sacré (voir photos ci dessous).

 

Photo1192  Photo1195

 

Un couple de donateurs aujourd’hui disparus, ont vu de leur vivant, exhaussé leur vœux qui consistait à doter la mosquée d’un minaret.

Cette toute nouvelle réalisation donne désormais un cachet imposant à ce lieu et par extension à tout le village.

Le village a traversé les âges, plongé profondément dans l’anonymat des lieux.

Il était jusqu’alors confondu aux couleurs sans teint du relief rocailleux au point de faire corps avec les montagnes d’où sont issus les matériaux ayant servi à son édification (pierres et liants en terre).

L’imposante stature de cette excroissance, tout de blanc immaculé, a permis l’émergence du village, son identification et sa localisation à partir de plusieurs lieues à la ronde.

A ce couple et à toutes les âmes charitables, nous témoignons notre considération et rendons un hommage appuyé.

 

Photo1196  Photo1198

 

 

Ils demeurent encore et toujours des volontés agissantes, bénévolement et s’investissant physiquement et financièrement, à l’image de Benadrouche Mustapha et Kichou Mohamed, qui ne ménagent aucun effort pour la sauvegarde des lieux et la veille sur le bien être de tous.

C’est le lieu ici, de leur témoigner toute notre considération, les soutenir par une présence assidue et les assister ne serait ce que moralement.

Témoignons à ce lieu sacré tout le respect qui lui revient.

Tu donnes 1 et Dieu t'en donnera 10 et qui s'occupe des mosquées, lui est assuré le Paradis.

Omar BOUAZZA

 

omarbouazza2@yahoo.fr 

 

https://www.youtube.com/watch?v=oRCr82YpClA

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 15:17

Cet étudiant a obtenu 0/20 sur cet examen.

Voici les questions et les réponses :

Rigolons


- Q1. Dans quelle bataille Napoléon est-il mort ?
              Sa dernière bataille.
- Q2. Où a été signé la déclaration d'indépendance ?
             Au bas de la dernière la page.
- Q3. Dans quel état se trouve la rivière Rio-Grande ?
             Liquide.
- Q4. Comment expliquer autant de divorces ?
            Trop de mariages !
- Q5. Quelle est la raison principale de l'échec scolaire ?
           Les examens.
- Q6. Qu'est-ce que vous ne pouvez jamais manger au petit déjeuner ?
           Un dîner ou un souper.
- Q7. Qu'est-ce qui ressemble le plus à une demi-pomme ?
           L'autre moitié.
- Q8. Si vous jetez une pierre bleue dans la mer Rouge, que va-t-elle devenir ?
           Humide, et même très humide !
- Q9. Comment un homme peut-il rester huit jours sans dormir ?
           En ne dormant que la nuit.
- Q10. Comment pouvez-vous soulever un éléphant avec une seule main ?
           Impossible, ça n'existe pas, un éléphant avec une seule main !
- Q11. Si vous aviez trois pommes et quatre oranges dans une main, et quatre pommes et trois oranges dans l'autre, qu'auriez-vous ?
           De grandes mains.
- Q12. Il a fallu 8 heures à 10 hommes pour construire un mur. Combien de temps faudrait-il à quatre hommes pour le construire ?
            Inutile, le mur est déjà construit.
-Q13. Comment peux-tu laisser tomber un œuf cru sur un sol en béton sans le fissurer ?
           Pas de problème, les planchers de béton sont très difficiles à fissurer.

 

Et enfin la meilleure de toutes
- Q14. Complète la phrase suivante: "Certains hommes n'ont que ce qu'ils méritent..."
         "... et les autres sont célibataires !"

Mis en ligne par

Omar BOUAZZA
omarbouazza2@yahoo.fr

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 16:34

 

 

A  MES  PARENTS

 

Maman-1972-copie-1.jpg                   1949

                                          Photo 1 de 1972                                                                  

                                          Photo 2 de 1949                                            

   Combien j’aurais désiré aujourd’hui, que vous puissiez me tendre l’oreille afin que je puisse vous faire part de vive voix de toutes les paroles que j’aurais aimées façonner pour vous et vous les dire de votre vivant

   Combien de bonnes choses que j’avais dû rater et que je me serais efforcé aujourd’hui de créer pour vous et vous les offrir pour vous combler de plaisir.

   Avec la pesanteur de l’âge et les vicissitudes de la vie, je mesure toutes les souffrances et les privations que vous aviez endurées pour nous élever, nous protéger et nous armer contre les aléas de l’existence.

   Comme il demeure impossible de faire un feedback sur le passé, il ne me reste qu’à vous rendre un grand et filial hommage, prier Allah de vous réserver une place en son vaste Paradis et quémander Sa clémence lors du jugement de nos fautes et de nos errements commis ici bas.

  Votre fils, qui vous doit la vie et tout ce qu'il est devenu, reste toujours avec vous dans ses pensées et avec qui vous demeurez présents dans ses cinq prières quotidiennes.

Ina li Allah wa ina ileyhi radji3oun  

Omar BOUAZZA 

omarbouazza2@yahoo.fr 

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 10:19

 

        Bennacer Mohamed-copie-1

        Bennacer Mohamed (aout 2013)

 

Salut l’artiste

         Malgré les aléas de la vie, tu es demeuré égal à toi-même, Jovial, disponible et toujours respirant et <<expirant>> la bonne humeur.

         Même autour des conversations les plus basiques et anodines, il est décelé chez toi ce sourire benin et permanent.           

         Ta nature paisible et sereine t’a préservé des réactions triviales, irascibles et du rejet de l’autre.

          Consciemment ou inconsciemment, tu as de tout temps transcendé les médisances et balayé du revers de la main la culture de l'hypocrisie.

          Pas du tout condescendant, tu as toujours été à l'écoute et su établir un rapport convivial en donnant la juste mesure valorisant les personnes qui te côtoient, toutes catégories d’âge confondues.

         Se plaindre n’a jamais fait partie de ton vocabulaire, et face aux aléas et aux difficultés de la vie, avec courage et abnégation, tu as toujours su maintenir un certain équilibre, garder la foi et préserver ta dignité.

Et pour cause;

        C'est la sommation de toutes ces petites choses qui en ont fait de toi, et de tous temps, une agréable compagnie.

Bravo l’artiste.

         Je termine avec quelques passages d’ Océano Nox deVictor Hugo

Oh ! combien de marins, combien de capitaines

Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines

Oh ! que de vieux parents qui n'avaient plus qu'un rêve,

‘’Attendaient’’ tous les jours sur la grève,

 Ceux qui ne sont pas revenus !

On demande " Où sont-ils ? Sont-ils rois dans quelque île ?
Nous ont' ils délaissés pour un bord plus fertile ? "


        
On a attendu longtemps et les enfants prodigues sont quand même revenus.

         Bienvenus
      
Toute ma considération et tous mes hommages.

Omar BOUAZZA 

omarbouazza2@yahoo.fr 

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 15:08

 

Complément au village et la révolution:


          Ci dessous la photo de Zemiti Ali prise à Paris en 1954.

 

Zemiti Ali dit Jeddi Ali - Copie

 

En 1954, résidant à Paris où il travaillait, feu Zemiti Ali dit  ''Jeddi'' Ali a quitté les joies et les lumières de cette ville par appel du devoir pour rejoindre la lutte de libération nationale.

   A l'unanimité des témoignages, il s'est engagé corps et âme dans des actions politiques et paramilitaires.

Il a milité durement en y mettons toute la fougue de sa jeunesse a la disposition de la cause nationale.

Il est notoirement connu et reconnu que sa devise était:

''de ne jamais obtempérer à la soldatesque de la France quand bien même il serait tenu en joue à une distance de moins d'un mètre''.

 

L'histoire a confirmé dans les faits sa devise puisqu'il a été exécuté alors qu'il refusait d'obtempérer aux sommations des militaires français positionnés en embuscade.

 

il serait né en 1933/34 et serait mort en 1956

(les dates restent à confirmer).

Il mourut en martyre à la fleur de l’âge.

Il venait de gouter à peine aux joies d'une très courte vie de couple.

Que le Bon Dieu L'accueille au Paradis.

 

 Ina Li Allah wa ina Ilayhi radji3oun.

A suivre…

Omar Bouazza 

 

omarbouazza2@yahoo.fr 

 

 

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 14:04

  Monsieur Zemiti Ahcéne, que nous remercions beaucoup et saluons au passage, a eu l’amabilité deEcole d'Ouled Saida 1949 rappeler aux souvenirs de toutes les personnes ayant fréquenté l’école du village, la photo ci-contre ayant immortalisé les élèves des classes 1949.

Pour faire parler cette relique (conservée jalousement pendant 64 ans) et la raviver dans le subconscient, mais aussi et pourquoi pas, suivre et retracer la biographie et l’itinéraire de ces potaches -il en est issu sans aucun doute des universitaires et des cadres de valeur ayant servi le pays - ;  nous invitons toute personne se reconnaissant sur cette photo ou toute autre pouvant identifier un ou plusieurs écoliers, de se manifester pour y apporter les compléments idoines.

Les bribes d’informations que j’avais glanées brièvement sur l’organisation des classes et de la dispense du savoir, malgré l’indigence de l’époque du point de vue matériel, relève d’un esprit ingénieux et mérite d’être conté autour de nous.

        ( - Exemple de deux classes d’élèves de deux niveaux différents dans la même salle et sous l’autorité d’un seul maitre.

       - L’autre exemple frappant, c’est celui des études du soir à la lumière de la lampe au pétrole ‘’quinquet’’.

On m’a rapporté aussi qu’à la vue du maitre d’école, lorsque d’aventure, il venait à arpenter les venelles du village (l’école et les logements des enseignant étant excentrés), les enfants qui y jouaient, se mettaient au garde à vous jusqu’à ce que sa silhouette ait disparue.   

Et il y en a très certainement d’autres exemples difficilement imaginables de nos jours,

  Le chapitre reste ouvert à toutes personnes de bonne volonté pouvant apporter leurs contributions.

De mon coté je mettrai un nom sur la photo à chaque identification validée. 

A suivre…

Une pensée à notre Mentor feu Henri SCONIAMIGLIO et a sa famille qui ont vécu bien des fêtes avec nous et surtout nos parents avec qui ils ont partagé le pain noir... vraiment noir eu égard aux particularités de l'époque.

Sconiamiglio 

Feu Henri Sconiamiglio
 

Une reconnaissance particulière avec une mention toute spéciale à son fils André qui a gardé, malgré les aléas du temps et de l’histoire, une attache indélébile et indéfectible avec le village où ont vécu assez longtemps ses parents aujourd’hui disparus et qu’il a lui-même connu très jeune pendant un court séjour en 1954.

Cordialement votre.

 

Omar BOUAZZA 

omarbouazza2@yahoo.fr 

 

 

Ecole d'Ouled Saida 1949

 

  Indentification:

Selon Monsieur Khaled Abdoune,

              - Au 1 er rang : 4 éme à partir de la gauche, il s'agit de son frére Abdoune Slimane décédé en 1963 à l'age de 21 ans

              - Au 1 er rang : 3 éme à partir de la gauche, il s'agit de Zemiti Ahcéne tenant l'ardoise immortalisant le lieu et l'époque.*

{C}

* Oui, parfaitement, c'est bien lui qui, malgré son très très jeune âge, a eu l'intelligence de conserver jalousement aussi longtemps ce (son) ''trophée'' symbolisant toute une époque immortalisée désormais et à jamais pour la postérité. 

Selon Monsieur Tayeb Benacer,

Les deux plus grands de taille encadrant les benjamains sont:

             - Au 3 éme rang : 1 er à partir de la gauche, il s'agit de Salah Benadrouche          

             - Au 3 er rang : 8 éme à partir de la gauche, il s'agit de Hocine Zemiti

Omar BOUAZZA 

omarbouazza2@yahoo.fr 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 09:08

Addenda

(voir les articles précédents sur l'histoire de Béjaia et du royaume des Béni Abbas) 

Voici ci dessous une contribution de Hadj Khaled Abdoune qui a bien voulu enrichir le blog par un complément d'informations tirées du livre de MOULOUD GAID :

 Histoire de Bedjaia et de sa région depuis l'antiquité jusqu'a 1954                                                                  

'' Pour avoir refusé le passage à un détachement militaire venant de Constantine, par les Beni Abbas qui étaient chargés d’encaisser le droit de passage au poste des portes de fer, Ben Kanoun fut chargé par Yahia Agha de régler le litige.

Ce dernier s’entoura de goums choisis parmi les Ouled Bellil.

Passant par Bouira, il se rendit à M’Zita, puis, à la faveur de la nuit, traversa les portes de fer et se présenta au camp des janissaires établi au hammam el Biban.

Ils levèrent le camp immédiatement et suivirent le lit de la rivière jusqu’au dégagement de M’Zita.

Les Béni Abbas ne s’étant aperçu de la manœuvre qu’au petit matin et ne pouvant les atteindre regagnèrent leur repaire.

Considérant cet acte comme un empiétement sur leur prestige, les Mokrani attaquèrent la ville de Béjaia et empêchèrent toutes communications avec elle.

Au mois d’aout 1824, Yhia Agha décidant d’intervenir lui-même, quitta la capitale à la tête de 1 000 janissaires et 8 000 spahis.

Il campa face aux Beni Abbas à Tamata, et de là, il écrivit à chaque chef de faction l’incitant à se présenter immédiatement pour faire sa soumission et payer une amende de guerre.

 Seuls les Boudjellil répondirent à ses sommations.

Il marcha donc contre les autres villages d’Ighil Ali, Tazaiart, Ouled M’hand Oumoussa, Ouled Hlassa, Ouled Talabghour, Taourirt, Tansaout, Talefsa, Ouled Saida et Ouled Guendouze qui furent successivement incendiés et livrés au pillage le 16/ 08/ 1824.''

 

Merci beaucoup.

 

Omar Bouazza 

omarbouazza2@yaho.fr

 

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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 09:19

4éme partie et fin

TAZLA ET SA REGION DANS L'HISTOIRE

Par : Djamel Alilat

 

 Lorsque nous arrivons, enfin, à la Kalaâ des Ath Abbas en ce vendredi 5 mars de l’an de grâce 2004, elle est encore partiellement sous la neige. La route qui y mène, construite il y a longtemps par le génie militaire français, vient tout juste d’être dégagée. D’ailleurs, à chaque intempérie, il faut la déblayer à cause des éboulements fréquents. C’est une route toute en lacets avec au-dessus de nos têtes la montagne et au-dessous de nos pieds un précipice vertigineux vers lequel on évite de regarder.

L’Histoire nous fait un clin d’œil dès l’entrée du village, car cette entrée est un ancien poste de garde avec une vieille guérite ou alors un mqam aux tuiles rouges et qui se trouve à l’ombre d’un gigantesque pin millénaire au tronc plus qu’imposant. Ce pin a probablement vu arriver les fondateurs de la citadelle tant il est vieux. à côté, un bout de la muraille médiévale qui ceinturait toute la forteresse est encore debout comme pour narguer le temps.

De tous les villages kabyles, on peut dire sans risque de se tromper que la Kalaâ des Ath Abbas est la plus chargée d’histoire. Cette citadelle inexpugnable, qui est déjà une forteresse naturelle en ce sens qu’elle est édifiée sur un plateau rocheux cerné de falaises abruptes, a été fondée vers 1510 par l’émir Abderrahmane et son fils El-Abbès après la prise de Bougie par les Espagnols. Au fil des années et des siècles, elle est devenue un bastion de la résistance à l’envahisseur espagnol, turc et français. Entre une guerre et un siège, une attaque et une invasion, la Kalaâ et, par-delà, toute la confédération des Ath Abbas qui regroupe actuellement les communes d’Ighil Ali, Aït Rzine et Boujellil, a rayonné sur tout le nord du pays. Elle a exporté et ses produits et ses artisans aux quatre coins de l’Algérie actuelle.

Depuis la guerre de Libération, Kalaâ est un village fantôme et notre visite ne pouvait commencer que par la grande mosquée du village qui semble en ce jour de prières abriter quelques âmes. Cheïkh El-Mokrani, leader de l’insurrection de 1871 y est enterré. Ce lieu de culte a été entièrement rénové. Seul le mihrab avec ses roues en bois a connu le cheïkh. Avec son frère Boumezrag et le non moins prestigieux cheïkh Aheddadh de Seddouk, il a combattu les Français avant de mourir le 6 mai 1871 dans les environs de Bouira d’une balle qui lui a traversé le cou alors que du haut d’une colline il supervisait une bataille.

Non loin de la mosquée, des maisons en ruine. Certains disent qu’elles appartenaient aux Mokranis, d’autres qu’elles servaient de mess aux officiers du bachagha. à quelques pas de là, Mourad, notre guide pour la circonstance, soulève un bout de tôle rouillée qui donne à voir l’entrée d’un tunnel bien construit, mais noyé sous l’eau. C’est la poudrière d’El-Mokrani. Quand il n’est pas sous les eaux de la fonte des neiges ou de la pluie comme maintenant, le tunnel donne sur une maison souterraine où l’on fabriquait de la poudre et des munitions. Comme tous les autres vestiges, cet endroit va tomber en ruine dans quelques années sans que quiconque s’en soucie. Abderahmane, un ami qui nous accompagne, fulmine : “C’est vraiment à se cogner la tête contre les murs ou à s’arracher les cheveux. Depuis l’indépendance à ce jour, personne ne s’est soucié de préserver ce village historique, ce trésor de la mémoire collective !”

C’est la dernière révolution, celle de 1954, qui a porté un coup fatal à Kalaâ. Haut lieu de la résistance, le village a été bombardé lors de l’opération dite “Pierres précieuses” — appréciez l’ironie— et décrété zone interdite par les autorités coloniales. D’Ighil Ali, une quinzaine de kilomètres à vol d’oiseau, on envoyait des obus de mortier à la moindre lueur de bougie et au moindre mouvement suspect repérés à Kalaâ.

Du temps de sa splendeur jusqu’à l’occupation française, la citadelle a compté, à certaines époques, jusqu’à 8 000 habitants. En fait, une véritable puissance militaire et économique. Aujourd’hui, la plupart des maisons sont éventrées, mais elles laissent voir de splendides formes architecturales et de vieilles portes massives dont certaines sont sculptées.

Les fameuses portes des Ath Avla ou de Tabouaânant. “Encore des pièces de musée qui pourrissent sur pied !”, laisse échapper Abderrahmane avec dépit. à l’époque des sultans et des Amokrane des Ath Abbas, une grande muraille ceinturait toute la forteresse. Elle comportait six portes principales toutes gardées et des rampes de lancement pour les canons. “Ce sont les Aït Lahcen qui ont fabriqué ces canons, nous dit Abdelmalek, un prof de lycée membre de l’association El-Mokrani qui s’est joint à nous, ce sont des Autrichiens d’origine, probablement des prisonniers de guerre, mais ils se sont intégrés à la culture locale et ont apporté leur savoir-faire. Ceci dit, les juifs aussi ont contribué à l’essor de la Kalaâ, car il existait une communauté juive qui vivait sous l’anaïa —la protection— des Ath Abbas”. Lorsque nous demandons à voir ces fameux canons, on nous répond qu’ils se trouvent, aujourd’hui, à Constantine, dans le jardin épigraphique et leur signe distinctif est qu’ils portent des inscriptions en arabe avec une fleur de lys ornée d’une couronne royale. Nous déambulons dans les ruelles étroites et couvertes de neige par endroits sans rencontrer âme qui vive. Cette maison appartient à la famille de Ali Haroun, nous apprend notre guide. Celle-ci à tel général bien connu, celle-là à tel autre non moins fameux. Beaucoup des enfants de Kalaâ ont exercé de hautes responsabilités ou l’exercent encore. “Ici, nous dit Djamel, un professeur d’histoire à l’université qui nous a rejoint, il y avait les mares de Ouled Aïssa. Sept bassins naturels creusés à même la roche et qui servaient à recueillir les eaux pluviales.” Quand il parle de l’histoire de son village, Djamel est intarissable. Avec bienveillance, il nous emmène chez lui pour nous faire admirer une porte sculptée. L’une des plus belles qu’il nous a été donné de voir. “Ces dessins que vous voyez sont des motifs juifs mauresques”, nous explique-t-il à propos des sculptures qui ornent les deux battants de l’immense porte. Ce passionné d’histoire est le seul à posséder encore un bout de la côte de maille que portaient les rois de Kalaâ quand ils partaient en guerre. Comme celle que revêtait le sultan Abdelaziz quand il fut tué en juin 1510. Ces armures ont malheureusement toutes disparu à cause d’une superstition qui leur conférait le pouvoir de donner des enfants aux femmes stériles qui en arrachaient un petit lambeau.

Nous passons à côté de l’une des plus anciennes mosquées de Kalaâ, celle de Sidi Ahmed Oussanoun, sans pouvoir y pénétrer. “Elles est complètement en ruine, mais nous pouvons apercevoir une sorte de catafalque en bois sculpté et orné d’étranges motifs. Ce sont les mêmes motifs que l’on retrouve sur certaines portes. à l’origine, c’était une peinture noire et rouge faite avec des éléments naturels”, nous explique Abdelmalek. “Et vous laissez pourrir une telle pièce de musée ?”, s’étonne Abderrahmane.

Djamel, sur sa lancée, nous apprend que les Ath Abbas font partie des berbères sedouikches (?). D’après lui, les Normands leur ont appris la technique des moulins à vent et les Vikings l’art de construire des bateaux. La galère, ce petit bateau qui écumait la Méditerranée, aurait été copié du drakkar. Le roi des Ath Abbas avait des vigies partout. Les postes de vigie (chouaffa) allaient de l’Atlas blidéen jusqu’à Takerbouzt, de Gouraya jusqu’à Tazmalt et de l’Atlas saharien jusqu’à Medjana. Des feux servaient de colline en colline à communiquer et à donner l’alerte en cas de mouvements de troupes hostiles.

 Il avait ses cavaliers dans les Hauts-Plateaux et deux corps stationnaires de l’armée régulière étaient basés à Tazla et à Tala-Mzida. Belaguel, Vounda, Tazla et bien d’autres lieux-dits étaient des postes avancés du royaume. à propos de Vounda que nous pouvons apercevoir au loin, nos hôtes nous apprennent que c’est le village d’origine des Boukharouba dont le plus connu s’appelle Houari Boumediene. Leur ancêtre a émigré de Vounda à Guelma. “Vous voyez ? Là bas, c’est Tala-Mzida. Vers 1520 Pedro de Navarro est arrivé avec ses fantassins jusque ici”, nous dit Abdelmalek.

Sid Ahmed Ghozali est également arrivé jusqu’à Kalaâ accompagnés de plusieurs officiels dont Ali Haroun, mais lui, contrairement au général espagnol, n’avait pas d’intentions belliqueuses, en ce sens qu’il n’est pas venu pour assiéger la citadelle. Il est venu pour admirer le village et le paysage, faire quelques promesses d’aide et il est parti pour ne plus revenir comme tous les officiels qui débarquent ici pour faire rejaillir le prestige historique de la Kalaâ sur leurs augustes personnes. Passées ces visites de commémoration, Kalaâ replonge dans l’oubli et l’anonymat, dormant sous une épaisse couche de neige, de poussière ou d’indifférence.

Abderrahmane s’insurge : “Si Cheïkh El-Mokrani avait été arabe comme Bouaâmama ou Abdelkader, il aurait sûrement bénéficié de budgets conséquents pour l’entretien de sa mémoire à travers films, livres et musées. Et encore, il n’y a pas que lui à Kalaâ. El-Mokrani n’est, finalement, que le dernier maillon d’une prestigieuse lignée de sultans, d’émirs et de chefs qui ont aidé à forger la conscience nationale à travers leur résistance aux envahisseurs”.

Pendant quatre siècles et demi, la citadelle a compté par moments plusieurs milliers d’habitants sans prendre en compte tous les villages qui l’entourent et qui constituent la confédération des Ath Abbas. Ils avaient une armée régulière et des paysans guerriers qui prenaient les armes en cas de guerre ou d’attaque. Il y avait aussi une armée d’artisans forts habiles. On y fabriquait des vêtements, surtout des tapis et des burnous faits avec de la laine, des bijoux, des armes, de la poudre, des tuiles pour les maisons, des boiseries, des selles pour les chevaux, du cuir tanné, du savon et beaucoup d’autres produits. “à titre d’exemple, c’est d’ici que les Ath Yenni ont pris l’art de la bijouterie faite à base d’argent”, précise Djamel.

Nous poursuivons notre pèlerinage pour aboutir à Tajmaâth Nettzayart où quelques enfants jouent avec de la neige. Ils sont venus avec leurs parents pour le week-end et parlent en arabe. Ici, l’histoire vous interpelle à chaque coin de rue. “Là, nous dit Abdelmalek, C’est la maison du caïd Izem. Il y avait le téléphone du temps où cela n’existait peut-être même pas à Alger”. “Nous pénétrons dans une autre maison abandonnée, mais qui a dû être prestigieuse au vu de ce qui en reste. Akham El-Valar était la demeure d’un caïd qui a pris la fuite. Le colonel Amirouche en a fait son PC. Le PC proprement dit est dans une pièce qui donne sur un ravin vertigineux. En cas d’alerte, on pouvait s’y échapper facilement. De là, nous nous rendons à Chaffa. Un promontoire rocheux situé à l’extrémité du village et qui domine toute la vallée au-dessous de Kalaâ. à nos pieds, des falaises abruptes de près 500 mètres où la vue vous coupe littéralement le souffle. Elle embrasse tout le versant sud du Djurdjura, une grande partie de la vallée de la Soummam, le massif des Bibans jusqu’à Kherrata et vers l’ouest jusqu’à l’entrée de Bouira. Assurément, l’altitude de Kalaâ, qui est de1100 mètres, permet une vue auquelle seuls les aigles sont familiers”. “Vous voyez cette petite maison en bas, nous dit Abdelmalek, c’était la synagogue juive. On l’appelle encore, aujourd’hui, El-djamaâ Touzzaguine”.

Bouguermouh, le cinéaste, est venu ici pour tourner son fameux film La Colline Oubliée d’après l’œuvre de Mouloud Mammeri. Le village de Kalaâ est encore l’un des rares villages kabyles à sauvegarder une architecture typiquement berbère, mais il a dû renoncer, gêné qu’il était, par les hideux poteaux électriques qui hérissent le village et déforment le paysage. Il s’est contenté d’emprunter quelques portes anciennes pour les besoins de son film.

Une seule journée ne suffit assurément pas pour faire connaissance avec la Kalaâ, l’ancien royaume des Ath Abbas, que nous quittons avec regrets, mais avec la ferme promesse d’y revenir. C’est un village qui a beaucoup donné sans rien recevoir en retour. Aujourd’hui, ses enfants se trouvent éparpillés dans les 48 wilayas du pays et ailleurs dans le vaste monde. Une forte colonie se trouve toujours en Nouvelle-Calédonie lorsque la France a déporté Boumezrag et tous ses lieutenants après l’insurrection de 1871.

Avec ses siècles de résistance et son mode d’organisation, la Kalaâ, qu’on ne s’y trompe pas, a constitué les premiers germes qui ont enfanté l’Algérie en tant que nation. Elle comporte encore une grande partie de l’âme kabyle qui tend à disparaître chaque jour un peu plus. à ce titre, elle doit être restaurée, préservée et classée patrimoine historique national. Elle le mérite bien, car elle a tant donné à l’Algérie alors que l’Algérie ne lui a encore rien donné en retour.

ACTES DE LA CONFERENCE DU 28 JUILLET 2011 SUR LE ROYAUME FORT ET INDEPENDANT DES ATH ABBAS

(El-Hachemi Oukil)

 

-Montagne des Ath Abbas (M de Labez ou El Abbas d’où vient l’appellation des Ath Abbas) et le royaume de Koukou au 16eme Siècle.

Le chef de la Kalâa dont la puissance augmentait de jour en jour s’allia avec le roi

de Koukou dont il épousa la fille. Il constitua une armée forte et menaça ouvertement

Bougie.

Durant les nombreuses batailles qu’il dut livrer, Abdelaziz a eu largement le temps de

se rendre compte que ce sont les mousquets qui confèrent leur avantage aux turcs sur le

terrain et il fera tout pour en avoir.

C’est durant son règne que la Kalâa se dotera de fabriques d’armes avec l’aide des renégats, des chrétiens et des Andalous chassés d’Espagne qu’elle accueille en grand nombre et qui

apportent leur savoir-faire.

La Kalâa devient une grande ville fortifiée, puissante et riche. Abdelaziz mourra en

1559 au cours d’une bataille livrée contre les turcs.

Les turcs emportent sa tête et l’exposent une journée entière à la porte de Bab Azzoun avant de l’enterrer dans une caisse en argent.

Son frère Ahmed lui succède et continue son œuvre.

Pour administrer ce vaste territoire s’étendant du Sud jusqu’aux montagnes de Kabylie, il établit de nombreux postes renforcés dans lesquels il laissa des garnisons qui étaient fréquemment changées pour empêcher des relations trop suivies entre ses soldats kabyles et les populations nouvellement soumises.

Il perpétua également une très vieille tradition qui consistait à établir une série de vigies sur les points culminants des montagnes.

Ces postes d’observation communiquaient à l’aide de fumée ou de jeux de miroir le jour et de feux pendant la nuit et transmettaient les nouvelles et les alertes rapidement du sud jusqu’à Kalâa, la capitale du royaume

. C’est ce que nous apprend Berbrugger dans son Epoques Militaires de la Grande Kabylie

 

Conclusion :

La ville de Béjaia s’est constituée à compter du XIéme siècle et a subi les contre coups de l’histoire comme toutes les villes convoitées du bassin méditerranéen.

Si la Kalâa a traversé le temps en tant que forteresse militaire hammadite, elle deviendra la capitale du royaume des Ath Abbas après le déclin de cette dynastie et la prise de Bougie par de nouveaux conquérants espagnoles.

Nous déduisons par recoupement que -le besoin créant l’organe- tous les villages environnants ont pris forme à partir de 1510 et ont gravité autour de cette citadelle jusqu’à l’avènement en 1830 du colonialisme français qui édicta une nouvelle forme d’organisation administrative spécifique ayant comme objectif la déstructuration de sa cohésion sociale et la désagrégation de son ciment identitaire dont les effets se ressentent cinquante ans après la libération du pays.

Omar BOUAZZA 

Omar BOUAZZA

ombo47@gmail.com

bouazzaomar1@yahoo.fr

omarbouazza2@yahoo.fr 


Références documentaires:

http://www.panoramio.com/photo/90988833

http://fr.wikipedia.org/wiki/Kal%C3%A2a_des_Beni_Abb%C3%A8s

http://rabahnaceri.unblog.fr/histoire-de-bgayet/

http://www.takorabt.com/Histoire/AthAbbas.pdf

http://www.piednoir.net/guelma/histoire/conquetebougiespagnejuillet2012.html

http://athabbas.blogspot.com/2012/05/le-royaume-independant-de-la-qalaa-nath.html

http://www.piednoir.net/guelma/histoire/conquetebougiespagnejuillet2012.html

http://rabahnaceri.unblog.fr/histoire-de-bgayet/decouverte-dun-canon-du-xvie-siecle/

http://xxx.lanl.gov/ftp/math/papers/0304/0304219.pdf

http://fr.wikipedia.org/wiki/Royaume_des_A%C3%AFt_Abbas

http://tazla-en-kabylie.over-blog.com/categorie-12328697.html 

http://rabahnaceri.unblog.fr/histoire-de-bgayet/triq-es-soltane-litineraire-du-roi-par-dj-alilat/

Références Vidéos:

 

Béjaia :

http://www.youtube.com/watch?v=S8VCY-l2k5s

http://www.youtube.com/watch?v=-etb8j4h4Tk

http://www.youtube.com/watch?v=SUl-1dAXv88

Ath Abbas :

http://www.youtube.com/watch?v=u2oj3_6mUaU

http://www.youtube.com/watch?v=NuPSm8tb1D8

http://www.youtube.com/watch?v=1_IiwIp0v0E

Omar BOUAZZA 

omarbouazza2@yahoo.fr 

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Published by Omar Bouazza Athsaidha
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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 09:04

3éme partie

Royaume des Aït Abbas

 

La Kalâa des Ath Abbas :

Wikipedia :

Toponymie

L’appellation de Kalâa des Beni Abbès est attribuée à El Abbès, fils du dernier sultan hafside de Béjaïa, les exploits de son fils Abdelaziz Ben Abbès, lui vaille que son nom soit rattaché à la Kalâa et ses alliées4.
La Kalâa des Beni Abbès n’est pas mentionnée par aucun auteur avant cette date, El Mérini, un auteur maghrébin du XVIe siècle cite que les fils du roi de Béjaia se sont réfugiés dans la Kalâa d'El Ouennougha, selon certains auteurs cette Kalâa est l’actuelle Kalâa des Beni Abbès, en outre la chaine des Bibans se nommait El Ouennougha avant la colonisation française5.
Époque hammadide
Le site de Kalâa était un fort hammadide lié à la Kalâa des Béni Hammad qui abrite un contingent militaire pour assurer le contrôle du passage stratégique des « portes de fer » (Bibans) ainsi que la vallée de la Soummam et une étape du triq sultan7, le site comportait :
  • le fort militaire hammadide : il n’en reste actuellement que des vestiges sur les lieux appelés Akhriv Ouziri (ruines de Ziri) ;
  • la place d’armes hammadide : lieu de présentation des troupes situé devant la Grande Mosquée, appelé actuellement Loudha Laâli ;
  • la fonderie de Kalâa (1366-1871) : les français explorateurs et des officiers de l’armée française ont signalé l’existence de pièces d’artillerie de gros calibre trouvées à Kalâa entre 1848 et 1865. Charles Féraud (officier traducteur) a signalé dans la Revue Africaine, l’essor qu’ont connu ces canons appelés par les spécialistes « Tours de force » vu leur volume et leur poids.
Époque hafside
La Kalâa s’est développée avec la fin du règne du dernier sultan hafside de Béjaïa, Abou El Abbés Abdelaziz8, lorsque les deux fils de ce dernier, l’Émir Abdrrahman et l’Émir El Abbés9 et une partie des habitants de Béjaïa, fuyant l'occupation espagnole de la ville, conduite par Pedro Navarro en 1510, s'y sont réfugiés à la casbah fortifiée pour échapper aux mêmes atrocités, commises par les espagnols à Oran lors de la conquête de cette ville10 et ils ont constitué les premiers habitants de la Kalâa11. Elle sera dirigée par les descendants du dernier roi hafside de Béjaia pendant plus d'un siècle, c'est parmi cette même lignée que seront recrutés les grands chefs des Béni Abbas jusqu'au début de la colonisation française dont le dernier est le Cheikh El Mokrani8.
Époque de la Régence d’Alger
Les fils du sultan Abdelaziz ont choisi le site de la Kalâa au XVIe siècle pour sa difficulté d’accès et sa position défensive afin d'édifier leur capitale12; la Kalâa comportait pendant cette période :
  • le palais royal (aucune trace n’en reste) ;
  • le quartier entourant le palais royal dont il reste des vestiges à ce jour. Un explorateur français[Qui ?] a réalisé une esquisse d’une maison de Kalâa composée d’une cour intérieure et un rez-de-chaussée et d’un étage, avant que Kalâa ne soit saccagée par le général d’Armand en août 1871. Certaines parties du quartier ont été totalement reconstruites ; toutefois, le cachet architectural originel demeure en plusieurs endroits, des portails portent encore des gravures réalisées par les sculpteurs juifs et mauresques de l’Andalousie ;
  • les remparts : jusqu’à ce jour on peut observer les vestiges de fortes murailles dans certaine zones notamment à Thagurth Ou Aji (porte de Aji, à l’entrée de Kalâa) et à Thagurth El Bordj (la porte de la citadelle, entrée nord-est) appelé S’Sour Ouroumi ;
  • les sites historiques : mosquées, mausolées et garnisons militaires, Kalâa compte au total 14 mosquées et mausolées.
En 1553, la kalaa connait la première expédition ottomane, le mur d’enceinte de la kalaa est édifié suite à cette expédition13.
L'an 1510 , voit un grand tournant dans l'histoire de Bougie et de ses habitants. Pierre de Navarre, écrase les troupes du Sultan de Bougie et de ses alliés et s'empare de la ville10. Les Espagnols persécutent fortement la population , dont bon nombre s'enfuirent. Ils organisent à partir de cette position des razzias dans l'arrière-pays. Les conquérants soumirent les habitants aux lois de l'inquisition espagnole en vigeure11. Les Juifs mais aussi leurs congènaires musulmans et certains renégats chrétiens se réfugiènt auprès du sultan Abderahman de Bougie 12 sur les monts des Bibans où les Abbassides fondèrent un petit royaume autour de la Kalaâ des Béni Abbas13,14. Il a été attesté par plusieurs écrivains et historiens de l’époque que les juifs de petite Kabylie étaient, au xvie siècle, en majorité des artisans bijoutiers et cordonniers13. A son apogée au xvie siècle, la cité des Beni Abbès est une véritable ville forteresse de 80 000 âmes , dont 300 juifs et une synagogue15,16. Les Juifs andalous y introduisent un nouvel art importé de leur ancien pays , l'orfèvrerie émaillée , une technique permettant la création de bijoux et ciselures d'armes sophistiqués17. Lorsqu'il mentionne les communautés juives de l'interrieure au même siècle , Hischberg cite la Kalaa aux côté de Médéa et Miliana18. La prise de la ville de Bougie en 1553 par les Turcs , n'attire que très peude juifs. Il faudra attendre l'investigation de certains marchands d'Alger pour que la ville retrouve un semblant de commerce notoire mais qui s'éteint au lendemain de la conquête française.
Les localités du royaume des Abbasides acceuillent nombre de refugiés de Bougie. Il y avait, parmi ces réfugiés, des constructeurs, des orfèvres, des ébénistes qui allaient mettre leur savoir-faire au service des populations locales19,20. Au xixe siècle, la pluspart des bijoutiers et orfèvres de petite Kabylie sont encore presque tous juifs21. En 1850 , les Juifs bougiotes quittent la compagne pour les colonies françaises de Sétif , Alger et Bejaïa dépourvue de ses juifs depuis22. On mentionne une petite colonie juive installée à Dellys23.
Royaume des Ait Abbas
Tagelda n Ait Abbas
15201871
Carte des tribus de Grande Kabylie et le drapeau de Béjaïa (sous les Hafsides). Le fondateur du Royaume d'Ait Abbas prince de Béjaïa est un allié des Hafsides avant de s'émanciper en 1510 date de leur défaite face aux Espagnols. Il reprendra les symboles et l'administration locale à son compte. Le second drapeau a été capturé par l'armée française dans le Djurdjura lors de la conquête de l'Algérie et il est semblable à la description du drapeau de Boumezrag Mokrani1.
 
Entités précédentes :
Royaume des Hafsides
Entités suivantes :
Algérie Française
Le Royaume des Aît Abbas est un État dont l'autorité s'étendait sur la petite Kabylie du XVIe siècle au XIXe siècle. Sa capitale était la Kalâa des Beni Abbès une citadelle dans les Bibans. Ce sera un bastion de résistance aux Espagnols puis aux Ottomans et enfin aux Français face auxquels il maintiendra l'indépendance de la région.
Sommaire
1 Fondation
2 Relation au Royaume de Koukou
3 Résistance aux Ottomans
4 Chute du Royaume
5 Notes et références
Fondation
Article détaillé : Histoire de Béjaïa.
Arbre généalogique des Amokrane du Royaume des Ait Abbas.
En 1510, sur la lancée de la Reconquista, les Espagnols s'emparent de Béjaïa aux mains des Berbères hafsides. Ils organisent à partir de cette position des razzias dans l'arrière-pays. Les Berbères de la région cherchent protection à l'intérieur des terres et prennent pour nouvelle capitale la Kalâa des Beni Abbès, au cœur de la chaîne des Bibans. Cette ville était une ancienne place fortifiée de l'époque hammadide et une étape du triq sultan la route commerciale allant des Hauts Plateaux à Béjaïa, c'est le sultan Abderahmane qui choisira le site pour des raisons sécuritaires. Le règne de son petit-fils Abelaziz fera sortir le nom de la Kalâa de l'anonymat, à son apogée la cité comptait 70 000 habitants et rivalisait alors avec Tunis, il prendra alors le titre d'Amokrane. C’est durant son règne que la Kalâa se dotera de fabriques d’armes avec l’aide des renégats chrétiens ainsi qu'une partie des habitants de Bougie chassés par l'occupation espagnole ,dont des andalous , musulmans , ainsi qu'une communauté juive qu’elle accueille en grand nombre et qui apportent leur savoir-faire2.
Relation au Royaume de Koukou
Le royaume de Koukou implanté en Kabylie de l'autre côté de la vallée de la Soummam, sera un rival dans la région. Les Ait Abbas durant le XVe siècle entreront plusieurs fois en guerre avec lui, s'alliant parfois avec les Ottomans qui jouaient sur la rivalité entre les deux royaumes pour espérer s'implanter en Kabylie. Cependant les relations se détériorant avec la Régence d'Alger et à l'occasion de mariages entre les grandes familles des deux royaumes, il deviendront progressivement alliés3.
Résistance aux Ottomans
Entre le XVIIe siècle et le XIXe siècle il y aura plusieurs conflits entre les royaumes kabyles d'Aït Abbas et de Koukou et la Régence d'Alger dont les principaux ont eu lieu en 1609 où les Kabyles ont dévasté la Mitidja et menacé Alger, entre 1758 et 1770 dans toute la Kabylie et entre 1805 et 1813 dans la vallée de la Soummam2. Enfin en 1823 ils entrent en révolte contre l'autorité de la Régence et coupent les voies de communications entre Alger et Constantine. Ce n'est qu'après plusieurs mois de combats que l'agha Yahia parvient à négocier la soumission des tribus et en 1824 est signé le dernier traité de paix4. Globalement le royaume, qui bénéficie d'une certaine reconnaissance internationale (représentations diplomatiques en Espagne, notamment), contribue à préserver une relative autonomie de la région par rapport au reste de la régence d'Alger5.
Après une période de rivalité où alternent phases de paix et de guerre entre Ottomans et Kabyles pour le contrôle d'Alger, leurs relations se stabilisent à l'époque des deys. Son autonomie fait l'objet d'une reconnaissance tacite qui marque une étape importante dans la constitution de l'identité régionale.
Le royaume contrôle le passage stratégique des Portes de Fer appelés Tiggoura par les Kabyles et Demir kapou par les Turcs qui est un point de passage obligatoire sur la route reliant Alger à Constantine. La Régence d'Alger devait payer un tribut pour le passage de ses troupes, dignitaires et commerçants. C'est d'ailleurs dans l'Algérie de l'époque le seul endroit où le pouvoir Makhzen de la régence payait un tribut à des populations locales insoumises6.
Le voyageur français Peyssonnel écrivit en 1725:
« Ces troupes (la milice, turque) si redoutables dans tout le royaume, sont obligées de baisser leurs étendards et leurs armes, en passant par un détroit fâcheux appelé la Porte de fer, entre des montagnes escarpées. La nation dite Benia-Beïd (Beni-Abbas), qui habite ces montagnes, les force à la soumission. [...] et ils s'estiment encore heureux d'être en paix avec eux, sans quoi il faudrait aller passer dans le Sahara pour aller d'Alger à Conslantine6. »
Chute du Royaume
Avec l'arrivée progressive des Français dans la région le royaume des Ait-Abbas aura une position changeante, soutenant la Régence d'Alger face à l'invasion française puis les révoltes de Lalla Fatma N'Soumer, mais signant plus tard la paix avec la France qui nommera Bachagha son chef Mohamed Amokrane. Mais face aux tentatives d'expropriation, Mohamed Amokrane, dernier Amokrane (chef) du royaume, entrera en guerre en 1871 avec la « révolte des Mokrani », où la confrérie de la Rahmaniya joue un grand rôle. La répression se solde par de nombreuses arrestations, des spoliations et des déportations en Nouvelle-Calédonie (c'est l'origine des « Kabyles du Pacifique »)7.
Notes et références
Louis Rinn, Histoire de l'insurrection de 1871 en Algérie, Alger, Librairie Adolphe Jourdan, un poème populaire ancien rapporté sur la révolte de 1871, p. 285
a et b Youcef Allioui, Les Archs, tribus berbères de Kabylie : histoire, résistance, culture et démocratie, L'Harmattan, 2006, (ISBN 2-296-01363-5), p. 205
Tahar Oussedik, Le royaume de Koukou
Ernest Mercier, Histoire de la Berbérie, tome III, p. 515-516.
Henri Aucapitaine, Les confins militaires de la Grande Kabylie sous la domination turque (Province d'Alger), Moquet, 1857.
a et b Société Archéologique Coloniale,Notices et Mémoires de la Société Archéologique de la Province de Constantine , Volume 5 de la deuxième série, 1871-1872, BnF ,p249
Alain Mahé, Histoire de la Grande Kabylie XIXe XXe siècles : Anthropologie historique du lien social dans les communautés villageoises, Bouchêne, Paris, 2001 (ISBN 2-912946-12-3).
http://athabbas.blogspot.com/2012/05/le-royaume-independant-de-la-qalaa-nath.html
 Les espagnols et les ottomans y ont été tenus en échec : Le royaume indépendant de la Qalaâ n’Ath Abbès fête son 500e anniversaire
Cette année, la commémoration du 139e anniversaire de la mort, sur le champ de bataille, de El Hadj Mohamed El Mokrani, leader de l’insurrection de 1871, menée avec l’appui de Cheikh Aheddad, coïncide avec la célébration du 500e anniversaire de la naissance du royaume indépendant de la Qalaâ n’Ath Abbès dans les Bibans.
La relation entre ces deux événements vient du fait que El Mokrani a été le descendant direct des Ath Mokrane, fondateurs du royaume des Ath Abbès au XVe siècle. Mokrane, signifiant le chef ou le sultan en berbère, la fonction a donc créé le nom patronymique. Pour rappel, en 1510, après la chute de la ville de Béjaïa entre les mains des Espagnols, les fils du sultan de la cité hafside, une partie de sa cour ainsi que de nombreux artisans, intellectuels, réfugiés andalous ou simples citoyens trouveront asile à la casbah fortifiée de la Qalaâ n’Ath Abbès fondée par Sidi Abderrahmane, ancêtre des Mokrani, vers 1450.
Pedro de Navarro s’étant emparé de Béjaïa, c’est un véritable transfert du pouvoir qui s’opère alors vers l’arrière-pays. Vers ce pic quasiment inaccessible des Bibans et dont la mission militaire a toujours été degarder le passage des portes de fer et l’entrée de la vallée de la Soummam, sous la houlette du brillant stratège Abdelaziz Amokrane, le royaume naissant va prospérer et tenir tête aux Espagnols puis aux Ottomans. La Qalaâ deviendra alors un important centre politique, militaire et économique régnant sur un territoire s’étendant du Djurdjura jusqu’aux portes du désert. Les Turcs organiseront plusieurs expéditions militaires contre la forteresse des Ath Abbès, mais ne parviendront jamais à la faire plier. Pis encore, ils doivent se soumettre à l’impôt et baisser leur étendard au passage des portes de fer gardé par les Ath Abbès. Jusqu’à sa chute en 1624, date à laquelle meurt assassiné son dernier sultan, la Qalaâ jouera un rôle politique majeur dans un Maghreb en proie à de multiples divisions nées du déclin des dynasties hafside, mérinide et abdelwadide.
A titre d’exemple, en 1545, Abdelaziz Amokrane s’allie aux Ottomans pour repousser une invasion des Marocains saâdides alliés aux Espagnols. Cette victoire, obtenue grâce aux troupes de Abdelaziz, jouera un rôle dans la formation de la future Algérie par la mise en place des premiers éléments du traçage des frontières. Même si le prestige de la dynastie des Ath Mokrane ira déclinant, il se maintiendra jusqu’au jour où El Hadj Mohamed El Mokrani décide de déclarer la guerre aux Français en mars 1871. Ce mercredi 5 mai, donc, de très nombreux invités et citoyens se sont retrouvés avec la délégation des autorités officielles de la wilaya de Béjaïa, à la Qalaâ n’Ath Abbès pour commémorer ce double anniversaire en se recueillant sur la tombe du martyr El hadj Mohamed El Mokrani.
Une conférence retraçant l’histoire de cette cité forteresse a également été donnée par le professeur Seddik Djamel.
Béjaïa, le chef-lieu de wilaya, a également fêté ce double anniversaire par une grande exposition qui s’est tenue au siège du TRB.
Initiée par l’association Gehimab, en partenariat avec le Cnrpah, le ministère de la Culture et l’association Nadi El Mokrani de la Qalaâ, l’exposition avait pour objectif de faire connaître au grand public le rôle joué par le royaume indépendant des Ath Abbès à une époque charnière de l’histoire de l’Algérie. L’exposition avait aussi pour objectif de faire le point sur les divers travaux engagés à la Qalaâ.
Un musée pour la Qalaâ et un mausolée pour les Mokrani
http://www.elwatan.com/dist/puce.gif Selon Mourad Nacer, directeur de la culture de la wilaya de Béjaïa, la Qalaâ n’Ath Abbès aura bientôt son musée. Il regroupera un ensemble d’objets et de documents historiques liés à la culture et l’histoire du royaume, qui a défié les Espagnols et les Ottomans et assuré une permanence maghrébine aux XVe et XVIe siècles. L’idée de l’érection d’un mausolée en l’honneur de Mohamed El Mokrani et de son frère Boumezrag a également été retenue par les autorités de la wilaya. Comme pour Cheikh Aheddad et ses deux fils Aziz et M’hand, il est question, en effet, de transférer les ossements des deux chefs des Ath Moqrane, El hadj Mohamed, enterré dans le cimetière familial de Djamaâ El Kebir et Boumezrag, enterré au cimetière de Sidi M’hamed, à Alger, vers un mausolée digne de leur statut de figures historiques nationales. Par ailleurs, nous avons également appris qu’une opération de restauration de la Qalaâ n’Ath Abbès a été inscrite pour l’année 2010, sur proposition du wali de Béjaïa avec l’appui du ministère de la Culture. Cette opération concerne le mausolée du sultan Ahmed Ben Abderrahmane, dit mosquée Ousahnoun, la grande mosquée dite Djamaâ El Kebir, le mausolée de Cheikh El Mokrani, sa maison, la medersa des oulémas musulmans construite en 1934 ainsi que la poudrière souterraine de Mokrani.
Par Djamel Alilat

Triq Es Soltane (l’itinéraire du roi) par Dj Alilat

Il y a tout juste mille ans, en 1007, naissait dans le Hodna, au pied du Djebel Taqarbouzt, la Dynastie Berbère des Hammadites. Dans un milieu quasiment désertique, le royaume de la Qalaâ des Beni Hammad allait faire naître une brillante mais éphémère civilisation, qui allait rayonner sur tout le Maghreb.
Soixante années après sa naissance, les souverains de ce royaume prospère durent transférer leur capitale des Hauts-Plateaux du Hodna vers les montagnes kabyles de Béjaïa, fuyant devant les essaims dévastateurs des Beni Hilal et des Beni Solaïm. Du Djebel Mâadhid jusqu’au Mont Gouraya, c’est une longue route parsemée de caravansérails et de forteresses que durent emprunter les émirs et leurs populations pour une formidable migration, qui a duré des dizaines d’années, créant au passage une autoroute médiévale baptisée Triq Essoltane.
Dans leur migration, les Hammadites utilisaient l’ancienne voie romaine qui reliait les Hauts-Plateaux sétifiens à Saldae (Béjaïa) par Bordj Bou Arréridj, Medjanna, Bordj Boni, Ighil Ali, Tablast, actuellement Allaghane, avant de longer la vallée de la Soummam jusqu’à la mer. C’est ce trajet que nous avons tenté de refaire avec un rétroviseur braqué sur le passé. A mesure que la voiture quitte les mornes plaines des environs de Msila pour grimper vers le Maâdhid, on a l’étrange impression de se retrouver dans le sud des Aurès. C’est le même paysage de montagnes rocailleuses et de ravins tapissés de verdure qui rappellent les célèbres gorges du Ghouffi. En nous arrêtant pour contempler ce paysage, où cohabitent le vert tendre du laurier rose et le jaune des montagnes schisteuses, notre chauffeur, voyant surgir sur le flanc des collines semé de cactus, des maisons de pierres sèches coiffées de tuiles romaines, s’exclame : « Tiens, on se croirait en Kabylie ! » Pour des Bougiotes partis en pèlerinage sur les terres de la première capitale des ancêtres, le lien est vite fait. Nous traversons la ville de Bechara, qui paraît très animée en cette fin de semaine, avant de voir surgir au loin le fameux minaret de la mosquée de la Qalaâ.
Un vestige séculaire
Au pied de cet immense vestige de 25 m qui vous contemple du haut de ses dix siècles d’histoire, nous sommes tout de même saisis par une certaine émotion. La tour est tellement haute, qu’on a de la peine à la faire rentrer dans l’objectif de l’appareil photo. On ne se lasse pas d’en faire le tour et de la contempler sous tous les angles. Plus on la contemple, plus elle nous paraît familière : ces pierres sèches et cette architecture austère ressemblent à toutes ces maisons kabyles qui parsèment les flancs familiers des Bibans. En plus grand, bien sûr. Les vestiges de la Qalaâ étant situés plus hauts que les villages du Maâdhid, aux alentours, il n’y a que quelques bergers gardant stoïquement leurs troupeaux de moutons sous un soleil de plomb. Au bout d’une heure de visite, l’un des bergers, un vieux monsieur coiffé de son chapeau de paille, s’approche discrètement. Nous profitons de l’occasion pour engager la conversation. Disponible et avenant, notre homme s’avère être un ancien gardien qui a travaillé 35 ans sur le site de la Qalaâ. Amar Ferahtiya, 68 ans, est intarissable sur le sujet. Une vraie mine d’or. A l’ombre de l’immense minaret, cet homme, qui n’a jamais été à l’école, nous raconte ce qu’il a appris à force de côtoyer les chercheurs et les archéologues. « Le site de la Qalaâ des Beni Hammad s’étend sur 7 km. Cette tour est dotée de 131 marches. Sa hauteur initiale est de 30 m, mais elle n’en a plus que 25 après sa restauration », dit-il. « Cette montagne que vous voyez là-bas, c’est le Djebel Taqarbouzt. Elle culmine à 1418 m d’altitude. La Qalaâ avait trois portes d’entrée : Bab Ledjnane, Bab Laqwas et Bab Djeraoua. Elle était entourée de remparts et elle comprenait quatre palais dont il reste aujourd’hui quelques vestiges », nous explique-t-il.
L’ombre d’Abu Yazid
Assis à l’ombre de la tour, nous écoutons Ammi Amar nous parler longuement de la naissance du royaume, de la guerre entre Zirides et Hammadites, du révolté Kharidjite Abou Yazid, l’homme à l’âne, qui est mort en 935, cerné au sommet du Taqarbouzt, du sultan Ennacer qui a construit le palais du Manar pour la princesse Bellara dont il était tombé amoureux fou, et puis des huit émirs qui se sont succédé à la Qalaâ depuis sa fondation par Hammad Ben Ziri. Il s’agit, dans l’ordre, d’ El Qaïd, de Mohcene Ben El Qaïd de Bologhine, de Nacer Ben Alennas, le fondateur de Béjaïa, de Mansour le fondateur de Mansoura à Tlemcen, de Badis Ben Mansour, d’El Aziz Ben Mansour, puis de Yahia, le dernier prince hammadide qui a quitté la Qalaâ en 1152 après la défaite contre les Almohades. A écouter ce vieil homme assis dans la poussière, l’histoire, tout à coup, prend un sens. Elle devient palpable. Il vous parle de guerre entre Berbères Zenata et montagnards Sanhadja, comme s’il s’agissait de la rivalité qui oppose les Chnawa du MCA aux supporters de l’USMA. On n’a même pas besoin de fermer les yeux pour voir ces décombres froids de la Qalaâ s’animer, reprendre corps.
Cette ville grouillante, peuplée d’artisans remarquables, de poètes, d’architectes, de paysans et de savants, revient à la vie l’espace d’un instant fugitif. A notre grand regret, notre guide est obligé de nous quitter pour rassembler ses brebis, qui ont profité de la leçon d’histoire pour s’éparpiller à travers champs.
Notre visite se poursuit plus à l’Est où subsistent d’importants vestiges du Palais du Manar construit au dessus des gorges de Oued Fredj, à même la falaise. Devant l’état de total abandon dans lequel se trouvent ses murs antiques, qui ont traversé les siècles, on est pris d’un profond malaise. Les pans de mur qui s’effondrent et les brèches qui se créent n’ont jamais été restaurés. L’état de ruine des vestiges rend la visite très dangereuse. Il n’y a, apparemment, dans tout le Maghreb, que l’Algérie pour s’offrir le luxe de cracher sur un site classé patrimoine mondial par l’Unesco dès 1980, pour le laisser à la merci des prédateurs et des vandales. Cet abandon de la Qalaâ des Beni Hammad est révoltant. Partout, des traces de construction et des vestiges là où l’œil se pose. Les fouilles ont été apparemment délaissées depuis De Beilié, l’archéologue français à qui on doit l’essentiel des connaissances sur la Qalaâ.
Nous n’avons pas le temps de faire le tour du site. Il nous faut quitter la fournaise du Hodna, avant l’heure fatidique où le soleil assomme même les chameaux, en faisant la promesse de revenir un jour faire plus ample connaissance avec ce haut lieu de l’histoire. Ne pouvant faire comme les Hammadites qui, probablement, empruntaient des sentiers de muletiers en allant droit vers le nord, on se résout sagement à reprendre l’asphalte vers M’sila. Thamsilt, comme disent encore les Kabyles de l’ancienne génération.
De la montagne vers la plaine
Sur la route de Hammam Dhalaâ, beaucoup de semi-remorques immatriculés 06. Rien d’étonnant quand on sait que cette route est celle du ciment. Des allers et venues qui rappellent les caravanes qui faisaient ce même chemin, il y a dix siècles. Les matériaux de construction ont toujours été un problème épineux. Dans sa fuite vers les rivages sécurisants de la Kabylie, l’émir Ennacer avait obligé chaque famille émigrée à transporter au moins une pierre à chaque voyage, sous peine d’amende. Après la ville d’El Mhir, il y a le fameux passage des Portes de Fer. Un détroit stratégique qui assure, depuis la nuit des temps, le passage de l’Est vers l’Ouest, de la montagne vers la plaine. Les Romains l’ont toujours contourné, préférant passer par Auzia (Sour El Ghozlane) et éviter ainsi les guet-apens et embuscades des tribus de la région. Les Portes de Fer ou Détroit des Bibans s’appelle en réalité Taggurt, (la porte), pluriel : Tiggura. Il y a deux portes : Tammezyant, la petite et Tameqrant, la grande. L’appellation actuelle, que les Français ont reprise, vient de l’arabe Bab et Bibans. Pour le fer, certains disent que c’est à cause des mines de fer qu’il y avait dans ces montagnes. D’autres avancent l’idée que ce sont les Turcs qui ont donné ce nom à ce passage où ils ont toujours été obligés de baisser leurs armes et de payer un péage aux Ath Abbès qui en assuraient la garde. Nous franchissons ce fameux passage juste pour la forme puis nous revenons sur nos pas pour prendre par Bouqtone ; nous franchissons l’oued du même nom. Cette route mène jusqu’au plateau de Boni en passant par Ath Rached et Ferracha. Selon les anciens de la région, c’est cette route qui a toujours été empruntée pour aboutir à la Qalaâ des Beni Abbès.
La Qalaâ des Beni Abbès a été bâtie sur le modèle de celle des Beni Hammad. Position stratégique, accès difficile, portes gardées et muraille tout autour. Même le nom du plus haut sommet, Taqarbouzt, a été copié sur l’original et importé. Au départ, c’est un Fort hammadite lié à la Qalaâ des Beni Hammad qui avait pour mission de garder le fameux passage des Bibans, ainsi que la vallée de la Soummam. Pendant des siècles, des troupes stationnées à la Qalaâ se sont relayées pour assurer le passage des Bibans, jusqu’à ce que le khalifa Mokrani, dont le fils M’hamed allait soulever le nord de l’Algérie avec Cheikh Aheddad en 1871, ouvre définitivement ce passage aux Français en 1833. A propos de la Qalaâ, certains historiens, comme Paul Wintzer, affirment que les Hammadites ont d’abord occupé la Qalaâ des Beni Abbès qui s’appelait alors la Qalaâ de Ouanougha, avant de s’installer à Béjaïa. Ceci est très probable, d’autant plus que lorsque Béjaïa est tombée aux mains des Espagnols en 1510, les émirs hafsides de Béjaïa se sont repliés à la Qalaâ des Beni Abbès.
La halte de Si Moh U M’hand
A la Qalaâ des Beni Abbès, nous avons rendez-vous avec Mourad Mebarek, un architecte qui a fait sa thèse sur l’urbanisme particulier de cette vieille forteresse. Nous arrivons de nuit à la Qalaâ. A Tajjmaâth n’Tazaïart, Mourad est en train de discuter avec quelques amis sous la pleine lune qui donne un aspect fantasmagorique au paysage de murs effondrés de l’ancienne capitale des Ath Abbès. Au bout de deux heures de discussion à revisiter l’histoire, nous sommes invités à la maison dite « Akham Gu’Ahchaïchi ». C’est une vieille maison berbère où, mis à part l’électricité, rien n’a changé depuis plus d’un siècle.
Un véritable musée avec sa cour pavée, asqif, adaynine, taârichth, ichvouyla et même un authentique coffre berbère superbement sculpté. Cette maison, où nous reçoit très gentiment Menzou Djamel affairé à griller des sardines, a appartenu à Abderrahim Mokhtar, présumé né en 1882. Ce monsieur, dont un portrait jauni est accroché à la poutre maîtresse de la maison, avait pour ami un certain Si Moh U M’hand. Chaque fois que le célèbre barde partait vers Tunis, il s’arrêtait à Qalaâ chez son ami Ahchaïchi. On nous apprend, par ailleurs, qu’une fois, Si Mohand a séjourné plus d’une année sous ce toit. Comme quoi, l’histoire a quelques fois de ces clins d’œil. Mourad nous apprend que ce qui est particulier avec les maisons de La Qalaâ, est le fait de posséder trois portes et trois cours qui donnent les unes sur les autres. Passé le premier portail, la cour intérieure est réservée aux khammass et aux gens de passage, la deuxième porte donne sur une cour réservée aux invités et aux amis, alors qu’au-delà de la troisième et dernière porte, seuls les membres de la famille y sont admis.
Mourad vit depuis longtemps à Brême, en Allemagne. Il se définit d’abord comme Brêmois, puis comme Kabyle, ensuite comme Algérien, puis comme Allemand. Autant dire que culturellement, il a autant d’entrées que les maisons de ses aïeux. Les gens de La Qalaâ sont très hospitaliers et, en général, très instruits. Aujourd’hui, cette cité qui fut un jour prospère au point d’être comparée à Tunis, ne revit plus que pendant les vacances ou les week-ends, lorsque les familles installées dans les grandes villes du pays reviennent au bercail.
La route qui relie Bordj à la Kabylie par Ighil Ali va bientôt être reclassée route nationale.
La circulation automobile est infernale sur une RN26 encombrée par les poids-lourds. A force de s’étendre le long de la route, les agglomérations ont fini par se coller les unes aux autres. Les portions de route vierges d’habitations commencent à se faire de plus en plus rares. Pourtant la Vallée de la Soummam n’a été habitée que depuis la colonisation française et, plus précisément, après la défaite de 1871, ce qui a permis à la France de construire les premiers villages européens comme Tazmalt, Akbou, Sidi Aïch et El Kseur.
Un voyage de mille ans
Moulay Ennacer, le fondateur de Béjaïa a installé des populations sur, toutes les montagnes qui entourent son royaume, ainsi que des postes de vigie sur les points culminants. Ces vigiles communiquaient entre eux à l’aide d’un système de miroirs le jour et de feux la nuit, pour se transmettre des messages. Un système repris plus tard, par les sultans de la Qalaâ des Beni Abbès et même par El Mokrani. Beaucoup de ces villages, que l’on voit aujourd’hui sur la rive sud du Djurdjura, les flancs des Bibans et des Babors, ont été créés à l’initiative d’Ennacer et d’El Mansour. C’est l’une des raisons pour lesquelles on retrouve aujourd’hui, la majorité des villages kabyles occupant des crêtes et des sommets inexpugnables.
A l’entrée d’El Kseur, nous marquons une petite halte symbolique à Tiklat. Chaque jour, des milliers d’automobilistes passent à quelques mètres des prodigieux vestiges de cette ville occupée successivement par les Berbères puis par les Romains, ensuite par toutes les dynasties qui ont eu à régner sur la région, sans s’arrêter et sans même se douter de leur existence. Les citernes romaines, que l’on retrouve aujourd’hui sur une petite colline qui surplombe la route, ont souvent servi de forteresse pour diverses armées, y compris celle du rebelle Takfarinas, le célèbre prince berbère qui s’est soulevé contre Rome en l’an 17 après J.-C.
Ces citernes, au nombre de 15 et qui pouvaient renfermer une réserve d’eau de 15 000 m3, ont souvent changé de vocation au cours des siècles. Sur le bas côté de la route, le maquis a presque complètement recouvert les ruines de l’antique ville de Tubusuptu (Tiklat), fondée par une colonie de vétérans de la légion romaine sous le règne d’Auguste. Ce site, qui peut attirer des milliers de touristes chaque année, s’il était pris en charge et revalorisé, est, malheureusement, dans un état d’abandon total depuis des lustres.
Partis d’Ighil Ali à 7h, il nous faut un peu plus de trois heures pour rallier Béjaïa. Après Bir Slam, le puits antique où les pèlerins faisaient leurs ablutions avant de partir pour La Mecque, la ville apparaît adossée au monumental Gouraya.
Plutôt que d’achever notre périple par la Porte Sarrasine (Bab El Bahr) qui servait de porte de sortie vers la mer, nous choisissons de passer symboliquement par la vieille ville et Bab El Fouka, l’une des portes antiques de l’ancienne cité hammadite, pour boucler la boucle. C’est, paraît-il, par cette porte qu’entrait le sultan. Assis sur son trône, il faisait face à ceux qui entraient dans la ville le jour des foires, des fêtes et de l’arrivée des caravanes.
La circulation à Béjaïa, en cette fin de mois d’août, demeure difficile et les principaux carrefours de la ville connaissent des embouteillages homériques. La cité est envahie par les touristes. La plupart de ces touristes viennent justement de ces Hauts-Plateaux de Sétif, Bordj et M’sila, accomplissant un voyage qui a débuté il y a mille ans. En effet, cela fait dix siècles que Béjaïa est leur port et leur principale porte vers la mer.
Djamel Alilat, El Watan (02 septembre 2007
Bejaia. Qalaa Beni Abbes 
Découverte d’un canon du XVIe siècle
Une pièce d’artillerie, datant probablement du XVIe siècle, a été découverte à la Qalaâ des Beni Abbès, à près de 120 km au sud de Béjaïa, par Aoudjit Mohand Salah, alors qu’il effectuait des travaux de terrassement près de son domicile.
Le site de cette découverte se trouve à une vingtaine de mètres de la mosquée Djamaâ Lekbir où se trouve la tombe du chef militaire de l’insurrection de 1871, El Hadj Mohamed El Mokrani dont on s’apprête à célébrer le souvenir le 5 mai prochain. La pièce d’artillerie, qui se trouve être assez rouillée, est un canon d’un mètre de longueur pour un diamètre non encore mesuré. Pour rappel, la Qalaâ Nath Abbès est un haut lieu de l’histoire nationale. Forteresse ziride puis hammadite pendant des siècles, elle marque sa présence dans l’histoire en 1510 lors de la prise de Béjaïa par les Espagnols, en devenant la nouvelle capitale hafside. De 1510 jusqu’à 1624, Qalaâ devient le siège d’un vaste royaume autonome qui résistera à l’occupation espagnole de Béjaïa et à l’hégémonie ottomane sur l’Algérie. Abdelaziz Amokrane, ancêtre éponyme des Mokrani, passe pour être le fondateur de la forteresse sur laquelle a été bâti ce royaume rival de celui de Koukou et de la régence d’Alger. Durant son règne, qui a duré de 1510 jusqu’à 1559, date à laquelle il perdra la vie dans une bataille contre les Turcs en 1559, Abdelaziz Amokrane est le premier chef à introduire les armes à feu, notamment les mousquetons et les canons, en Kabylie orientale. Après la défaite de 1871 et la chute de la dynastie des Mokrani, les Français, premiers étrangers à mettre le pied à Qalaâ, découvrent avec étonnement quatre grands canons dont l’un, au moins, a été coulé sur place puisqu’il comporte en caractères arabes la date de sa fabrication et le nom de l’armurier qui l’a forgé. Des centaines d’hommes seront mobilisés pour tracter ces canons hors de Qalaâ. Ils seront exposés au musée de Constantine pour un temps, avant de prendre le chemin du Louvre à Paris où ils s’y trouvent encore.
Par Djamel Alilat
Informations générales
Statut
Monarchique et tribus fédérées
Capitale
Kalâa des Beni Abbès
Langue
Kabyle
Religion
Islam
Histoire et événements
1510
Abderahmane, sultan de Béjaïa pour le compte des Hafsides puis fondateur de la Kalâa.
1547
Abdelaziz prend le pouvoir; sous son règne la Kalâa prend de l'importance et son royaume s'oppose aux Ottomans pour s'allier au royaume de Koukou.
1559
Abdelaziz meurt au cours d'une bataille contre les Turcs.
1609
Les Kabyles entrent en guerre contre la régence d'Alger et dévastent la Mitidja.
1824
Dernière révolte et dernier traité de paix avec la régence d'Alger.
1870
Révolte des Mokrani et chute de la dynastie des Amokranes face à la France.
Partie IV
Un royaume en pleine montagne kabyle
16 Octobre 2010
   
Par : LARBI GRAÏNE
Le royaume d’Ath Abbas, vous connaissez ? Eh bien il a existé dans la Kabylie orientale au XVIe siècle. Il a pris forme à ce moment crucial, qui devait voir les habitants d’Alger faire
appel aux frères Barberousse pour se prémunir contre les attaques des Espagnols.
Un certain nombre d’institutions viennent d’exhumer cette dynastie kabyle qui régna sur les
Bibans, il s’agit de l’association «Gehimab» basée à Bejaïa (Groupe d’études sur l’histoire des mathématiques à Bougie médiévale), du CNRPAH (Centre national de recherches préhistoriques anthropologiques et historiques) d’Alger (pour le compte du ministère de la Culture), de la wilaya de Bejaïa à travers l’APC d’Ighil Ali et la Kalâa n’Ath Abbas et de la wilaya de Bordj Bou-Arréridj.
En effet, à l’initiative de ces institutions qui ont voulu ainsi célébrer le 500e anniversaire de la fondation de ce royaume, la salle El Mougar à Alger a abrité jeudi en fin d’après-midi une exposition sous l’intitulé « Kalaâ n’ath Abbas : Un royaume indépendant dans les Bibans au XVIe siècle ». La cérémonie d’ouverture de cette exposition qui tranche, il faut le dire, par sa haute facture et sa qualité d’élaboration, a été marquée par la présence d’Ali Haroun, ex-membre du HCE et militant de la cause nationale.
La soirée a été égayée par une collation et un concert de musique andalouse animé par l’orchestre féminin d’Ahbab Cheikh El Bedjaoui. Analysant la portée de cet événement, l’anthropologue Ali Sayad pense qu’il ne s’agit pas « d’exhumation d’un royaume, mais d’une civilisation, d’une culture » qui selon lui « s’était développée d’abord à la Kalaâ des Beni Hammad, dont les habitants devaient fuir les Hilaliens  vers Bougie».
« Lorsque, les Espagnols et les Turcs fera-t-il observer, ont occupé Bougie, il y a 5 siècles, le royaume s’est retiré à la Kalaâ des Beni Abbas qui va devenir l’incarnation d’un certain nombre de traditions, de gouvernement et de culture, la Kalaâ a été bien plus un pôle culturel comparativement au royaume de Koukou, où le petit roitelet Ath al-Kadi a fait plus de mal que de bien, en revanche poursuit notre interlocuteur Ath Abbas puise dans une culture qui remonte à 1052. Tout en donnant liberté aux villages, ajoute-t-il ce pouvoir dynastique a su transmettre la culture ».
Pour sa part, le professeur Djamil Aïssani, commissaire de l’exposition, président de «Gehimad» et
enseignant à l’Université de Bejaïa déplore le fait que la mémoire de ce royaume ne se soit pas perpétuée même au niveau local. « On n’a pas donné l’importance qu’il fallait à cette dynastie. Ce qu’on avait mis en avant, c’est cheikh El Mokrani, c’est-à-dire qu’on a limité 500 ans d’histoire à quelques dizaines d’années, il fallait faire ce travail qui est le fruit de 15 ans de recherches » relève-t-il.
Pour le sociologue et anthropologue Youssef Nacib, Ath Abbas a été « un royaume comme
pouvait l’être un royaume au XVIe siècle, c’est-à-dire que c’était un ensemble de villages qui ne représenteraient pas aujourd’hui un Etat bien entendu ». Et d’ajouter : « Mais ce qui est important, c’est de savoir se réapproprier objectivement son passé, qu’on le veuille ou pas un royaume comme celui des Beni-Abbas fait éminemment partie de notre histoire et de notre passé. Aujourd’hui évidemment, les données ne sont plus les mêmes, on peut sourire à l’idée que c’était un royaume alors qu’aujourd’hui il ne représenterait même pas une wilaya dans ce grand ensemble qu’est la nation algérienne, mais connaître son histoire, a-t-il ajouté c’est s’approprier un élément identitaire oublié, c’est s’approprier un élément sous-tendant une psychologie sociale d’importance.» « C’est intéressant a-t-il ajouté aussi de savoir que les siècles précédents ont connu une vie que nous avons eu à l’époque des gens qui étaient organisés, étudiaient, produisaient. Cela montre simplement une évidence, c’est q
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Published by Omar Bouazza Athsaidha
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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 08:48

2éme partie 

Dans les confédérations arabes une partie des Dreïd avaient suivit le mouvemente imprimé par Abou Beker et, dans une des courses de ce prince elles attaquèrent le camp d'Abou Fares, fils du sultan Abd ei-Aziz, qui était· établi à Guedjan (2) du côté de Sétif. Ce prince les combattit vigoureusement, les repoussa et mis en déroute avec de grandes pertes les beni Aïad, les Mcaïd et ceux qui. étaient de leur côté côté,
Mohamed ben Ali ben Yakoub fut tué clans ce combat. Après sa victoire Abou Farès se dirigea vers Constantine afin d'y rejoindre son père .Abd- el:-Aziz lui donna le gouvernement de celle ville mon père m'a raconté ce qui suit:
Il Pendant que nous étions à. Constantine arriva la nouvelle du débarquement des infidèles à Bougie.
Abd-el-Aziz, se dressant subitement sur son siège appela son fils Abou Farès et lui donna ordre de se porter avec ses troupes au secours de sa. Capitale et d'empêcher les ennemis d'y pénétrer. Mais ceux-ci l'avaient devancé déjà. Leur armée avait effectué sa descente dans l'ancien port au dessus duquel se trouve le tombeau du cheikh Aïça el Sebouki.
Ce quartier était entièrement habité par des maures andalous qui 's'étaient réfugiés à Bougie après la conquête de leur pays par les chrétiens, Le sultan· Abd~el~Aziz leur avait désigné cet endroit pour s'y établir parce qu'il n'y avait pas eu possibilité de· leur faire place dans l'intérieur de la ville. Quelques-uns de ces réfugiés avaient également fixé· leur demeure dans· les jardins situés du côté de l'Oued-el-Kebir (Soumam)

" Dès que les chrétiens: eurent pris possession de la· terre, ils envoyèrent proposer aux habitants de Bougie, au Ministre chargé des affaires du sultan et enfin au fils du sultan qui était resté dans la place, de faire leur; soumission sans résistance et d'ouvrir leurs portes. Cette proposition fut repoussée et on prit des dispositions pour se défendre. Les chrétiens voyant qu'ils échouaient dans celle voie pacifique dressèrent immédiatement depuis le quartier de Sidi Aiça, en suivant la crête du terrain, une palissade en bois semblable à une muraille (1). Ils s'établirent aussi sur la montagne et de là ils lançaient des boulels.sur tous ceux. qui tentaient de franchir les portes de la ville cette situation dura pendant dix jours.
Abou Mohamed ben Abd-el-Hak dit à ce sujet dans son livre

: L'ennemi se fortifia dans ses retranchement de diar' Sidi Aïça, pendant vingt-un jours recevant l'eau et les vivres qui lui étaient nécessaires des vaisseaux venant d'Oran. C'est de là qu'ils tiraient journellement leurs renforts en hommes et leurs· approvisionnements en vivres et· en munitions. Pendant toute celle période, la lutte était acharnée entre les combattants. Une nuit entr'autres, une troupe de gens de la ville éprouva un grand désastre. Les guerriers les plus courageux, au nombre de cinq cent vingt, organisèrent une attaque.
Les uns s'embarquèrent sur les barques de la ville pour attaquer par mer, tandis que leurs compagnons devaient tourner les positions en passant: par le sommet de la montagne. Ces derniers sortirent· par les, portes Amsiouèn et Sàdat (2). J'étais au nombre de ceux, qui attaquèrent par la mer; mais pendant , cette nuit un nombre considérable de musulmans succomba:
Ceux venus par la mer éprouvèrent peu de pertes, parce que après avoir effectué quelques, captures ils parvinrent à s'éloigner rapidement à force de rames et se mettre à l'abri.

Le lendemain, une grande panique éclata dans la ville par suite des lamentations et des cris de désespoir que poussaient les familles de ceux qui avaient succombé dans l'attaque dirigée du côté de la montagne.
Ce jour là, arriva à Bougie l'émir Abou Farès, fils du sultan Abd-el-Aziz, amenant avec lui, des guerriers accourus de toute la contrée, tels que les Arabes, les Sedouïkiche, les habitants de la montagne des Ketama, des kabiles des environs, ceux des Zouaoua; il arriva en même temps des Beni Abd-el-Oued et les Toudjin.
Les deux fils du sultan, Abou Farès et Abou Abd-Allah, allèrent au milieu de tous ces combattants pour la guerre sainte. Ils se firent accompagner par quatre des principaux eulema de la ville qui étaient ;
Abou Ahmed ben ,Smaïl ben Ali Kenani, l'ancien chambellan de l'enemi Brahim mort sous l'émir el Abbas; Abou Aïça ben Brahim el Hentati, chargé des affaires du sultan; Abou Yousef ben el-Haoussin ben Ali de la postérité de Sid-en-Nas; et Abou Ali ben Mohammed, le prédicateur.Ils se rendirent ensemble au milieu des guerriers musulmans, dont le nombre était tellement considérable, qu'il est impossible de le fixer. Ils étaient tous campés dans les jardins (1). Les marabouts, les gens de loi et les ascètes de la ville allaient prêchant la guerre sainte pour enflammer les courages.
L'attaque contre les infidèles ne se fit pas attendre. Les musulmans, se séparèrent en deux corps; les uns gravirent la montagne et les autres montèrent dans les barques. Les fils du sultan sortant par bab Sadat et bab Amsiouèn se mirent à la tête du gros de leur troupe. L'attaque eut lieu en même temps par terre et par la mer les guerriers 'musulmans s'appelaient 'les uns les autres de tous, côtés- et: ils avancèrent ainsi jusqu'à ]a crête qui sépare le quartier Sidi-Aiça de la ville. ,Mais à ce mouvements les :chrétiens sortant brusquement de leur palissades tous à la fois refoulèrent les assaillants jusqu'aux murailles de la ville et en massacrèrent un grand nombre.

 

Dans plusieurs attaques successives, ils essayèrent même de s'emparer des portes, C'est là que, poussé par la foule des fuyards les musulmans tombèrent étouffés. Parmi les martyrs de la foi, on complait des hommes religieux des eulema-,des marabouts et des maures andalous réfugiés à Bougie:
Abou Mohamed ben Otman el Tlili, prédicateur de la grande mosquée raconte que dans la journée du 25 de Moharrem le nombre des victimes s'éleva à quatre mille cinq cent cinquante gisant dans l'espace compris entre les deux portes de la ville

Mon père, ajoute t-il, dans son livre, était parmi les morts, près des portes; je retrouvai son cadavre percé de trois blessures. Les deux princes succombèrent également.
Là nouvelle de ce désastre parvint au sultan Abd'el-Aziz avec le récit de tout ce qui s'était passé depuis le jour du débarquement des chrétiens. On lui rendit compte que l'ennemi avait proposé l'Aman aux habitants de la ville s'ils voulaient consentir à se soumettre, mais que les Andalous réfugiés avaient dit :
Nous connaissons par expérience le peu de confiance qu'il faut avoir dans les promesses des infidèles; ils sont traites et perfides à leurs serments
C'est ce qui avait déterminé les habitants de Boùgieà- repousser les offres de paix et résister.

La mort de ses deux fils affligea profondément le sultan Abd-el-Àziz mais il trouva la consolation de sa douleur, en songeant que Dieu leur accorderait. sa miséricorde en récompense de leur zèle pour la foi
Le sultan se hâta d'envoyer à Bougie les troupes qui restaient auprès de lui, ainsi que les arabes et les kabyles de la contrée

Cependant depuis qu'Abd-el-Aziz était maître de Constantine,l'émir Abou Beker s'était retiré dans le Belezma (prés de Batna). Dès 'que ,celui-ci ,apprit le débarquement des chrétiens à Bougie il se rendit dans cette ville avec les guerriers dont disposait. Pendant huit jours; il combattit comme un lion en furie, empêchant les habitants de s'enfuir afin de les forcer à la résistance.
Enfin cela dura jusqu'au· cinquième jour du mois de Safar de l'an 915 (25 mai 1509).

La mésintelligence régnait entre les troupes du sultan et celles amenées par Abou Beker; les chrétiens en profitèrent, pour pénétrer dans les rues de la ville.
Le lendemain, ils firent une attaque générale par terre et par mer. ·L'émir Abou Beker, ·qui, s'était retiré auprès du château de l'étoile (2), fut sur le point de tomber entre les mains de l'ennemi et beaucoup de ses soldats succombèrent en martyrs autour de lui. L'émir parvint cependant à sortir de la ville, mais une troupe de musulmans enveloppée dans les rues fut massacrée.
Les habitants de Bougie avaient abandonné leurs maisons au point du jour, dès qu'ils s'étaient aperçus que les chrétiens s'étaient rendus maîtres du haut de la montagne. Voyant qu'il n'y avait plus pour eux aucun espoir de salut, ils avaient compris qu'il ne leur restait qu'à se sauver avec leurs femmes et leurs enfants,

Parmi ceux qui se sauvèrent ainsi était le cheikh Nacer el Merinl, chef des ministres du Sultan, qui emmena avec lui la famille d'Abd-el-Aziz et la conduisit en sûreté dans la montagne des beni Abd-el-Djebbar .
Puis se sauvèrent également, Si el Moufok, Si Salah et Si el Hamlaoui, enfants de l'émir Brahim mis à mort par son cousin le sultan Abd el-Aziz. Ces trois personnages, enfermés dans les prisons de la ville, avaient profité de la présence de l'émir Ahou Beker pour réclamer leur mise en liberté. Ils sortirent en effet et combattirent à côté de leur protecteur jusqu'au dernier moment de résistance.
Une partie de la population de Bougie se réfugia dans les montagnes du côté de Didjeli.

Celle montagne prit depuis le nom de Djebel beni Mïad {1). On dit que lorsque les bougiotes s'éloignèrent de leur' ville, ils marchaient tous groupés en masse; les Arabes les appelèrent alors el M'iad (réunion d'hommes) et ce nom est resté à la montagne dans laquelle ils se réfugièrent.
D'autre allèrent chez les Zouaoua, entre autres tous ceux.qui avaient exercé un emploi dans la maison de la monnaie. Ils avaient à redouter la haine d'Abou Bekerl parceque ils avaient jadis déclaré contre lui en refusant de frapper la monnaie en son nom.D autres enfin se retirèrent chez les Oulad Yala el Aujissi, à l'est du djebel Fergan.
Les OuladYala s'étaient autrefois établis sur ce point après avoir quitté leur patrie qui était la Kala des beni Hammad.

(asuivre)
L.CharlesFERAUD,
Interprète de l'armée

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Omar Bouazza

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